Carl Eschenbach (VMware) "La part des services virtualisés va grimper à 80% grâce au Software Defined Datacenter"

Dans une interview exclusive accordée au JDN, le COO de VMware détaille les intérêts et bénéfices de passer à la nouvelle offre de data center virtualisé du groupe. Les gains financiers vont toutefois varier d'une entreprise à l'autre.

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Carl Eschenbach est President and Chief Operating Officer de VMware. © VMware

JDN. Pensez-vous que tous vos clients sont vraiment intéressés par votre nouvelle solution de Software Defined Datacenter (SDDC) ? 

Carl Eschenbach. Nous avons à ce jour plus de 500 000 clients, mais tous ne sont pas équipés de nos solutions de data centers. Pour ceux qui comptent renforcer les technologies VMware dans leurs data centers, nous pensons qu'ils prendront avec nous le chemin du SDDC C'est pourquoi nous renforçons aujourd'hui l'expérience que nous avons dans la virtualisation des infrastructures traditionnelles pour l'étendre à d'autres domaines comme la virtualisation réseau et du stockage.

Mais vous avez aussi tout intérêt à les pousser vers ce nouveau marché car celui historique de la virtualisation de serveurs est largement arrivé à maturité, et n'est plus en mesure de générer un niveau satisfaisant de croissance pour vous...

Je ne pense pas que ce soit vraiment le cas. Je pense que nos clients veulent continuer à nous suivre. Pensez juste à la valeur que nous leur avons apportée sur la dernière décennie en matière de virtualisation. Nos clients font tourner actuellement 5 à 10% seulement de services virtualisés sur leurs serveurs. Maintenant, avec les nouvelles technologies que nous leur apportons, ce taux pourra grimper à 70-80%.

Quels chemins les entreprises pourront prendre pour aller vers le SDDC ?

Il y a deux façons différentes pour les entreprises de passer au SDDC. Elles peuvent le faire de façon évolutive ou bien de façon "révolutionnaire". La façon révolutionnaire, c'est de confier son data center existant à un tiers pour en réduire le coefficient d'instabilité en vue de réduire les coûts, et de faire tourner toutes les nouvelles applications sur notre nouvel environnement SDDC. Mais il y a également une autre approche qui consiste à passer par la virtualisation réseau NSX et du stockage Virtual SAN.

"La balle est dans le camp d'OVH pour devenir partenaire certifié vCloud Datacenter pour la totalité de leurs services cloud"

Dans quelle mesure les entreprises pourront-elles réduire leurs coûts avec cette nouvelle technologie ? 

Nous avons conçu un calculateur de TCO que nous partageons avec nos clients pour leur montrer les bénéfices qu'ils pourront dégager en déployant notre offre de SDDC et voir combien cela peut leur rapporter. Mais le montant des gains réalisés dépend tellement d'un contexte d'entreprise à un autre qu'il m'est difficile de vous donner un ratio moyen de bénéfices.

Quels leviers allez-vous utiliser pour booster l'adoption de vos nouvelles technologies, et en particulier de VMware Cloud Hybrid Services (vCHS) en Europe ?

Nous mettons en place un programme qui va s'étaler sur trois ou quatre ans appelé VSPP [pour VMware Service Provider Program NDLR] qui va permettre aux fournisseurs de services d'installer et d'utiliser nos nouveaux produits en conformité avec nos règles de qualité pour fournir des services cloud à leurs clients. A ce jour, 10 000 partenaires sont enregistrés au niveau mondial pour faire partie de VSPP.

Parmi eux, une centaine sont certifiés vCloud Power et moins d'une dizaine vCloud Datacenter. Par exemple, en France, OVH fait partie de notre programme partenaires et est certifié vCloud Power et vCloud Datacenter pour une partie de leurs offres et services cloud, mais pas sur la totalité contrairement à Colt. Concernant vCHS, l'implémentation et le modèle de distribution de ce nouveau service cloud sont en cours d'élaboration.

Pourquoi OVH n'est pas certifié vCloud Datacenter pour la totalité de ses offres ? Leur base installée composée de petits clients constitue-t-elle un frein ? 

C'est une question qui les concerne. Je ne sais pas s'ils ne peuvent pas ou ne veulent pas obtenir la certification vCloud Datacenter pour la totalité de leurs offres et services cloud [une grande partie de l'activité d'OVH est basée sur des machines physiques, NDLR]. La balle est dans leur camp.

Les fournisseurs de cloud ne sont pas nombreux à embarquer votre hyperviseur ESX. N'avez-vous pas peur d'être isolé par rapport à d'autres technologies ?

Je ne pense pas que l'on puisse considérer cela comme une menace. Il a beaucoup de technologies qui peuvent être utilisées pour construire un cloud. Pour les entreprises qui ont le temps et les compétences pour le faire ou repartir de zéro, elles peuvent passer par des technologies comme Xen, KVM, Hyper-V... Pour les autres, elles peuvent se tourner vers nous sachant qu'en plus nous intégrons maintenant le support d'OpenStack dans nos solutions.  

Les clouds OpenStack se multiplient comme celui lancé par Red Hat depuis juin. Considérez-vous cette solution comme une offre concurrente ?

OpenStack n'est pas une solution mais un framework. Je ne crois pas, à l'heure actuelle, que les entreprises sont nombreuses à utiliser un cloud OpenStack. Les clouds OpenStack ne sont pas encore matures et il faudra du temps pour qu'ils le deviennent.


Biographie professionnelle : Carl Eschenbach a rejoint VMware en juin 2002, et dirige l'équipe chargée des opérations commerciales de l'entreprise. Avant de rejoindre VMware, Carl Eschenbach était vice-président des ventes pour l'Amérique du Nord chez Inktomi. Il a également occupé divers postes de gestion des ventes chez 3Com, EMC et Lucent Technologies.

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