La plateforme de prêt aux particuliers Younited Crédit lève 40 millions d'euros

La plateforme de prêt aux particuliers Younited Crédit lève 40 millions d'euros La start-up française compte ouvrir deux à quatre nouveaux pays d'ici fin 2019. Elle prévoit d'atteindre 20 millions de chiffre d'affaires cette année.

L'année 2017 se poursuit de plus belle pour le français Younited Credit. Après l'ouverture d'un bureau en Espagne et le cap franchi des 500 millions d'euros de crédits octroyés, la plateforme de prêts aux particuliers annonce une levée de fonds de 40 millions d'euros. Ses actionnaires historiques Eurazeo, Crédit Mutuel Arkéa, AG2R La Mondiale et Weber Investissement ont remis le couvert et sont rejoints par Bpifrance, Matmut Innovation et la société de gestion Zencap Asset Management. La banque publique française a investi au minimum 10 millions d'euros, le ticket minimum de son fonds d'investissement Large Ventures, destiné aux sociétés innovantes à forte croissance. "Nous avons décidé que c'était le bon moment d'investir avec Large Ventures car Younited Credit est prête à faire son scale-up. Avec ce financement, elle va pouvoir continuer son expansion européenne", explique Jean Bertin, directeur adjoint d'investissement chez Bpifrance."C'est probablement une des prochaines licornes européennes", ajoute-t-il.

La fintech français avait déjà levé 4,8 millions d'euros en 2011, 3,3 millions d'euros en 2012 et 31 millions d'euros en 2015. Cette confiance des investisseurs s'appuie sur de bons résultats. Depuis son lancement en 2011, la plateforme a octroyé plus de 600 millions d'euros de crédits à la consommation à 72 000 ménages, dont 250 millions d'euros ces 12 derniers mois.

En 2016, Younited Credit a octroyé 200 millions d'euros de crédits. © JDN

En 2016, elle a enregistré un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros et compte atteindre les 20 millions en 2017. La start-up n'est toujours pas rentable mais prévoit de l'être en 2019. "Nous avions deux choix devant nous : soit investir dans l'hypercroissance soit ralentir la croissance pour devenir totalement rentable. Nous avons choisi la première option car notre hypercroissance est saine et parce que depuis décembre 2016, nous avons une marge sur coût variable positive et qui grossit fortement", justifie Charles Egly, cofondateur et président du directoire de Younited Credit. Et le marché du crédit à la consommation se porte bien. L'année dernière, l'encours de ce secteur dans l'Union européenne a augmenté de 4,4% sur un an pour s'établir à 1,195 milliard d'euros selon une étude du Crédit Agricole Consumer Finance (CACF).

Grâce à cette levée de fonds, l'entreprise basée à Paris compte accélérer son expansion européenne. Déjà présente en Italie depuis avril 2016 et en Espagne depuis mars 2017, elle prévoit d'ouvrir deux à quatre nouveaux pays d'ici décembre 2019. "Nous ne prévoyons pas d'ouverture au Royaume-Uni à cause du Brexit. Nous regardons plutôt du côté de l'Allemagne, du Portugal et en Europe de l'Est", précise Charles Egly.

"Les plateformes existantes font 500 000 euros de volumes par mois alors que nous sommes au-dessus de 20 millions d'euros"

L'entreprise de 190 salariés compte également investir dans la technologie en se focalisant sur ses outils d'intelligence artificielle. Elle prévoit notamment d'améliorer ses algorithmes de score afin de bien séparer les bons des mauvais prêteurs, ses algorithmes anti-fraude et ses algorithmes commerciaux. Elle travaille actuellement sur des chabots dédiés à la relation client. Enfin, Younited Credit mise sur le "text mining", qui consiste à exploiter des données non structurées (textes écrits, fichiers type Word, emails…). "Nous demandons beaucoup de justificatifs pour vérifier la solvabilité des emprunteurs. Nous faisons des analyses et de l'extraction de data pour voir si elles correspondent à ce qui a été déclaré", confie le dirigeant. La fintech octroie des prêts entre 1 000 et 40 000 euros pour une période allant de deux à six ans. La moyenne est de 5 000 euros en France et en Espagne,  7 000 en Italie. 

Le graal de l'agrément

Ce tour de table permettra également à la fintech de développer sa plateforme en mode API qu'elle proposera en marque blanche. Elle vise les assureurs, les opérateurs télécoms et d'autres fintech comme les néo-banques. Ces dernières proposent en général des comptes courants, des moyens de paiement mais pas de crédit. Plusieurs banques locales italiennes utilisent déjà la plateforme en marque blanche mais le dirigeant de Younited Credit avoue que la plateforme n'est pas encore optimale pour être utilisée par un nombre infini de partenaires.

Entre 10 et 20% des clients existants reprennent chaque mois un crédit sur la plateforme

Le marché italien est déjà une belle réussite pour la start-up. En 16 mois, elle a déjà octroyé plus de 60 millions de crédits, plus que la première année en France (12 millions). L'Espagne semble prendre le même chemin puisqu'en six mois, 7 millions d'euros de prêts ont été accordés. Cela s'explique par le peu de concurrence dans ces pays. "Les plateformes existantes font 500 000 euros de volumes par mois alors que nous sommes au-dessus de 20 millions d'euros. Surtout, elles n'ont pas d'agrément d'établissement bancaire comme nous. C'est donc difficile pour elles de scaler le business car elles doivent passer par des partenariats avec des banques", explique Charles Egly.

Younited Credit est la seule fintech européenne à disposer de ce "graal", très difficile à obtenir. Aujourd'hui, Younited Credit revendique 3 000 investisseurs prêteurs (particuliers, family offices, sociétés de gestion). Depuis son lancement, la part des investisseurs institutionnels n'a fait qu'augmenter pour atteindre entre 50 à 60%. En 2016, l'assureur hollandais Aegon a injecté 80 millions d'euros sur la plateforme, Zen Cap Asset Management a quant à lui mis 35 millions d'euros. Côté prêteurs, les indicateurs sont aussi bons. En plus des taux de satisfaction "soviétiques", comme l'assure Charles Egly, entre 10 et 20% des clients existants reprennent chaque mois un crédit sur la plateforme.

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