L'Américain SiFive se lance dans la conception de puces open source

La start-up applique le principe de l'open source aux microprocesseurs. En ligne de mire : réduire le ticket d'entrée sur un marché dominé par quelques acteurs du monde propriétaire.

Un groupe de chercheurs de l'Université de Californie lançait en avril dernier une fondation visant à porter un projet d'architecture de processeur open source (le projet RISC-V). Ces chercheurs passent maintenant à la vitesse supérieure : ils lancent une entreprise, baptisée SiFive, visant à commercialiser leur technologie. SiFive doit développer des puces reposant sur l'architecture open source RISC-V. 

RISC-V se présente sous la forme d'une spécification décrivant le fonctionnement d'un microprocesseur. Un "set" d'instructions qui doit pouvoir servir de point de départ à la conception d'une puce complète, avec son jeu d'extensions personnalisées. RISC-V est publié sous licence BSD (pour Berkeley Software Distribution). Principal avantage de cette licence : autoriser la réutilisation de tout ou une partie d'un logiciel ou d'une architecture sans restriction, que ce soit dans un composant libre ou propriétaire.

SiFive annonce pour l'heure plancher sur deux types de processeur : l'un taillé pour l'Internet des objets, l'autre pour les serveurs. 

Casser le monopole des acteurs propriétaires

Pour défendre les bienfaits de leur démarche, les fondateurs de SiFive reprennent les principaux arguments généralement mis en avant dans l'univers open source. Selon eux, appliquer le concept du logiciel libre aux processeurs contribuera à en réduire les coûts de conception. Ce qui, par conséquence, "permettra d'ouvrir un marché largement dominé par quelques acteurs propriétaires", pointent-ils. Autre avantage mis en avant, les puces RISC-V pourraient, aussi, contribuer à réduire les royalties et frais de licence que les constructeurs de matériel doivent verser pour avoir le droit d'intégrer certains processeurs (on pense évidemment au concepteur de puce ARM).

Plusieurs géants de l'informatique ont déjà rejoint la fondation RISC-V. C'est notamment le cas de Microsoft, Oracle, Google, HPE, IBM ou Western Digital. Mais ces entreprises n'ont pas précisé ce qu'elles souhaitaient tirer de la technologie RISC-V.

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