Les résultats trimestriels de Google révèlent ses difficultés sur le mobile

Le CPC poursuit sa chute, pendant que Facebook grignote des parts du marché publicitaire mobile. Les analystes se montre également sceptiques face aux investissements de très long terme de Google.

Tandis que les consommateurs transfèrent sur mobile une part de plus en plus importante de leur temps connecté, la publicité mobile s'accroît logiquement dans l'activité de Google. Sauf que les restrictions dues à la taille des écrans l'empêchent de facturer autant que sur le Web. Cette difficulté apparaît clairement dans les résultats trimestriels que publie la firme : le CPC perd 6% par rapport au 2nd trimestre 2013. Un phénomène entamé il y a deux ans déjà, même si Google ne déconsolide pas ses revenus publicitaires mobiles et desktop.

Cela n'empêche pas le géant du Web de publier des revenus en hausse de 22% à 15,96 milliards de dollars au 2ème trimestre 2014, dépassant les 15,62 milliards prévus par les analystes. Ses revenus nets, qui excluent les paiements aux partenaires publicitaires, s'élèvent à 12,71 milliard, contre 11 milliard au 2ème trimestre 2013. En revanche, son bénéfice net augmente de moins de 6% à 3,42 milliards de dollars. En excluant le coût des stock options, son bénéfice par action n'atteint que 6,08 dollars, moins que les 6,23 dollars attendus.

Malgré ses difficultés sur mobile, Google demeure néanmoins ultra-dominant sur la publicité en ligne, comptant pour près de 32% du total des dépenses publicitaires mondiales en ligne en 2013 selon eMarketer. Facebook se classe second avec 6% des 120,02 milliards de dollars que représente le marché. A ceci près que le réseau social semble lui plus à l'aise sur le mobile. Il a en effet capté quasiment 16% des dépenses publicitaires mobiles dans le monde l'an dernier, contre 12% en 2012, pendant que la part de marché de Google déclinait de 49,8% à 41,5%.

La bourse, qui n'a pas franchement salué la forte croissance du chiffre d'affaires de Google, retenant plutôt des bénéfices moins élevés que prévu, semble également perplexe devant les récentes acquisitions de Google, bien plus tournées sur le très long terme que sur des profits pour les années à venir. Retenons ainsi Nest Labs, acquis en février, le fabricant de drones Titan Aerospace, acquis en avril, ou encore le service satellitaire Skybox Imagine, racheté en juin. Facebook aussi s'est lancé dans ce type de pari à très long terme. Mais les actionnaires et les analystes n'en ont pas moins besoin de faire une pause.

Reste que Google ne se sent aucunement obligé de retirer un bénéfice rapide de certains de ses investissements. Fin juin, la firme était assise sur 61,2 milliards de dollars en cash, des réserves suffisantes pour financer n'importe quel investissement ou racheter la plupart des sociétés cotées. Finalement, sa gouvernance s'aligne de plus en plus sur des modèles de venture capital. En attestent également ses voitures sans conducteur, qui ne généreront aucun retour sur investissement avant bon nombre d'années.

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