Les outils de développement COBOL sont en pleine mutation pour se mettre à la portée des nouvelles générations

Contrairement aux idées reçues, les développements Mainframe constituent encore aujourd’hui le socle technologique de la majorité des entreprises. Au cœur des SI, ces usines logicielles sont un axe stratégique pour nombre de banques, assurances et grandes industries mondiales.

Bien que de nombreuses entreprises aient programmées sur 2012 un projet d’évolution de leur patrimoine COBOL, elles peinent cependant à embaucher des cobolistes. Le renouvellement des compétences Mainframe reste en effet très limité, ce qui amplifie un phénomène de fond : la raréfaction des développeurs COBOL. Ce carence s’accentue par une vague massive de départ à la retraite programmée sur les 10 prochaines années. Au final, il s’agit bel et bien d’un risque énorme pour les entreprises de perdre leur capital et savoir-faire métier, sans pouvoir assurer la relève.
Bien que les DSI aient anticipé ces risques, en multipliant les initiatives de recrutement (financement de programme universitaire, etc), il subsiste
un manque réel d’attractivité.

Celui-ci peut s’expliquer par divers facteurs :
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Le développement sur 63 caractères rebute les jeunes générations, habituées aux IDE plus modernes. Les terminaux 3270 sont effectivement largement répandus et utilisés.
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La productivité et le rendement des développements COBOL sont limités avec des outils historiques. Par ailleurs, la configuration de chaque grand système reste unique et regorge de subtilités, que seul un coboliste chevronné et expérimenté peut parfaitement maîtriser. A l'inverse, les nouveaux langages et les outils associés ont tendance à se standardiser, portés par la mouvance Open Source.
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Les jeunes diplômés rechignent à se former au COBOL, attirés par les projets innovants, agiles (Scrum, Kanban) et supportés par une usine logicielle industrialisée. En outre, certaines universités et écoles informatiques forment encore au COBOL. Mais peu d’entre elles en font leur fer de lance ! Elles mettent davantage en exergue les filières consacrées aux technologies plus « actuelles » : Java, C# ou PHP.

Opter pour la convergence
Le renouvellement des compétences et ressources COBOL passe inéluctablement par la modernisation des usines Mainframe. Il s’agit de rendre le développement COBOL plus « honorable » et la technologie plus attractive avec des IDE plus modernes.
On constate d’ailleurs une réelle prise de conscience du secteur : les outils de développement COBOL sont en pleine mutation pour se mettre à la portée des nouvelles générations. Les interfaces graphiques, la navigation, etc. sont
nettement améliorées et plus intuitives.

Mais, l’enjeu, à terme, serait de pouvoir
unifier les usines COBOL et Java, grâce à des méthodes et des processus communs. Cette tendance apporterait une vraie plus-value en termes de productivité, de rendements et de coûts. Certains éditeurs ont pris de l’avance et ont opté pour la création d’IDE en Open Source.
Un modèle qui porte ses fruits grâce à une synergie et une dynamique exemplaires.
Ainsi, les développeurs formés au Java seraient davantage motivés à monter en compétence COBOL, si les outils sont les mêmes. A l’inverse, l’apprentissage du langage Java serait facilité pour un coboliste. D’un point de vue managérial,
cette transversalité reste un facteur clé d’avenir pour la continuité des patrimoines Mainframe !

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