Cloud Open Source : 2014, l'année où OpenStack aura pris son envol

Open Stack : pourquoi ça décolle Ne suscitant qu'un intérêt limité jusqu'en 2013 la solution open source permettant de bâtir des clouds privés termine 2014 sur des notes nettement plus triomphales.

OpenStack a enfin décollé. Ne suscitant qu'un intérêt limité, voire des réactions méfiantes, jusqu'en 2013, la solution termine 2014 sur des notes nettement plus triomphales. Elle est tout simplement en train de s'imposer comme une solution majeure dans le cloud computing, et plus précisément en tant que solution open source de référence pour bâtir des clouds, qu'ils soient publics ou surtout privés (voir graphique ci-dessous).

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7 déploiements d'OpenStack sur 10 en production concernent des clouds privés, hébergés ou on-premise.   © Fondation OpenStack

A quoi est dû ce décollage un peu tardif ? Plusieurs barrières qui pouvaient freiner l'ascension d'OpenStack se sont en fait levées cette année. Il y en eu au moins quatre.

1- La solution n'a désormais plus de concurrence

La première barrière levée : la solution n'a désormais plus vraiment de concurrent. Ce n'était pas le cas l'année dernière. Sur un marché pas encore aussi vaste qu'aujourd'hui, OpenStack devait alors rivaliser avec CloudStack et Eucalyptus, deux autres solutions open source permettant de bâtir des clouds de type IaaS. Mais Eucalyptus s'est fait avaler par HP en septembre dernier, et l'avenir que lui réserve le géant informatique n'est pas encore connu. Quant à CloudStack, Citrix l'a abandonné à la Fondation Apache, et là encore, les dernières nouvelles concernant ce projet inspirent plus la prudence que la confiance.

Sans compter que de ces trois technologies, OpenStack est, de loin, celle qui peut compter sur les soutiens les plus prestigieux, et celle qui a attiré les références les plus connues.

2- Le soutien et l'intérêt croissant des ténors

De nombreux ténors de l'IT ont attendu 2014 pour exprimer leur intérêt pour OpenStack. Ça s'est même accéléré en fin d'année. Cisco s'est ainsi offert un spécialiste d'OpenStack, Metacloud, en septembre. Le mois suivant, ce fut au tour d'EMC de mettre la main sur un autre spécialiste de la technologie open source, Cloudscaling. IBM l'a aussi intégré à son offre de cloud en octobre. Et Big Blue emboitait là le pas à HP qui avait lancé son offre Helion, bâtie sur OpenStack, en mai.

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Les principaux contributeurs d'OpenStack © Stackalytics.com

Autant de grands noms de l'informatique qui ont tous décidé de parier sur la solution cette année, et que l'on retrouve dans une désormais impressionnante liste de sponsors, aux côtés de Dell, Intel, Juniper, NetApp, Yahoo!, ou Huawai entre beaucoup d'autres.

3- Des références convaincantes

De belles références peuvent toujours avoir un effet d'entrainement sur l'adoption d'une solution. Bénéficiant d'un base solide sur ce point, en ayant été initialement créé et utilisé par la Nasa et RackSpace, OpenStack peut faire valoir, fin 2014, une longue et belle liste de références. Une liste consultable sur son site officiel où figurent Bull, Wells Fargo, ou encore Bestbuy. Le cas de PayPal a aussi été largement communiqué. Cette liste officielle d'utilisateurs met aussi en avant de nombreuses universités ou structures de recherche (Cern, MIT, Harvard...). En France, Cloudwatt, puis Numergy l'ont retenu. Une liste dont l'allongement s'est encore accéléré cette année, et qui devrait pouvoir lever certaines réticences.

4- Les sceptiques d'hier désormais convaincus

Dernier éventuel frein levé cette année : l'avis auparavant réservé de certains spécialistes est devenu nettement plus positif. Dans un premier temps, certains analystes n'ont en effet pas caché leur circonspection, voire leurs doutes concernant OpenStack.

Fin 2013, un expert du cloud privé du Gartner, Alessandro Perilli, avait ainsi publié un texte très critique. Baptisé "Pourquoi les vendeurs ne peuvent pas vendre OpenStack aux entreprises", son billet avait été largement repris par les médias spécialisés du monde entier. L'information est passée beaucoup plus inaperçue, mais quelques mois après, ce même Alessandro Perilli, très dubitatif fin 2013 sur l'avenir de la technologie, s'est fait embaucher par Red Hat... pour y développer l'activité liée à OpenStack. Il doit donc y croire un peu plus.

Ce n'est pas tout. Une autre analyste employée par le Gartner spécialisée dans les offres IaaS, Lydia Leong, affirmait en 2012 qu'OpenStack allait sans doute devoir attendre encore longtemps avant d'atteindre le stade de la maturité permettant son envol. En 2014, elle a admis que la solution avait finalement atteint ce stade.

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