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INTERVIEW
Christian Teutsch (Lands' End)
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| "Le client peut retourner ses achats sans limite de temps, même utilisés" |
Par ailleurs, notre service client par téléphone est entièrement gratuit et il n'est pas question de raccrocher au prétexte qu'une durée maximale d'appel serait atteinte : c'est le client qui décide quand la conversation est terminée. D'autant que le rôle des agents est aussi d'apporter des conseils sur le choix de la taille, la matière, la coupe, etc.
Les produits commercialisés en Europe sont-ils les mêmes qu'aux Etats-Unis ?
80 % des références sont identiques, les autres sont spécifiques à chaque pays. Nous avons par exemple des vêtements et des chaussures destinées à l'Europe ou au marché allemand qui ne sont pas populaires aux Etats-Unis. Mais ici comme là-bas, nous fabriquons tout ce que nous vendons.
Vous ne vous contentez pas d'attaquer le marché français par l'e-commerce : vous y lancezaussi un catalogue...
Nous opérons les deux canaux en parallèle. Nous considérons notre business comme multicanal. En France, nous en sommes donc à notre cinquième catalogue.
La VPC française a beaucoup de mal à faire évoluer son business model et à l'adapter au Web. Comment se fait-il que Lands' End lance une activité de VPC en France ?
Nous pensons qu'il y a beaucoup de potentiel en France pour notre segment de marché. La Redoute et les 3 Suisses sont de très gros acteurs, nous ne voulons pas devenir comme eux. Nous désirons rester sur notre niche, le vêtement d'extérieur américain classique.
Lands' End est plutôt gros, pour un acteur de niche...
C'est vrai. Nous sommes plus de 400 au siège allemand de Mettlach et plus de 600 à Oakham au Royaume-Uni. Nous avons aussi une adresse en France, pour les retours produits, mais elle n'est qu'à une trentaine de kilomètres de Mettlach, d'où nous pilotons la France, l'Autriche et bientôt les Pays-Bas. En réalité, la grande majorité de nos collaborateurs travaille au service client. C'est ainsi le cas d'environ 360 personnes à Mettlach.
| Lands End en Europe et au Japon | ||||
| Chiffre d'affaires 2008 | Résultat net 2008 | |||
| Royaume-Uni | 124,3 millions d'euros | 14,5 millions d'euros | ||
| Allemagne | 10,4 millions d'euros | 349 000 euros | ||
| Japon | 61,1 milliions d'euros | 2,3 millions d'euros | ||
| Source : Mint / Bureau Van Dijk | ||||
Qui considérez-vous comme vos concurrents, sur le marché français ?
Il y a évidemment certains pans de La Redoute et des 3 Suisses, des acteurs moins importants comme Gap, Tommy Hilfiger ou Polo Ralph Lauren, ainsi que certaines branches de retailers tels que les grands magasins ou les chaînes de distribution de vêtements.
Quel premier bilan tirez-vous du lancement de Lands' End en France ?
Nous en sommes satisfaits. Evidemment, nous avons encore des choses à apprendre sur le marché français. Sur les comportements d'achat par exemple... Nous avons été surpris de constater que nos clients français passent commande par écrit bien davantage que dans les autres pays, qui privilégient le téléphone. Nous enregistrons également beaucoup moins de retours en France. En Allemagne, où les consommateurs sont habitués, par Otto et Quelle en particulier, à renvoyer les produits, le taux de retour est deux fois supérieur. C'est donc plutôt une bonne surprise !
Comment le site français de Lands' End va-t-il évoluer ?
Pour l'instant, il est assez standard, il n'est pas encore unique. Nous avons des projets pour le développer et ajouter de nouvelles fonctionnalités, notamment un moteur de recommandations. Le tunnel de paiement peut aussi être encore amélioré. Le siège américain de Lands End devrait décider dans les semaines qui viennent si nous lançons un projet de refonte. Selon moi, l'idéal à atteindre, c'est le site d'Amazon.
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