Production des internautes, mensonges et vidéos

Certes, les internautes sont de plus en plus nombreux à consommer de la vidéo et à en diffuser, mais la production des particuliers ne remplacera jamais celle des professionnels. Explication.

Malgré un titre moins racoleur que le célèbre film de Steven Soderbergh, la polémique n'en devient pas moins telle, qu'un éclairage sur le sujet de la monétisation du contenu vidéo professionnel sur Internet s'avère nécessaire. Le flot quotidien d'annonces sur le sujet atteste, en plus d'un engouement réelle et d'une confusion sérieuse.

Un engouement certain pour la vidéo

Premier constat : les internautes raffolent de la vidéo sur le Net. Ils sont de plus en plus nombreux à en consommer, et surtout, de plus en plus nombreux à en diffuser, utilisant pour cela les plates-formes florissantes, locales et internationales. Un récent article présentant les résultats de Screen Digest indiquait même que près de 50 % des contenus vidéo disponibles sur le Web en 2010 proviendrait d'internautes.

Ces sites d'échanges ne sont qu'un prétexte au piratage et ne sont que les soubresauts d'une bulle spéculative qui détruit la valeur des créateurs audiovisuels au profit de la bourse.

La récente actualité a permis de stigmatiser le piratage sur Internet, qui  embarque dans ce vol, et à leur corps défendant, les grands acteurs de l'Internet (France Télécom, M6, France Télévision,..) en risquant de discréditer le Web Français.

Dès lors, on ne peut que déplorer cette démarche qui utilise les acteurs historique et laisse penser au grand public que le vol ou le piratage sont légaux et sans conséquence.  En effet, l'image d'Internet est telle qu'il est très difficile d'empêcher un jeune internaute de télécharger des contenus illégaux si en allant sur les sites de France Télévision ou autres on lui donne la possibilité de le faire. 

Même si le Web est venu sauver la foule de vidéastes amateurs en étanchant leur soif de gloire (toute éphémère qu'elle soit, et quand elle arrive effectivement), le concept de contribution vidéo n'est pas nouveau :  témoin le célèbre VidéoGag, ancêtre emblématique et bien innocent de cette nouvelle ère.

Les professionnels grondent
Le mensonge ici provient du fait que même si les chiffres peuvent être considérés comme fiables, la production des internautes ne remplacera jamais la production professionnelle (par manque de scénario, et donc d'intérêt, parfois, par manque de moyens, par manque de notoriété - et ce malgré l'aide du célèbre viral -). Le nombre de fichier postés ne traduira jamais l'intérêt d'un public pour un contenu de qualité, tant sur le plan de la construction technique que sur le fond des messages ou des histoires proposés.

La preuve de ce constat est que la profession gronde. Que les initiatives se multiplient. La preuve de ce constat, c'est que pour une part croissante, les posts des internautes sur les sites de diffusion vidéo concernent du contenu copyrighté, plus ou moins habilement détourné de ses supports classiques de diffusion.

Le futur de la vidéo sur le Net

Le piratage n'est pas un fait nouveau, l'industrie de la musique en a déjà fait les frais. Comment alors ne pas se questionner sur les raisons qui ont mené celle de la vidéo vers les mêmes écueils ?

L'expérience semble-t-il n'aura pas beaucoup servi. Sans prétendre répondre à la question de l'avenir de la création face à cette disponibilité en mode numérique des contenus protégés, il apparaît utile de noter quelques points de réflexion pour envisager le futur de la vidéo sur le Net.

Tout d'abord, ne s'improvise pas diffuseur qui veut. La vidéo de qualité broadcast sur le Net reste réservée aux services professionnels, qu'à l'heure actuelle seules les grandes chaînes peuvent se targuer d'avoir réussi à mettre en place (et nous ne les nommerons pas non plus, elles se reconnaîtront...). Celles-ci restent d'ailleurs les plus à même de gérer les droits protégés des contenus qu'elles diffusent.

La maîtrise d'une chaîne technique (car il ne s'agit pas simplement de mettre à disposition des serveurs et de la bande passante...), la créativité marketing, visant à sélectionner et à proposer du contenu adapté dans des offres cohérentes, la capacité à activer et à entretenir des contacts avec les ayants droits, et surtout, à gérer techniquement les plates-formes de redistribution du montant des transactions, sont des cases à cocher incontournable pour un futur organisé de la "Video Sur Internet"...

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