Certification Voltaire : un test d'orthographe indispensable pour votre CV ?

Certification Voltaire Grâce à un score établissant le niveau d'orthographe des candidats, la certification Voltaire veut rassurer les recruteurs. Et ambitionne de devenir le Toeic de la langue française.

"Anglais : niveau courant, 912 points au Toeic. Français : bonne orthographe, 753 points à la certification Voltaire." Affiché sur le CV, le score obtenu à ce test en langue française pourrait bien devenir la nouvelle référence auprès des recruteurs.

Dépasser les 500 points suffit pour attester d'une pratique correcte de l'orthographe.

Basée sur une échelle de 1 000 points, la certification Voltaire établit le niveau d'un candidat en orthographe. L'exigence des recruteurs dépend bien évidemment du poste visé. Dans la plupart des cas, dépasser les 500 points suffit pour attester d'une pratique correcte de l'orthographe dans un univers professionnel. Les responsables grands comptes ou les juristes par exemple doivent atteindre un niveau plus pointu de 700 points. Et tout coach en orthographe qui se respecte doit allègrement franchir la barre des 900 points.

Des exigences variables

Schématiquement, l'attention portée au niveau d'orthographe dépend du contact avec les clients. "S'il reste dans l'entreprise, un e-mail plein de fautes nuit à l'image de celui qui l'envoie, s'il est adressé à l'extérieur, il nuit à l'image de l'entreprise", synthétise Pascal Hostachy, à l'initiative de la certification Voltaire. "Pour une assistante de direction générale, il n'y a aucune tolérance sur le niveau d'orthographe", confirme Maëlle Marre, directeur associé chez Officeteam, un cabinet de recrutement du groupe Robert Half spécialisé dans les métiers de l'assistanat. A compétence égale, un candidat capable de prouver son niveau gagne des points vis-à-vis de ses concurrents aux yeux des recruteurs.

Pour ces derniers, la maîtrise de la langue française est une préoccupation de premier ordre. "Actuellement, nous faisons passer des tests d'orthographe nous-mêmes aux candidats et nous vérifions le niveau auprès des anciens employeurs", précise Gaëlle Marre. Cette recruteuse n'a pas encore reçu de candidature faisant état d'une certification en orthographe, mais elle juge l'initiative "intéressante". Aux yeux des professionnels du recrutement, un CV et une lettre de motivation relus et corrigés peuvent masquer des véritables lacunes. Passer à côté de carences importantes est d'autant plus dommageable qu'un niveau médiocre est difficilement rattrapable, selon Gaëlle Marre : "Cela ne sert à rien de demander à un candidat de suivre une formation en orthographe de quelques jours avant de prendre son poste !"

Rituel des examens

C'est pour sortir les recruteurs du brouillard qu'est née l'idée de la certification Voltaire en 2008. A l'origine, on trouve Woonoz, une société lyonnaise de e-learning, cofondée par Pascal Hostachy. "Ce sont les entreprises clientes qui nous ont soufflé l'idée de mettre en place un outil d'apprentissage en ligne sur l'orthographe", se rappelle-t-il Mais une formation ne suffit pas, c'est bien l'examen, sanctionné par une certification, qui est attendu par les clients. Contrairement aux tests en ligne qui existent déjà, les candidats souhaitant obtenir le précieux sésame doivent se rendre dans une salle d'examen, justifier leur identité auprès des surveillants... Tout le rituel des examens officiels pour éviter les brevets usurpés. Et pour assoir la légitimité de la démarche, le projet est chapeauté par un champion du monde d'orthographe, Bruno Dewaele.

"La majorité des examinés est constituée d'étudiants en dernière année"

Moyennant 60 euros, chacun peut se rendre dans l'un des 60 centres d'examen que compte l'Hexagone. "Aujourd'hui, la majorité des examinés est constituée d'étudiants en dernière année qui se préparent à entrer sur le marché du travail", confie Pascal Hostachy. Dans ces cas-là, ce sont les universités, IUT, écoles de commerce et d'ingénieurs qui financent l'examen dans le but de faciliter l'insertion professionnelle de leurs élèves.

Des entreprises décident aussi de financer dans le cadre du Dif (qui depuis janvier 2015 a pris le nom de CPF c'est à dire compte personnel de formation) une formation à certains de leurs salariés, afin d'améliorer leur niveau. En revanche, elles sont plus rares à exiger une certification, craignant de rendre leurs collaborateurs plus attractifs aux yeux des concurrents. Une preuve d'efficacité ?

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