50% des produits jetés seraient réparables

D’après une étude de l’ADEME, parue en octobre 2012, 50 % des produits jetés seraient réparables. Cela va-t-il changer grâce au texte de la loi Hamon qui prévoit qu’il y ait une information sur la disponibilité des pièces détachées ?

C’est une initiative louable et soutenue par le groupement des constructeurs d’électroménager (le GIFAM). Dès son entrée en vigueur le consommateur pourra acheter en connaissance de cause ou presque … En effet, comme le relève l’association Les Amis de la Terre «Les fabricants qui ne proposent pas de pièces détachées n’auront rien à afficher. ». Au consommateur d’être vigilant : s’il n’y a pas d’information, c’est qu’il n’y pas de pièces détachées et dans ce cas, le bien sera irréparable une fois tombé en panne.

 

Cet affichage ne serait-il finalement qu’un argument marketing, mis en avant par certaines marques qui espèrent ainsi lutter contre la concurrence d’appareils, qui arrivent par cargo d’on ne sait où, et qui sont vendus à prix cassé en grande surface ?

 

A ce titre, nous ne pouvons que regretter que la proposition de projet de loi déposée par Jean-Vincent Placé, qui allait beaucoup plus loin dans la lutte contre l’obsolescence programmée, n’ait pas été intégralement reprise. Elle imposait une disponibilité de 10 ans des pièces détachées et « que soient mises à disposition les notices de réparation ainsi que des informations sur le recyclage, le réemploi et toutes formes de valorisation des déchets de produits électriques et électroniques »

 

Par ailleurs lorsque nous demandons aux clients de Spareka de nous donner leur sentiment sur la position des marques face à la panne : 55 % nous répondent que les marques ne les informent pas sur « comment réparer l’appareil acheté ? » et 67 % d’entre eux déclarent qu’il n’est pas facile de trouver leurs pièces détachées dans le commerce.

 

C’est pourquoi, je pense que la bonne réponse à apporter aurait plutôt dû être une incitation gouvernementale à la mise en place d’une une véritable politique d’aide à la réparation, venant des marques. Celle-ci aurait permis de faciliter l’accès pour les consommateurs aux informations et aux pièces détachées.

 

C’est cette voie que nous avons choisie chez Spareka en développant, et en rendant accessibles à tous, les pièces détachées et les outils d’aide nécessaires à la réparation. Chez nous un chiffre est édifiant : depuis le lancement de Spareka.fr plus de 15M€ ont été économisés par nos clients qui ont pu réparer leurs appareils domestiques plutôt que de les remplacer.

 

Enfin, si la moitié des produits jetés aujourd’hui est réparable, l’autre moitié ne l’est pas !

 

N’oublions pas que le véritable changement doit se jouer en amont, chez les fabricants qui doivent mettre au cœur de leur problématique l’éco conception et la réparabilité, dans une logique d’économie circulaire, afin de prolonger la durée de vie de leurs appareils. La révolution en marche des appareils connectés est une opportunité qui peut leur permettre de changer de paradigme et de concevoir la réparabilité de leurs appareils comme l’occasion de fidéliser leurs clients. En ce sens, espérons que la très peu contraignante « obligation d’affichage de la disponibilité des pièces détachées » leur mettra le pied à l’étrier…

Développement durable / Terre