|
LA TRIBUNE DE SYLVAIN GROSS
L'AUTEUR
SYLVAIN GROSSCEO, Public-Idées SES ARTICLES
Reciblage publicitaire en ligne : attention aux prédateurs !
Le nombre de solutions de reciblage publicitaire augmente de plus en plus... Dans ce contexte il est essentiel qu’annonceurs et agences prennent conscience de la nécessité de travailler avec des "best practices".
(02/12/2009)
De plus en plus de prestataires proposent aux annonceurs des solutions de reciblage publicitaire sur Internet. Lorsqu'un internaute a visité le site d'un annonceur, le reciblage permet de le retrouver sur d'autres sites grâce à un cookie déposé lors de la visite initiale. L'internaute ainsi identifié sur d'autres espaces Web y est exposé à des publicités ciblées. Elles le sollicitent à finaliser l'acte d'achat non abouti sur le site de l'annonceur. La vente finale doit être attribuée à la solution qui a su retrouver l'internaute. Le paysage est idyllique et l'augmentation du taux de transformation ainsi réalisée séduit de nombreux responsables emarketing. Pourtant il existe un risque important : la cannibalisation des sources de trafic. En effet, quid des leviers qui ont, à l'étape initiale, amené l'internaute sur le site de l'annonceur ? En général, une partie du trafic transforme directement dans la "Session" et une autre fraction de manière différée (le "PostClic"). La règle communément appliquée dans l'attribution des ventes consiste à allouer la vente au dernier clic, celui qui transforme l'internaute indécis en acheteur. Malheur aux leviers qui ne transforment pas tout de suite, peut-on penser. La conclusion ne peut être si simple... Certains prestataires de reciblage affinent leurs taux de transformation en attribuant la vente à la visualisation de la bannière, et non au clic sur la bannière (le "PostView"). Sur le fond pas de problème majeur : les espaces où sont diffusées les bannières de reciblage sont souvent des emplacements utilisés pour la génération de notoriété. Toutefois, le reciblage se base lui sur la puissance de la diffusion, c'est-à-dire la propension à couvrir de façon maximale la population d'internaute et à la retrouver. Si ce phénomène lèse les affiliés capables de pousser un trafic qualifié vers les sites de vente, il pose également problème pour les annonceurs. Pour ces derniers, tant que la solution de reciblage à laquelle ils ont recourt annonce de bons taux de transformation, que le paiement est au clic, peu importe que ce trafic soit récupéré aux dépens d'autres sources. Pourtant, ils ne doivent pas perdre de vue que le nombre de prospects retrouvés par les acteurs du reciblage dépendent également du trafic généré par les autres leviers marketing qu'ils emploient - affiliation, epublicité, liens sponsorisés, etc. Autre problème : certains annonceurs misent sur l'attribution des actions à la visualisation afin d'assurer le relai de leurs campagnes d'affiliation sur des espaces dits de "branding". Une méthode nécessaire afin de conserver un modèle à la performance sur lesdits espaces. Or la puissance de diffusion d'un acteur du retargeting étant par définition supérieure à celle d'un affilié branding, ce dernier peut voir une partie de ses actions 'noyée ' dans l'ensemble si la campagne n'est pas bien réfléchie en termes de tracking. Il en résulte une chute de la transformation pour l'affilié, une perte de rentabilité qui remet en cause la diffusion de la campagne et, au final, une perte de CA pour l'annonceur. Cette situation appelle à un important travail d'information auprès des annonceurs et des agences. Il est crucial qu'ils saisissent bien les tenants et les aboutissants et soient sensibilisés aux bonnes pratiques du reciblage. Parmi ces dernières, toujours paramétrer une campagne retargeting en fonction du délai de réflexion moyen d'un internaute sur cette campagne (capping, recense, etc.), mettre en place de règles de "doubletracking" plus fines ou intégrer la solution de reciblage en natif dans la chaîne d'acquisition. Pour que le reciblage ne devienne une jungle, les annonceurs et agences ont un rôle primordial : comprendre les enjeux du tracking et choisir la solution la plus transparente et la plus équitable pour tous.
ESPACE AUTEUR
Comment contribuer aux tribunes du Journal du Net Déjà utilisateur ? Identifiez-vous ci-dessous Pas encore utilisateur ? Inscrivez-vous |
|
|
RUBRIQUES
Reciblage publicitaire en ligne : attention aux prédateurs !
(John Samson)Intéressant Sylvain. Je rajouterais que le re-targeting n'est pertinent que pour certains types de marchands. On aimerait voir des réactions et commentaires de prestataires de re-targeting. (17/12/2009)
Avis d'un annonceur
(Damien Chapoulet)Les annonceurs sont en effet soumis à cette problématique, mais pas uniquement à cause du ciblage comportemental. Imaginons un e-commerçant travaillant avec une agence de retargeting, mais également avec beaucoup d'affiliés et un système de rémunération SEM au CPA avec un cookie de tracking du post session. En clair, pour une vente, l'e-commerçant en question peut rémunérer du display, de l'affilié et du SEM au CPA. Pour peu qu'il fasse un partenariat en marque blanche avec rémunération du partenaire et la rentabilité devient plus que limite voire nulle... Ca sent le vécu, non ? (11/01/2010)