L’internationalisation de l’industrie : si la France surpassait l’Allemagne ?

La France doit-elle suivre le modèle allemand pour relever son économie ? Pas forcément. Si l’Allemagne est aujourd’hui la championne économique de la zone euro, sa spécialisation manufacturière pourrait lui coûter cher alors même que l’industrie française s’internationalise peu à peu sur des segments prometteurs.

La fin du mythe allemand : une exception européenne pas si exceptionnelle

On entend partout le même refrain depuis le début de la crise financière : l’Allemagne est  un modèle de croissance en Europe. Deuxième exportateur mondial, le pays a su rapidement fonder son économie sur son industrie et ses capacités en export. De son côté, la France est embourbée dans un modèle économique dépensier, où croissance ne peut rimer qu’avec consommation alors même que le pouvoir d’achat de ses habitants est au plus bas. Les comparaisons vont bon train et il est courant de voir le modèle épargnant allemand érigé comme seule solution pour tout pays souhaitant relancer sa compétitivité.
L’Allemagne pourrait pourtant bientôt déchanter. Dans une vingtaine d’années, tout ce sur quoi repose l’économie allemande – à savoir l’exportation de produits de milieu de gamme industrielle (voitures, machines, etc.) – pourrait s’effondrer.
La qualité du « made in Germany », particulièrement réputée dans le secteur automobile, se retrouvera fortement concurrencée par les pays émergents, la Chine et la Corée du Sud en tête. De plus, par souci de cohérence, ce pays « tout-industriel » n’investit à l’étranger que dans ce secteur ou presque alors même que l’investissement industriel n’assure en rien la pérennité de la croissance, à l’inverse de l’investissement commercial, spécialité française. Ironiquement, la spécialisation manufacturière de l’Allemagne, qui fait la puissance du pays aujourd’hui, pourrait bien sonner le glas de son modèle économique dans quelques années.
À l’inverse, alors que les exportations qui rapporteront le plus dans quelques années seront celles de produits de haute technologie, la France pourrait réussir à tirer son épingle du jeu. Les entreprises hexagonales se spécialisent en effet peu à peu dans ce secteur. Déjà en 2010, la part des produits de haute technologie dans le commerce extérieur français était importante, supérieure à celle en Allemagne.  De 2005 à 2010, les entreprises françaises ont exporté bien plus que les entreprises allemandes et ce schéma peut encore se reproduire. D’autant que certaines industries françaises, à l’instar de l’industrie ferroviaire, s’internationalisent depuis plusieurs années dans la plus grande discrétion et pourraient bien se révéler être de véritables atouts pour un renversement de la situation économique du pays.

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