Création d'entreprise : bien choisir son associé

Pour lever plus de fonds, multiplier les compétences ou simplement se sentir moins seul, le porteur de projet peut être tenté de trouver un associé. Des précautions sont toutefois à prendre.

La création d'une entreprise est une démarche qui fascine celui qui la tente tout autant qu'elle lui fait peur. Partager cette aventure avec un ou plusieurs tiers est une alternative à laquelle réfléchit immanquablement chaque porteur de projet. Voici quelques conseils pour faire les bons choix.

Pourquoi s'associer ?

Avant de prendre une quelconque décision, il faut réfléchir à ce qu'une association apportera au projet du créateur. On peut distinguer plusieurs besoins que le recours à un associé peut combler :
- le besoin de compétences complémentaires (commerciales, techniques, gestionnaires...),
- le besoin d'un carnet d'adresses voire d'une crédibilité. Ainsi quand on se lance dans une activité innovante, où les risques d'échec sont élevés, s'entourer d'entrepreneurs expérimentés donne du poids à son projet face aux investisseurs.
- le besoin de fonds pour démarrer sa société et en constituer le capital social.
On peut y ajouter la volonté de ne pas faire face seul au stress de la création et de la gestion d'entreprise. Inversement, il est bon de se demander très en amont si on est réellement fait pour le travail à plusieurs : partager les peines, c'est aussi partager les succès et donc les bénéfices. Si la motivation principale de la démarche de création est le gain d'autonomie, s'associer n'est peut-être pas la solution idéale.

Comment trouver un associé ?

Deux cas de figure sont possibles. Tout d'abord, vous pouvez avoir un projet mais pas d'idée de la personne avec qui vous associer. Il s'agit alors de faire appel à votre réseau, constitué de votre famille, de vos amis, plus ou moins proches, de vos collègues, anciens ou actuels, de vos partenaires professionnels en tout genre (clients, fournisseurs, prestataires...). Au gré des conversations, vous pourrez glisser votre envie de vous mettre à votre compte et donner quelques indications sur votre projet. Attention tout de même à ne pas trop en dire : une bonne idée est si vite copiée... Vous pouvez également consulter les offres d'association qui circulent sur Internet.

Quelles vérifications faire ?

Si vous avez trouvé votre associé potentiel, reste à vérifier que c'est la personne idéale. On compare souvent l'association au sein d'une société à un mariage. Il faut ainsi vérifier que les différents associés partagent les mêmes valeurs en termes de management de l'entreprise (peuvent ainsi se confronter une gestion plutôt prudente et une propension à la prise de risques) et d'éthique. Il faut bien entendu vérifier que la vision du projet est la même, en termes de stratégie de développement, de qualité du produit ou du service et d'investissements financiers à fournir.

Il est nécessaire de se renseigner sur le passé de l'associé potentiel, tant en termes financiers que juridiques. Notamment, il s'agit de savoir s'il ne fait pas l'objet d'une procédure collective pouvant aboutir à la vente de son patrimoine. S'il est marié sous le régime de la communauté, il est également essentiel que son conjoint renonce à la qualité d'associé à laquelle il peut prétendre. Prendre des références, comme dans le cas d'une embauche, est une sage précaution.

Enfin, il faut s'assurer d'une adéquation des personnalités : une lutte entre deux ego surdimensionnés peut être fatale à l'entreprise. Demander conseil à son entourage est indispensable pour avoir un avis plus objectif sur la personne.

Quelles précautions prendre ?

Il s'agit tout d'abord de définir la hauteur des investissements : l'un des associés sera-t-il majoritaire ou y aura-t-il co-gérance ? Dans le cas du recours à une association pour obtenir des fonds, il est fortement recommandé de rester majoritaire, au risque sinon de perdre petit à petit la maîtrise de son projet.

Dans tous les cas, un pacte d'actionnaires (pour les SA) ou un pacte d'associés (pour les SARL) est très utile. Ce document, rédigé sous seing privé, souvent suivant les conseils d'un avocat d'affaires, permet de préciser tous les points qui faciliteront la collaboration des différents associés. Cela inclut :
- le partage des pouvoirs et les moyens de contrôle des associés non dirigeants,
- les règles de répartition des résultats de la société entre dividendes et mise en réserve,
- les modalités de règlement des litiges,
- les conditions de cession des parts d'un associé. Beaucoup d'options sont alors possibles : clause de préemption pour les autres associés, clause permettant de préserver l'équilibre des pouvoirs, clause obligeant les minoritaires à vendre en cas de rachat par un tiers, clause interdisant toute cession pendant une période de temps donnée...
- une clause de non-concurrence.
Si l'un des associés est l'inventeur d'un procédé ou d'un prototype qui servira à l'activité de l'entreprise, il a également intérêt à déposer un brevet en son nom propre au préalable.

Quelles règles se fixer au quotidien ?

Au démarrage d'une société, les associés ont généralement des rôles interchangeables. C'est utile pour poser les bases et s'assurer que chacun dispose de toute l'information. Par la suite, avec le développement de l'activité, cela peut se révéler un handicap. Il faut alors fixer précisément qui fait quoi, par écrit, et produire le cas échéant un organigramme à communiquer aux salariés et partenaires. Tout repose ensuite sur une bonne communication interpersonnelle : ne pas laisser perdurer les conflits larvés et les non-dits. Pris dans le feu de l'action, les paroles peuvent bien sûr dépasser la pensée : il faut alors crever l'abcès et s'excuser dès que les émotions négatives se sont dissipées.

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