Face aux agressions, les habitants de cette ville laissent les portes de leurs voitures ouvertes

Face aux agressions, les habitants de cette ville laissent les portes de leurs voitures ouvertes Dans cette petite ville, la sécurité prend une forme déroutante. Les automobilistes sont invités à adopter un réflexe presque impensable ailleurs...

Les agressions sont souvent présentées comme l'un des grands maux des villes modernes. Dans les métropoles, elles nourrissent les conversations, les conseils de prudence, les applications d'alerte et les réflexes de protection que chacun finit par adopter sans même y penser. On verrouille sa voiture en sortant, on évite les rues mal éclairées, on surveille ce qui se passe autour de soi. C'est devenu une routine presque automatique.

Mais dans une petite ville du Canada, cette logique est poussée dans une direction totalement inattendue. Là-bas, le danger existe aussi. Il peut surgir dans la rue, près d'un bâtiment, autour d'un véhicule ou sur un chemin pourtant familier. Pourtant, au lieu de recommander aux habitants de tout fermer à clé, les autorités locales donnent un conseil qui semble, au premier abord, absurde : ne jamais verrouiller les portes de sa voiture.

Churchill est une petite communauté d'environ 900 habitants. Les visiteurs qui s'y rendent parlent souvent d'un lieu à part, aussi fascinant que rude, où les aurores boréales, les bélugas, les oiseaux migrateurs, les loups, les orignaux et les paysages subarctiques composent un décor spectaculaire. Mais la ville est surtout connue pour une présence qui a façonné son identité : celle des ours polaires.

La formule est célèbre : Churchill est surnommée la capitale mondiale de l'ours polaire. Ce n'est pas seulement une expression touristique. La ville se trouve sur le passage naturel de ces grands prédateurs, au moment où ils attendent que la baie d'Hudson gèle de nouveau pour pouvoir retourner chasser le phoque sur la glace. Chaque année, lorsque la mer libre de glace les oblige à rester à terre, les ours peuvent s'approcher de la ville, parfois beaucoup trop près.

C'est dans ce contexte que la fameuse consigne prend tout son sens. A Churchill, il est recommandé de ne pas verrouiller les portes des véhicules, car une voiture peut devenir un refuge en cas de rencontre dangereuse. Si une personne se retrouve face à un ours polaire, elle doit pouvoir entrer rapidement dans un véhicule ou dans un bâtiment, sans perdre de précieuses secondes à chercher une clé, déverrouiller une portière ou attendre de l'aide.

Cette réalité étonne d'autant plus que Churchill est décrite comme une petite communauté où la criminalité est faible. Selon Amanda Williams, une globe trotteuse et blogueuse de longue date, les habitants laissent maisons et voitures ouvertes pour permettre à quelqu'un de se réfugier en cas d'ours. 

Le risque est pris très au sérieux parce que l'ours polaire n'est pas un ours comme les autres. La ville de  Churchill rappelle que, contrairement aux ours noirs ou aux grizzlis, les ours polaires de l'Arctique canadien sont de véritables prédateurs et peuvent considérer l'humain comme une source de nourriture potentielle....