Dossier Comparatif : 4 plateformes pour gérer une app mobile dans le cloud

Avec leurs solutions de MBaaS, Google, Azure, Amazon ou Salesforce prennent en charge la gestion complète du back-end d'une application mobile, des notifications push au suivi analytics. Leurs offres au banc d'essai.

Bonne nouvelle pour les développeurs d'applications mobiles. Ils peuvent se consacrer à l'essence de leur métier – la créativité – et se décharger de la gestion du back-end en le déportant dans le cloud. Google Cloud, Microsoft Azure, Amazon Web Services, Salesforce… Tous les grands noms du cloud proposent un ensemble de services dédiés à ce domaine connu sous l'acronyme MBaaS (pour Mobile Backend as a Service).

En reliant une plateforme cloud aux applications mobiles via des APIs et des kits de développement logiciel (SDK), ce type de solution assure de nombreux services comme la gestion des données synchronisées, l'authentification utilisateur, la transmission de notifications (push), l'intégration aux réseaux sociaux, la géolocalisation, ou encore le reporting des crashs et des bugs.

Le périmètre du MBaaS recouvre aussi le test

Sur la partie analytics, un MBaaS peut remonter des données sur les utilisateurs (âge, sexe, zone géographique...) et leurs comportements (fréquence d'usage, taux de désinstallation...). Suivant les offres, on trouve aussi des fonctions avancées dans l'AB testing ou la gestion des configurations des terminaux mobiles.

Le MBaaS pousse aussi son périmètre fonctionnel vers le test, des émulateurs virtuels permettant de tester une application sur un très grand nombre de configurations. "90 % des tests sont probants", tempère Amaël Matheoud, fondateur de l'agence Mobicraft, qui a conservé un parc de terminaux mobiles physiques. "Sous iOS, il y a aucun problème. En revanche, sous Android, la surcouche des constructeurs peut engendrer des bugs."

Des plateformes regroupant dans une même interface tous les outils de développement d'apps mobiles

Ce type d'offres multiplateformes (iOS, Android, Windows…) présente l'intérêt de réunir dans une même interface toute la boîte à outils. Il comble aussi le vide laissé par Parse, un outil populaire chez les développeurs qui a été fermé par Facebook il y a un an.

Un paiement à l'usage calqué sur la vie de l'application

Enfin, l'approche cloud présente aussi un modèle économique intéressant. Présentant certes un nombre de fonctionnalités et un volume de données transférables limités, les versions gratuites des offres de MBaaS permettent de démarrer un début de back-end. Ensuite, la tarification à l'usage se calque sur la vie de l'application. "Cela coûte zéro au départ, et si l'application rencontre le succès son propriétaire aura de quoi financer les services consommés", apprécie Amaël Matheoud.

Reste quelques bémols à la clé. A commencer par la sécurité et la confidentialité des données, dont certaines nominatives, qui constituent un obstacle rédhibitoire dans des secteurs comme la banque ou santé. Selon les offreurs de cloud, ce frein est avant tout psychologique et on ne le retrouve pas chez les petites structures, en particulier les start-up.

Ingénieur en développement chez Octo Technology, Thomas Dalous soulève aussi la question de l'usage qui peut être potentiellement fait par les géants du cloud de la collecte des données d'utilisation des applications mobiles. A commencer par Google dont le fonds de commerce est la data. Le groupe américain "a déjà la main sur le système d'exploitation avec Android, il pourrait aussi vouloir nous rendre captif sur le développement mobile", pointe l'expert.

Google est, de fait, très actif sur ce marché. Après avoir racheté Firebase en octobre 2014, il vient de mettre la main, en ce début d'année, sur Fabric, la plateforme de développement d'applications mobiles de Twitter.

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