L’autoédition, un outil innovant de brand content

Publier des articles ou des revues fait partie de l'arsenal classique du brand content. Avec le développement récent de l’autoédition, publier et distribuer un livre est devenu très facile. Les professionnels ont intérêt à utiliser ce nouveau canal pour leur entreprise mais aussi pour valoriser leur CV.

Les livres de gestion-économie-management représentent un marché de 35 millions d’euros en France. Ces livres sont destinés avant tout aux professionnels (des livres B2B, si l’on peut dire) et aux étudiants. Ils intéressent aussi des curieux souhaitant mieux connaître et comprendre le monde dans lequel ils vivent.

Dans le domaine de l’économie, on se rappelle le succès phénoménal en 2014 du livre de Thomas Piketty, Le capital du XXIe siècle, qui a dépassé les 150 000 ventes en France et 450 000 aux USA. Bien sûr il s’agit d’un cas exceptionnel. En moyenne les éditeurs spécialisés sur ce créneau visent 2 à 4000 ventes. Pas de gros tirages donc, mais suffisamment pour assurer une rentabilité. Et lorsqu’un best-seller sort du lot de temps en temps, c’est le jackpot.

Qui sont les auteurs, pourquoi publient-ils un livre destiné aux professionnels ?

Pour les entreprises, la publication d’un livre relève d’une stratégie de contenu de marque (brand content). Des consultants, des dirigeants ou des cadres publient des livres blancs, des brochures ou des livres, contribuant ainsi à améliorer l’image de marque, le prestige de l’entreprise et le CV de l’auteur.

Un livre permet d’asseoir sa légitimité dans son domaine d’expertise, de faire part d’un angle de vue inédit ou d’éclairer un aspect particulier d’un métier ou d’un service pour mieux expliquer et vendre ses produits.

S’il s’agit d’un universitaire ou un chercheur, la publication fait partie des étapes quasi-obligées pour faire avancer sa carrière.

L’autoédition bouscule le marché du livre

Une tendance nouvelle se fait jour depuis quelques années dans l’univers du livre de gestion, d’économie et de management : l’autoédition. Il s’agit pour l’auteur de publier son livre sans passer par un éditeur. 

Les avantages de l’autoédition sont multiples : pas besoin d’attendre la décision du comité de lecture d’une maison d’édition pendant des mois, pas de risque de refus, pas de demande de suppression ou de modification du livre par l’éditeur pour s’adapter au marché supposé. Un éditeur ne publie un livre que s’il estime pouvoir rentabiliser la publication ; si le marché lui paraît trop étroit il ne publie pas, indépendamment de la qualité du texte. Une problématique qui n'existe pas en autoédition.

L’autopublication apporte souplesse, liberté, contrôle complet du projet, notamment en termes de timing. De plus, étant donné qu’un intermédiaire (l’éditeur) a disparu, elle apporte une rémunération sur les ventes plus élevée (dans le cas de livres payants).

La multiplication des auteurs autoédités ces dernières années vient bousculer les éditeurs et stimuler le marché des livres professionnels. Les publications sont plus nombreuses, les analyses et points de vue se multiplient.

Les éditeurs sont de plus en plus attentifs aux livres autoédités en gestion-économie-management. Non seulement ils y voient un vivier de talents et de ventes, mais aussi… ils questionnent leur savoir-faire. Les auteurs autopubliés ont une façon de traiter les sujets qui n’est pas standardisée, offrant ainsi plus d’originalité et de nouveaux débouchés.

Le Belge Frédéric Laloux a autopublié en 2014 Reinventing organizations, un livre de management rédigé en Anglais. Résultat : 50 000 exemplaires vendus. La langue anglaise lui a permis d’élargir le marché en le commercialisant dans les pays anglo-saxons. Aurait-il pu séduire un éditeur anglais ou américain s’il avait envoyé son manuscrit par la poste ? Rien n'est moins sûr.

Philippe Silberzahn quant à lui a autopublié Effectuation et s’est ainsi fait repérer par l’éditeur Pearson qui lui a proposé un contrat d’édition.  Depuis il a rempilé avec l’éditeur pour un nouveau livre sur l’innovation de rupture à paraître fin 2015. L’autoédition est pour certains un beau tremplin vers l’édition traditionnelle.

Quid de la réalisation et promotion des livres autoédités ?

En matière de contenu, les auteurs professionnels sont plus compétents dans leur domaine d’expertise que les éditeurs. Ces derniers n’ont pas un rôle déterminant à jouer pour assurer une vérification de la qualité du livre.

La promotion peut représenter une barrière pour faire découvrir un roman au grand public. La problématique est différente pour un professionnel, qui cherche avant tout à consolider sa carrière, son image d’expert et développer l’activité de son entreprise. Le but n’est pas de placer le livre dans tous les rayons des libraires de France. Le livre est avant tout destiné aux clients et prospects, et non au grand public. Il s’agit qu’il existe, au format numérique et/ou papier. Ensuite il faut qu’il soit téléchargeable facilement et éventuellement disponible sur les principales librairies en ligne. Il peut être offert ou vendu, mis en avant sur le site internet de l’entreprise, le blog de l’auteur ou ses réseaux sociaux. Une promotion très étendue n’est ni indispensable, ni vraiment utile.

Enfin, autoéditer ne signifie pas "tout faire soi-même", il est tout à fait possible  - et même recommandé , de sous-traiter une partie des tâches (design de couverture, correction du texte, mise en page, distribution, etc.). C’est le rôle des plateformes telles que Bookelis.

L’autoédition est particulièrement bien adaptée aux livres professionnels. Elle constitue un moyen nouveau et pertinent pour publier des livres et développer des stratégies de brand content, à côté de la voie traditionnelle des éditeurs.

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