Facebook fait à nouveau de l'oeil aux médias... qui craignent l'asservissement

Facebook fait à nouveau de l'oeil aux médias... qui craignent l'asservissement Marck Zuckerberg veut proposer à certains éditeurs de publier directement leurs articles au sein de sa plateforme. Ces derniers ont toutefois peur d'y perdre.

Facebook serait à nouveau en train de discuter avec une demi-douzaine de groupes médias pour leur proposer d'héberger directement leurs articles au sein de sa plateforme. L'information est révélée par le New-York Times, déjà à l'origine de révélations similaires six mois plus tôt. Parmi les premiers partenaires figureraient notamment le New-York Times, Buzzfeed et le National Geographic. Le Times serait même proche d'un accord selon une source du quotidien new-yorkais. 

Se défausser sur Facebook et perdre la main sur la relation au lecteur

Au delà de ces révélations, l'article du New-York Times n'apporte pas grand chose de nouveau par rapport à celui pondu il y a 6 mois, alors que le journaliste soulignait qu'une telle proposition suscitait la méfiance des médias, qui craignaient alors de devenir "des serfs dans le royaume de Facebook". Car demander aux éditeurs de publier leurs articles directement au sein de la plateforme, pour améliorer l'expérience utilisateur, est une bonne chose. Mais leur demander de lâcher prise sur toutes les données de navigation qu'ils collectent jusque-là au sein de leur site en est une autre.

Ces informations revêtent aujourd'hui une valeur importante pour des médias qui cherchent à relever leurs revenus publicitaires comme ils peuvent. Quand bien même le réseau social partagerait ensuite les revenus avec les éditeurs, les inquiétudes de ces derniers sont donc compréhensibles. Car si le réseau social et ses 1,4 milliard d'utilisateurs prennent une place croissante dans les audiences des groupes médias, les relations avec la plateforme ont toujours été compliquées. Ainsi les partenariats noués autour d'un "social reader" en 2011 par plusieurs médias (Vogue, Le Monde ou l'Equipe, par exemple) se sont soldés par un gros échec. De même, beaucoup se plaignent aujourd'hui de la baisse du reach de leurs pages, notamment depuis que Facebook a lancé ses vidéos en "autoplay", format très lucratif pour la plateforme.

Garder la main sur la commercialisation de l'inventaire

Du côté de Facebook, on s'en tient toujours au même discours et à la volonté de rendre l'expérience utilisateur "sans couture" pour reprendre l'expression consacrée. Il est vrai que, alors que les usages basculent progressivement sur mobile, les quelques secondes que nécessitent l'apparition d'une page externe lorsqu'on clique sur un lien posté par la page d'un média peuvent souvent paraître longues pour les utilisateurs. Ainsi des voix s'élèveraient au sein du Guardian pour porter un tel partenariat de manière groupée, via une association d'éditeurs, pour avoir plus de poids dans les négociations. Autre condition mentionnée : garder la main sur la commercialisation de l'inventaire.

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