Pour sauver des emplois il faut parfois sacrifier une marque

Dans le retail seul le trafic en magasin peut garantir l'emploi.

Dans son édito, Yves Puget (LSA) souligne avec lucidité la situation de Tati en passe de devenir un cas d’école à la fois sur le plan humain et marketing :

"Tati mérite aujourd’hui sa place dans les livres de marketing et dans les cours d’écoles de commerce, tant pour sa folle épopée que pour son échec. Si cette chaîne appartient presque au passé (pour ne pas dire au patrimoine) de notre histoire commerciale, dans l’avenir, seul le sort des salariés concernés importe réellement puisqu’ils ne sont en rien responsables de cette situation. Et cette triste saga doit aussi servir à tous ceux – des dirigeants aux syndicats – qui se refusent, pour des raisons diverses et variées, à tout plan de transformation…".

L’engagement du groupe Philippe Ginestet et de son président sera en effet, un jour, étudié dans les grandes écoles ; lorsque les emplois sont la priorité d’un chef d’entreprise, il ne faut jamais s’enfermer dans du dogmatisme de marque.

Il peut en effet s’avérer qu’une enseigne soit nuisible aux emplois, ce que peu de syndicalistes et commentateurs ont du mal à comprendre.

Dans le commerce, seul le trafic en magasin peut en effet protéger les emplois !

Après avoir tout essayé pour redresser l’enseigne Tati, investi deux fois plus que ce qui était prévu, transformer les magasins Tati du sol au plafond, les clients continuaient à bouder la marque. Des tests sur le changement d’enseigne en passant certains magasins Tati en Gifi ont apporté la preuve ultime que Tati était devenue "une marque musée", puisque les résultats se sont envolés, entre +30 et +100% !

Philippe Ginestet a repris Tati pour sauver le plus d’emplois possible et au nom de cet objectif des plus honorables, la priorité est de sauver l’entreprise employeur, quitte à supprimer l’enseigne à réseau, source de déficits chroniques (il est important de ne pas oublier que Tati avait subi, sous ces précédents actionnaires, deux redressements judiciaires).

Aucune marque n’est sacrée devant la sauvegarde des emplois, cela, il faudrait une fois pour toute l’accepter et cesser de confondre marque, enseigne, entreprise, emplois.

Le plan stratégique imaginé par le groupe GPG vise à protéger le maximum des emplois de fait.

En matière de sauvegarde de l’emploi, il faut parfois faire le pas de côté alors que trop d’actionnaires se simplifient la vie en fermant purement et simplement les entreprises.

Ce qu’auraient pu faire les précédents actionnaires, le groupe GPG le met en œuvre, assurant à tous un avenir, y compris à la marque qui se recentre sur son magasin mythique de Barbés.

Le déficit chronique de culture économique et marketing en France masque trop souvent la réalité des faits au profit de postures caricaturales alors même que des Patrons comme Philippe Ginestet méritent le plus grand des respects au nom de leur engagement social.

L’histoire retiendra que ce grand patron aura réussi à sauver la plupart des emplois de l’entreprise TATI.

Une leçon d’audace à méditer et à enseigner.

Pour sauver des emplois il faut parfois sacrifier une marque
Pour sauver des emplois il faut parfois sacrifier une marque

Dans son édito, Yves Puget (LSA) souligne avec lucidité la situation de Tati en passe de devenir un cas d’école à la fois sur le plan humain et marketing : "Tati mérite aujourd’hui sa place dans les livres de marketing et dans les cours...