Les achats à l’heure de l’entreprise étendue

L’évolution effrénée des technologies, la concurrence accrue, et la rareté des compétences ont mis à mal la sous-traitance. Comment gérer cette situation? Quel rôle pour la direction achats dans ce contexte d’entreprise ouverte et étendue ?

Il est révolu le temps où les entreprises réalisaient en interne 100% d’un produit ou d’un service. Les difficultés d’adaptation corrélées à la rapidité de l’évolution de la technologie, s’ajoutent à la pression de la concurrence et à la mondialisation des marchés. Sous la contrainte, les entreprises doivent chercher hors de leurs murs des compétences, des savoir-faire, des idées, pour innover sur leur propre cœur de métier.  

Une métamorphose de la relation client/fournisseur

Pratique de longue date, la sous-traitance est mise à mal. En effet, ce contrat client/fournisseur où la relation se restreint à un cahier des charges élaboré par le client et que le fournisseur s’engage à satisfaire, ne suffit plus. Il ne répond plus aux exigences d’agilité et d’innovation frugale imposées aux entreprises. Celles-ci doivent désormais chercher à l’extérieur des compétences humaines et des idées nouvelles afin de contribuer à la création de valeur et à la maitrise des enjeux globaux de l’entreprise.

C’est dans ce contexte que l’entreprise étendue -ouverte à de nombreux partenaires- prend toute son ampleur, obligeant la relation client/fournisseur à évoluer vers une relation partenariale. En effet, il ne s’agit plus d’instaurer une relation entre donneurs d’ordres et exécutants, mais bien de bâtir une relation entre partenaires où le travail devient collaboratif, où chacune des parties apporte son savoir-faire et où le fournisseur ne se contente plus de satisfaire un cahier des charges, mais où il comprend réellement les enjeux de l’entreprise.

La direction achats aux commandes

Dans cette évolution,  la direction des achats à un rôle majeur à jouer. Non seulement elle se doit de repérer les partenaires susceptibles d’enrichir l’innovation de l’entreprise, mais elle est également tenue de  vérifier que l’éthique, la façon de travailler, les valeurs du fournisseur sont fidèles à ses propres valeurs. Ainsi, un prestataire imposant des conditions de travail déplorables à ses salariés ou peu scrupuleux sur les moyens de production (produits défectueux ou hors normes) peut conduire une entreprise face à la justice, ou encore lui infliger des pertes financières conséquentes.

La direction des achats a donc pour mission de benchmarker les prestataires afin de réduire au maximum le risque de référencer des canards boiteux. Un benchmark qui ne peut se faire sans une collaboration étroite avec les directions opérationnelles qui, chacune dans leur métier (logistique, marketing, R&D, RH, etc.), ont déjà référencé des fournisseurs clés. La direction des achats voit ainsi son rôle évoluer : elle devient le garant des alliances unissant l’entreprise à son écosystème.

Une relation étendue aux systèmes d'information 

Avec l’arrivée du Cloud, les entreprises se dotent de plus en plus de solutions standardisées et ouvertes. Ces propriétés permettent l’ouverture des systèmes d’information et favorisent ainsi la proximité et la transparence entre prestataires. Une entreprise pourra par exemple, en se connectant à l’outil de gestion du projet de son partenaire, visualiser l’état d’avancement de la conception d’un produit ou, en se connectant à l’outil de gestion des stocks, gérer son flux d’approvisionnements.

Une nouvelle façon de penser l'entreprise 

Avec l’entreprise étendue, une société ne se limite plus à ses bureaux et ses employés. En s’ouvrant à ses partenaires, elle déplace vers l’extérieur sa chaine de valeur, et permet une vision partagée de la stratégie d’entreprise.

Elle peut aussi instaurer avec eux de véritables alliances, associant ses partenaires au succès des produits et/ou services commercialisés. Cette relation est donc bien plus engageante envers le partenaire qu’une simple relation client/fournisseur.

L’entreprise étendue répond parfaitement à la mondialisation car elle offre un nouveau cadre permettant la mise en commun des connaissances et des compétences nécessaires à la compétitivité de nos entreprises hexagonales et aux nouveaux défis de l’innovation. C’est entendu, l’entreprise de demain sera étendue !  

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