Obama, 10 ans plus tard : “Yes, we can”, un modèle de communication

Le 4 novembre 2008, Barack Obama était élu Président des Etats-Unis. Une première. Un événement historique. Un séisme politique. Mais surtout un coup de génie rhétorique… dont feraient bien de s’inspirer celles et ceux qui souhaitent délivrer des discours impactants !

Tout le monde se souvient du "Yes, we can" qui a symbolisé le parcours du candidat à la présidentielle. Trois mots, juste trois, qui ont pourtant eu une portée incroyable. Mais comment l’expliquer ? En réalité, le tour de force d’Obama (et de ses "spin doctors" !) a été de construire un style oratoire empathique et inclusif.

 "Je" vs. "Nous"

Parlons statistiques : dans son premier discours de Président prononcé à Chicago juste après sa victoire, Barack Obama utilise 58 fois le mot "nous", 16 fois le mot "notre" et 9 fois le mot "nos". En comparaison, on ne trouve que 19 occurrences de l’article "je", un seul petit "mon" et un seul "mes". Anecdotique ? Loin de là ! En effet, Barack Obama crée ainsi un espace mental qui lui appartient autant qu’à son auditoire. Il prend l’art de la communication au pied de la lettre, dans son sens étymologique même : mettre "en commun".

C’est un principe de "Vous, Je, Nous". Le "Vous" représente mon interlocuteur, mon futur client, investisseur ou partenaire. Le "Je", c’est moi. Le "Nous", ce sont les deux pièces du puzzle imbriquées. C’est mon interlocuteur et moi réunis dans un même projet, tendus ensemble vers un même objectif, englobés dans un cercle commun.

Comment cela fonctionne

 Le principe du "Vous, Je, Nous" est simple : pour convaincre, il faut commencer par l’autre, ses besoins, ses envies. Il faut le prendre en compte et lui montrer que vous l’avez compris. En d’autres termes, il faut faire acte de connexion. C’est ce que fait Obama : son premier sujet, dans les premières 30 secondes de son discours, est un "vous". Un "votre", plus exactement, "votre réponse" face aux sceptiques et aux cyniques. Ce "vous" / "votre" apparaîtra 20 fois : c’est "votre victoire", elle "vous appartient".

Ce n’est qu’ensuite que le "Je" entre en scène, mais seulement pour s’affirmer à la hauteur du "Vous", seulement pour lui rendre service, seulement pour être avec lui dans un rapport gagnant-gagnant. "Je vous écouterai", dit Barack Obama, "je vous le promets". "Je serai toujours honnête avec vous". "Je serai votre président". Le "Je", dans un discours ou une présentation, vous introduit comme l’interlocuteur de votre interlocuteur et crée ainsi un binôme.

Puis vient le "Nous".  "En tant que peuple, nous y arriverons". Ou encore : "notre moment est venu".Ce "nous" / "notre" permet de programmer mentalement l’association du "Vous" et du "Je", de se projeter dans la collaboration, de se regarder l’un l’autre comme un ensemble, une équipe.

 Accolez-lui un adverbe optimiste et déterminé, un verbe motivant et conquérant, et nous voici avec un cocktail aspirationnel bien connu : "Yes, we can". Oui, nous pouvons conquérir ensemble ce marché. Oui, nous pouvons devenir une équipe agile, dynamique et innovante.Oui, nous le pouvons.

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