Centres d'affaires : quel avenir face au télétravail et au coworking ?

Centres d'affaires selon Xerfi Dans les années qui viennent, l'activité devrait continuer à croître pour les centres d'affaires. Mais ils devront en partie se réinventer.

Pas d'inquiétude : les centres d'affaires se portent bien. Contrairement à beaucoup d'autres secteurs économiques, y compris au sein des services aux entreprises, ils affichent une croissance constante de leur activité depuis 2007. C'est le premier constat dressé par l'étude Xerfi consacrée aux "Centres d'affaires et de domiciliation".

Il faut bien reconnaitre que ces bureaux proposés à la location profitent d'une conjoncture favorable. Les créations d'entreprises continuent de se montrer solides en France, la tendance à l'externalisation –y compris au sujet de l'immobilier- reste puissante dans les entreprises et, année après année, le nomadisme s'impose au sein du monde du travail. Autant de tendances de fond qui profitent aux centres d'affaires.

Les voyants sont au vert

Malgré quelques vents contraires (pression des clients, développement de pépinières publiques, arrivée de nouveaux concepts comme les tiers-lieux...), ces facteurs de développement ne devraient pas faiblir dans les années à venir. Pour les centres d'affaires, l'époque restera donc au dynamisme : les experts de Xerfi tablent sur un maintien du rythme de croissance annuel situé entre 3% et 4% d'ici à 2016.

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L'activité des centres d'affaires devrait conserver un rythme de croissance  soutenu. © Xerfi

Au-delà du seul niveau d'activité, les ratios financiers de ces centres d'affaires et de domiciliation, qui ont grimpé ces dernières années, devraient se maintenir aux niveaux actuels. Le taux de résultat net oscillerait entre 9% et 10%, dans la fourchette haute de ce qui a été observé récemment.

Télétravailleurs et coworkers bousculent la donne

Est-ce à dire qu'après avoir traversé les années de crise sans trop de casse, les centres d'affaires peuvent tranquillement se reposer sur leurs lauriers ? Pas tout à fait. De nouvelles organisations du travail agitent le monde professionnel et les spécialistes des centres d'affaires ne peuvent les ignorer s'ils veulent rester dans la course.

Le développement du télétravail a par exemple conduit à la multiplication des tiers-lieux, à mi-chemin entre le domicile et l'entreprise. "Ces espaces en développement se caractérisent par une offre orientée vers les télétravailleurs, précise l'étude Xerfi. Ils sont en effet situés proches des lieux de vie, en particulier dans les périphéries. Cette implantation est la principale différence avec un centre d'affaires classique, l'offre comprenant par ailleurs la mise à disposition de bureaux, salles de réunion, de la visioconférence, etc."

Cette tendance lourde n'a évidemment pas laissé les acteurs du secteur sans réaction. Une initiative comme les télécentres Stop & Work lancés conjointement par Regus, la Caisse des Dépôts et Orange vise à répondre à cette nouvelle demande, comme l'expliquait Frédéric Bleuse, le directeur général de Regus France au JDN en avril 2014.

Davantage tournés vers la coopération entre travailleurs et plus proches d'un esprit start-up, les espaces de coworking interpellent aussi les acteurs traditionnels des centres d'affaires. Le succès de cette formule est sans appel : inférieur à 100 en 2007, le nombre d'espace de coworking frôle les 2 500 dans le monde six ans plus tard.

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En six ans, le nombre d'espaces de coworking a été multiplié par 32. © Xerfi

Cela dit, les centres d'affaires du triangle d'or de Paris ne comptent pas, du jour au lendemain, se transformer en lieux branchés où se développe un écosystème numérique, selon l'étude Xerfi. "Les centres d'affaires traditionnels ne se précipitent pas pour ouvrir des espaces de pur coworking. D'abord parce qu'il ne s'agit pas toujours d'une priorité commerciale, et que certains préfèrent rester sur une cible grands comptes, en attente de prestations haut de gamme. Ensuite, ils n'ont pas forcément la crédibilité pour s'imposer dans un univers de start-up. Enfin, parce que certains gestionnaires de centres ont compris qu'ils pouvaient intégrer certains des éléments de différenciation des espaces de coworking, notamment tout l'aspect networking. De plus en plus de centres proposent ainsi des services de networking à travers des mini réseaux sociaux."

Mais, pour se développer dans les années qui viennent, les centres d'affaires ne sont pas condamnés à courir après les innovations des autres. Ils peuvent aussi faire évoluer leurs concepts, en investissant par exemple des lieux de transit. Pour faciliter les déplacements professionnels, Regus propose, par exemple, des bureaux en gare du Mans et a lancé une expérimentation dans une station-service de l'A10. Ces solutions alternatives, qui entendent répondre au nomadisme contemporain, doivent permettre aux centres d'affaires de se réinventer pour surfer sur la demande toujours croissante de lieux adaptés aux besoins des salariés de demain.

 

Source

L'étude "Les centres d'affaires et de domiciliation" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

 

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