Grande école du numérique : une opportunité pour tous les jeunes

Le Programme Grande école du numérique, porté par François Hollande et Axelle Lemaire, peut-être une vraie opportunité, à condition qu'il s'ouvre à tous les profils. Jeunes diplômés, titulaires de licence, femmes sont des profils à cibler.

Offrir à des personnes en mal d’insertion des perspectives fortes, des CDI et des CDD tout en créant un nouveau vivier de professionnels qualifiés pour des métiers en tension, voilà un projet ambitieux.

C’est pourtant le pari du programme Grande école du numérique lancé en septembre par François Hollande et porté par Axelle Lemaire. Un projet ambitieux, qui, j’en ai la conviction, peut réussir, à condition de s’ouvrir à un large panel de profils, peu ou très diplômés.

Le numérique, un secteur méritocratique

Le numérique est l’un des domaines où la méritocratie s’applique concrètement, où la motivation, l’agilité comportementale, l’esprit d’initiative et la ténacité sont tout aussi importants que la formation initiale pour la réussite d’une carrière. Avec 35 000 emplois créés d’ici 2018, l’économie digitale offre un espace d’expression nouveau aux personnes qui n’ont pas de diplôme et de nouvelles opportunités à celles, fortement qualifiées qui n’ont pas encore trouvé leur place dans le marché de l’emploi.

Des jeunes en attente

Ne perdons pas de vue que le vivier de jeunes diplômés en attente d’opportunités est conséquent : selon l’Apec, 28% des jeunes diplômés de 2014 sont en recherche d’un premier emploi en 2015. 10% sont en recherche d’un nouvel emploi après la fin d'un CDD. Les femmes sont encore plus en difficulté, y compris dans les filières scientifiques. Les cursus les plus féminisés, comme la biologie ou la chimie, ont des taux d’insertion inférieurs aux filières les plus masculinisées, comme l’informatique.

L'insertion est le maître mot

On observe qu'une insertion réussie tient avant tout au renforcement du réseau et à la transférabilité des compétences existantes aux métiers numériques. Dans un contexte de marché du travail tendu, aider ces transitions permet de former un vivier de talents compétents et opérationnels dans un délai court.

Face à ce constat, Social Builder développe un programme d’insertion des talents féminins depuis cette année : le Programme Étincelles. Notre objectif est d’accélérer l’intégration durable des jeunes femmes diplômées sans emploi dans l’économie numérique pour renforcer la mixité (seulement 28% de femmes dans le digital contre 48% dans le reste de l'économie) et favoriser le retour à l’emploi.


Nous avons accompagné 30 femmes cette année en leur proposant un mentorat, des formations en leadership et du co-développement. 60% d’entre elles ont déjà concrétisé leur projet en accédant à des postes de Business Controller, développeuse, chef de projet digital, consultante SI, dans des grands groupes et des startups.


En parallèle, 10 startupeuses ont été accompagnées dans la formalisation de leur projet d’entreprise. Le succès de l’expérience nous a confortés dans l’idée que ces programmes-passerelles doivent être étendus à grande échelle. Il a aussi témoigné de la nécessité de penser des formations courtes innovantes pour développer les briques de compétences nécessaires à la concrétisation des projets.


Le projet Grande école du numérique est une occasion de relever ce défi, en permettant de former les femmes sur une large palette de métiers dans le numérique. Les diplômé-e-s doivent aussi bénéficier de ce puissant levier d’insertion.


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