Big bang de la formation : quels sont les vrais changements ?

Une réforme ambitieuse de la formation professionnelle a été présentée en Conseil des ministres le 27 avril. Elle arrive à point nommé car aujourd’hui, tout est compliqué pour les entreprises comme pour les collaborateurs.

Le processus pour obtenir une formation professionnelle est semé d'embûches qui : identifier la personne responsable du budget formation, trouver un parcours adapté à ses besoins dans un catalogue standard ("mieux s’exprimer en public", "développer son leadership"…) ou encore que la formation choisie soit bien prise en charge par un OPCA … De plus, il est très difficile de financer des formations en ligne car, légalement, le collaborateur est encore tenu d’émarger.

La réforme de la formation est pleine de potentiel

La réforme de la formation professionnelle proposée par le gouvernement libère les entreprises de la main des OPCA, rapprochant notre système de ce qu’on peut connaître dans d’autres pays. Les collaborateurs auront ainsi un plus grand choix en matière de formation, d’autant plus que leur présence physique ne sera plus requise.

Les collaborateurs seront plus libres, donc, mais aussi plus responsables, puisqu’ils deviennent avec cette réforme les acteurs principaux de la formation. Elle est aujourd’hui gérée en grande partie au niveau des entreprises. Leur compte personnel de formation sera de surcroît crédité non plus en heures mais directement en euros… La réforme introduisant ainsi indirectement la notion de rapport qualité/prix pour les formations, et même de retour sur investissement pour le collaborateur, meilleur juge du bénéfice qu’il en retire.

C’est ainsi le collaborateur lui-même qui décidera des formations les plus adaptées à ses besoins : formation en salle en une journée, ou formation à distance, étalée sur plus de temps (les dernières avancées en neurosciences démontrent que les capacités mnémoniques saturent de toute façon au bout de dix minutes...). C’est un autre avantage de cette réforme : elle encourage l’innovation pédagogique et remet la formation en phase avec les rythmes de vie contemporains.

Dernier bénéfice : cette nouvelle organisation va permettre aux entreprises d’être plus réactives quand de nouveaux besoins de formation émergent – il se passe aujourd’hui au moins six mois et en moyenne deux ans entre le moment où elles identifient des compétences à développer et le moment où une formation correspondante est créée. C’est d’ailleurs un gros facteur de départ des collaborateurs, qui tiennent l’entreprise pour responsable de ces délais. 

Aux entreprises d’en tirer tout le parti

Il devient ainsi urgent, pour celles qui ne l’ont pas encore fait, d’informatiser leur système de formation pour mieux accompagner leurs collaborateurs dans leurs choix. Celles qui ne disposent pas d’une plateforme digne de ce nom courent au demeurant le risque (avec l’individualisation des choix de formation) de perdre toute visibilité sur le parcours de leurs collaborateurs.

C’est en informatisant leur système que les entreprises pourront par ailleurs faire face aux nouveaux usages, aux tendances qui émergent en matière de formation ; elles doivent les anticiper dès aujourd’hui pour être encore à la pointe demain.

Première tendance à laquelle les entreprises doivent se préparer : le développement du "user-generated content" en matière de formation (les contenus réalisés par les collaborateurs eux-mêmes). L’idée est de leur donner la main pour leur permettre de capturer et transmettre leur savoir, sous forme de tuto, vidéo, script… De plus, ces contenus générés par les collaborateurs ont un ROI incomparable. En effet, ils ne coûtent rien en production et répondent directement aux enjeux business et métiers.

Deuxième tendance : les formations sur smartphone, accessibles à tout moment : dans les transports, pendant la pause déjeuner, les interstices de la journée… C’est une attente de plus en plus forte des collaborateurs – une autre manière de se former tout au long de la vie. À cela, aussi, les responsables RH doivent s’adapter.

La dernière tendance est plutôt un impératif : les entreprises ont tout intérêt à se tourner vers des prestataires européens pour mettre leur outil de formation en place. D’abord parce que ce sont eux qui maîtrisent le mieux les spécificités locales, les différences d’organisation d’un pays du vieux continent à l’autre. Mais il y va aussi de la maîtrise de nos données et de notre souveraineté – on a vu encore récemment à quel point ces sujets sont sensibles.

Ces plateformes européennes, mobiles et collaboratives seront la clé de voûte des systèmes de formation de demain, plus efficaces et donc plus utiles. Des outils qui sont à portée de main de toutes les entreprises qui veulent faire monter leurs collaborateurs en compétence et gagner en compétitivité… 

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