Entreprendre seul ou en franchise : que choisir ?

Créer en réseau offre plusieurs avantages à l’entrepreneur en panne d’idées. Mais aussi des contraintes.

Chaque année, près de 4 000 aspirants chefs d'entreprise décident de s'adosser à un réseau pour créer leur boîte. Une solution qu'ils ont donc préférée à l'entrepreneuriat en solo, et qui comporte plusieurs enjeux.

Une sécurité a priori

Lorsqu'un porteur de projet signe un contrat d'affiliation à une enseigne, celle-ci s'engage à fournir plusieurs prestations pour aider le franchisé à démarrer et développer son activité. A commencer par un concept clé en main dont les tenants et aboutissants sont transmis dans les moindres détails au nouvel entrepreneur. Un manuel opératoire détaillé – dans certains réseaux, ce document peut dépasser les 500 pages – est remis au franchisé et mis à jour régulièrement, selon les évolutions du concept.

Une formation initiale et continue est également dispensée, d'une durée plus ou moins longue, permettant au franchisé d'acquérir toutes les compétences et le savoir-faire spécifique de l'enseigne, afin de dupliquer son succès. L'équipe de développement apporte aussi son soutien et doit se rendre disponible pour répondre aux questions du franchisé, qu'elles soient techniques, commerciales, juridiques ou autres.

Le chef d'entreprise, bien qu'indépendant juridiquement, est donc accompagné par le réseau tout au long de la durée de vie de son contrat. Il peut également échanger des astuces et bonnes pratiques avec les autres franchisés de l'enseigne lors d'événements comme la convention nationale ou les réunions régionales, organisés plusieurs fois par an.

En sus de ces avantages, le franchisé décide souvent de rejoindre un réseau pour bénéficier de la notoriété de la marque. Pour se lancer dans la restauration rapide, ouvrir un McDonald's ou un Burger King est un atout concurrentiel fort qui attirera une clientèle de base et fidèle sans fournir le moindre effort.

Devenir franchisé permet dont de démarrer plus rapidement son activité, de générer un chiffre d'affaires a priori plus vite grâce à une notoriété établie et reconnue et de s'appuyer si besoin sur les conseils de la tête de réseau, censée accompagner l'entrepreneur.

Des répercussions financières

Bien évidemment, tout ceci a un coût. Pour avoir le droit d'utiliser le nom de l'enseigne et de dupliquer son modèle, le franchisé doit avant tout s'acquitter d'un droit d'entrée plus ou moins élevé selon les services et les points forts apportés par la marque – une enseigne très connue comme Starbucks est plus légitime à exiger un droit d'entrée élevé qu'un réseau qui vient de se lancer. En général, ce montant oscille entre 10 000 et 40 000 euros, mais peut aller au-delà. Cette somme forfaitaire est versée en début de contrat, avant de démarrer l'activité.

S'ajoutent ensuite des versements réguliers censés rémunérer les services apportés par l'enseigne – communication nationale, accompagnement d'un animateur réseau, création de nouveaux outils, etc. Il s'agit des redevances, calculées généralement en pourcentage du chiffre d'affaires réalisé par le franchisé. Celles-ci représentent en moyenne entre 5 et 7% du CA. Une somme importante, prélevée tous les mois sur le montant total des ventes et non sur le bénéfice, que le franchisé doit avoir à l'esprit avant de s'engager avec une enseigne, et incorporer dans son business model.

Pour se décider à entreprendre seul ou en réseau, le porteur de projet doit donc mesurer l'impact financier de son choix et se demander s'il est fait pour devenir franchisé – car cela implique notamment d'accepter les règles de l'enseigne. S'il n'a pas d'idée de business ni d'expérience dans l'entrepreneuriat, cette alternative reste l'une des plus attractives.

Franchise