Ces deux start-up sont (peut-être) les Tesla de demain

Les américains Zoox et Faraday Future attaquent le marché du véhicule sans chauffeur sans l'aide des constructeurs automobiles.

Elles ne sont que deux dans le monde à avoir franchi le pas. Contrairement aux autres jeunes pousses du marché, les start-up américaines Zoox et Faraday Future conçoivent de A à Z leurs propres bolides sans chauffeur plutôt que de se limiter à la conception de logiciels embarqués à destination des constructeurs.

"Partir de zéro a ses avantages. Au lieu de concevoir des solutions adaptables aux véhicules des constructeurs, nous pouvons réinventer la voiture dans son intégralité. La plateforme, le système de transmission, les technologies embarquées, le design et l'ambiance à l'intérieur et même l'apparence extérieure : tout est pensé par nos équipes conformément à notre propre vision du véhicule du futur. Cela nous permettra d'offrir une expérience de conduite inédite et ainsi de nous différencier", affirme un porte-parole de Faraday Future.

"Au lieu de concevoir des solutions adaptables aux véhicules des constructeurs, nous pouvons réinventer la voiture dans son intégralité"

Dans les deux firmes californiennes, le culte du secret est soigneusement entretenu. Et la palme de la discrétion revient à Zoox, qui en plus d'avoir pour site Internet une simple page noire, refuse tout commentaire sur sa stratégie : "Nous sommes actuellement concentrés sur la définition de notre vision du futur de la mobilité autonome et ne souhaitons pas nous exprimer pour le moment", glisse Bert Kaufman, responsable des affaires internes et réglementaires de Zoox, en réponse aux multiples sollicitations du JDN.

Il faut s'en remettre à une poignée de documents officiels sur la firme de Menlo Park pour avoir une idée plus précise de ses intentions. Bloomberg Technology a notamment déniché fin mai 2016 une note d'information financière révélant que Zoox cherche à lever 252 millions de dollars. Un coup de pouce qui ferait grimper la valeur de l'entreprise à plus d'un milliard, selon le cabinet d'analyse financière VC Experts, cité par le site d'information américain. Le Wall Street Journal révèle de son côté que la start-up a déjà récolté 20 millions provenant de la société à capital-risque hongkongaise AID Partners Capital Holdings.

Zoox a obtenu l'autorisation de tester sa voiture sans chauffeur sur les routes californiennes

Outre l'aspect financier, Zoox est aussi l'une des seules start-up à avoir obtenu l'autorisation de tester sa voiture sans chauffeur sur les routes californiennes. L'autre jeune pousse à avoir mis la main sur cette précieuse licence, Cruise Automation, a été rachetée en mars 2016 par General Motors et ne se concentre que sur la partie logicielle.

Côté effectifs, le Wall Street Journal croit aussi savoir que la société emploie 140 salariés, dont des anciens d'Alphabet (la société-mère de Google), d'Apple et de Tesla. Seule certitude, son président et fondateur est l'australien Tim Kentley-Klay, qui a étudié à l'université de Stanford aux côtés de Sebastian Thrun, le co-créateur du projet de voiture autonome d'Alphabet. Laurie Yoler, l'ex-présidente de Qualcomm Labs, et Dan Cooperman, l'ancien avocat général d'Apple et Oracle, l'ont récemment rejoint au directoire.

En ce qui concerne la future voiture signée Zoox, rien n'a filtré à part quelques visuels d'un modèle futuriste présenté fin 2013. Un véhicule électrique totalement autonome, bi-directionnel et qui peut accueillir jusqu'à quatre passagers assis face à face.

Un point sur lequel son concurrent Faraday Future est beaucoup plus loquace. La start-up de Gardena (Californie) a présenté en janvier 2016 le concept FFZERO1. Ce véhicule aux allures de voiture de course préfigure le futur modèle que compte commercialiser le jeune constructeur. "Nous avons développé une plateforme à architecture variable inédite qui permet d'y installer plus ou moins de batteries, ce qui offre au client la possibilité de sélectionner la longueur d'empattement qui lui convient le mieux, ou un nombre de moteurs différent, pour choisir entre une voiture deux roues ou quatre roues motrices. Nous pourrons ainsi livrer rapidement des véhicules ultra-personnalisés et uniques", se réjouit-on du côté de Faraday Future.

Faraday Future a dévoilé son premier véhicule en janvier 2016. © Faraday Future

"Nos modèles seront prêts à répondre aux exigences des clients car nous serons capables de les mettre à jour à distance pour que les usagers aient accès à tous les services dont ils ont besoin quand ils en auront besoin", renchérit le porte-parole de la marque.

"Nous faisons tout notre possible pour que notre usine sorte de terre d'ici deux ans"

Alors que Zoox espère sortir son premier véhicule en 2020, Faraday Future a décidé d'appuyer sur l'accélérateur : "Normalement, une usine comme celle que l'on a imaginée se construit en quatre ans dans les environs de Las Vegas, là où nous allons nous implanter. Pour la notre, nous faisons tout notre possible pour qu'elle sorte de terre d'ici deux ans." Objectif : produire dès 2018 un premier modèle commercialisable. Mais à quel prix ? Une fois de plus, motus et bouche cousue.

 

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