Gauthier Picquart (RueDuCommerce) : "Nous ne prenons désormais la croissance que lorsqu'elle est rentable"

RueDuCommerce a multiplié par 8 son résultat net sur son exercice 2007 cloturé fin mars. Son PDG analyse le travail de la société sur ses marges et les premiers résultats de sa galerie marchande.

RueDuCommerce a retrouvé un bon niveau de rentabilité après un premier semestre négatif en 2006 et un équilibre tout juste atteint sur l'année. Comment vous-y êtes vous pris ?

C'est un travail sur les marges qui dure depuis deux ans et qui commence à payer. Il a consisté à la fois à travailler sur les assortiments produits, avec notamment des gammes exclusives sur lesquelles nous avons plus de liberté sur les marges, et les accessoires, sur lesquels elles sont naturellement plus fortes. Globalement, nous nous sommes fixés la ligne de conduite de prendre la croissance uniquement lorsqu'elle est rentable, quitte à avoir une augmentation de notre chiffre d'affaire de 15 % alors que le marché fait 20 %. RueDuCommerce est aujourd'hui un site durablement rentable.

 

Votre galerie marchande lancée mi-2007 doit devenir votre premier relais de croissance. Quels sont ses premiers résultats ?

Nous avons engrangés 3,5 millions d'euros pour près de 6 mois d'activité avec près de 530 marchands, et ce nombre va croissant. Ils ont très bien compris l'intérêt de la visibilité que nous leur donnons. Certes, le chiffre d'affaires est encore minime à côté des 309,1 millions d'euros que nous avons réalisés, mais le système de commissionnement -entre 5 et 15 % par produit vendu, nous offre de bonnes perspectives de marges. D'autant que nous pensons que la galerie fera entre 30 et 60 millions de chiffre d'affaires cette année. Si l'on compare aux 1 à 3 % de marges réalisés sur les produits high tech selon les années, la galerie marchande va nous apporter plus de pérennité.

 

Craignez-vous que la loi Chatel ne pèse sur vos résultats 2008 ?

Elle aura sans doute un impact. Mais ce sera à nous de gérer au mieux ses effets, en absorbant les coûts qu'elle entraîne dans nos prix. Notre hotline a un coût conséquent. La fin des numéros surtaxés et la gratuité du temps d'appel va donc forcément quelque peu nous pénaliser. Ce que l'on peut dire est que la loi Chatel est en définitive une mauvaise loi pour les marchands mais aussi pour les consommateurs. Car si nous prenions le texte à la lettre, nous devrions supprimer le suivi client par téléphone pour ne faire que du suivi en ligne. C'est pourtant cette la première option, bien que payante, qui a les faveurs des consommateurs.

 

Rue du Commerce / Gauthier Picquart