Free, opérateur prévisible mais pas prévoyant

Le réseau Free est, techniquement parlant, victime de son succès. c'est pourquoi le désengorgement du réseau par le Wi-Fi est nécessaire.

Le réseau Free fait transiter sur son (maigre) réseau et sur celui (beaucoup plus robuste) d’Orange une quantité de paquets voix et data qui pousse ces infrastructures au bord de l’asphyxie. Les abonnés se plaignent des performances du réseau et cela ne devrait pas changer jusqu’à tant que Free muscle son réseau, ce qui pourra prendre plusieurs années. A moins que…      
A moins que Free n’utilise son réseau de 4 millions de box pour désengorger son réseau 3G. C’est ce qu’il vient d’annoncer, grâce à une technologie qui permet à un smartphone de basculer automatiquement la partie data du réseau 3G sur un réseau Wi-Fi lorsqu’il en détecte un à proximité. En anglais, ce principe s’appelle la 3G offload, littéralement « délestage de la 3G ».

Free a donc choisi le Wi-Fi pour désengorger son réseau grâce au Wi-Fi, comme  le Japon notamment le fait depuis l’année dernière. Pour autant, la 3G offload reste largement sous-utilisée, alors que le nombre de hotspots domestiques (les ‘box’) ou publics (mairies, gares, chaînes de restaurants, etc.) sont en forte augmentation.
Pourquoi les opérateurs attendent-ils ?
C’est un bon début, il faut saluer cette initiative, mais cela ne résoudra pas tous les problèmes. Le délestage du réseau 3G va devenir de plus en plus incontournable, mais le faire sur un réseau domestique ne peut être que palliatif. Seul un véritable maillage urbain de hotspots Wi-Fi professionnels permettra de soulager durablement le réseau 3G en place.
Concrètement, en attendant que Free augmente la capacité de son réseau, l’utilisation d’une infrastructure Wi-Fi reste sa seule solution option de délestage économiquement viable.

Pourtant, le déploiement de la 3G offload est pourtant encore faible, pour plusieurs raisons.

En premier lieu, le système économique des opérateurs doit être indexé sur des faits avérés, faute de quoi les réseaux « tomberont » :
*
La progression des ventes de Smartphones et de tablettes.
* Et donc la progression du trafic des datas notamment sur le réseau 3G.

Avec cette ‘montée en puissance’ des data sur les réseaux, le besoin de hotspots se fait de plus en plus pressant. Leur nouvelle génération 2.0 devra notamment permettre à tout Smartphone ou tablette de basculer automatiquement la data du réseau 3/4G au réseau WiFi sans intervention de son propriétaire.
D’aucun diront qu’il n’y a pas de téléphone ou de tablette supportant le 802.11u… C’est faux ! Orange et Ruckus Wireless ont déjà effectué des démonstrations à Barcelone lors du Mobile World Congress sur des terminaux Samsung déjà en vente.
L’ajout d’un réseau Wi-Fi professionnel est donc une nécessité tant économique que technologique. Les opérateurs ont le savoir-faire, ils font déjà la bascule vers les boxes des particuliers et ont acquis une expérience certaine en matière de transferts de charge. La division fixe a ainsi su passer du Frame Relay, à l’ATM puis à l’IP. La division mobile, de son côté, du GSM, au GPRS, Edge, puis à la 3 et enfin 4G.
La balle n’est donc pas dans le camp des développeurs, mais des opérateurs. Il ne leur reste qu’à développer de nouvelles offres qui permettront à leurs clients de bénéficier de ces possibilités de délestage avec des forfaits voix / data appropriés.
  

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