Le BIM : le bâtiment fait sa transition numérique

L’entrée du bâtiment dans l’ère du numérique apporte une modernité au secteur et permet d’augmenter la qualité des travaux tout en réduisant les coûts. La maquette numérique est l’un de ces bouleversements.

Le Plan de Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB) a été officiellement lancé en février 2015. L’entrée du Bâtiment dans l’ère du numérique apporte une modernité au secteur et permet d’augmenter la qualité des travaux tout en réduisant les coûts. La technologie BIM (Building Information Modeling), également appelée maquette numérique, est l’un de ces bouleversements. Si l’utilisation du BIM est déjà obligatoire dans plusieurs pays, elle le sera en France en 2017 pour tous les marchés publics.

Qu’est-ce que la technologie BIM ?
Le BIM est un processus de travail collaboratif qui utilise une maquette numérique. Celle-ci fait office de base de données partagée et reprend tous les éléments techniques du projet depuis la structure de l’ouvrage jusqu’aux différents corps d’états. Elle permet de modifier en profondeur la manière de concevoir, construire, exploiter et maintenir les bâtiments. Les différentes parties prenantes sont ainsi capables d’agrémenter en temps réel la plateforme collaborative et consulter les informations clés à tout moment (dimensions, coût, fabriquant). Le tout est coordonné par un BIM Manager, qui joue le rôle d’interface entre le Maître d’Ouvrage, l’architecte, l’équipe de Maîtrise d’Œuvre ainsi que les entreprises de construction. Le BIM Manager définit, en accord avec l’architecte et le Maître d’Ouvrage, le protocole d’utilisation de la maquette numérique et participe activement à la synthèse afin de détecter d’éventuelles erreurs.

L’outil prend alors tout son sens lors de l’exploitation et de la maintenance de l’ouvrage. Véritable carte vitale du bâtiment, la maquette BIM permet d’assurer la traçabilité de chaque composant et de déterminer avec plus d’efficacité d’éventuels travaux de rénovation. Les apports du BIM sont caractérisés par un gain en productivité et surtout une meilleure communication au sein des équipes projets. La capacité à anticiper les problèmes et donc à proposer des solutions en amont est considérablement augmentée.
A chaque étape (études de faisabilité, conception, réalisation, fabrication des équipements, entretien, maintenance, etc.), le numérique permet donc d’améliorer l’efficacité des acteurs et faire progresser la qualité des ouvrages.

Les promesses du BIM pour tous les acteurs de la chaîne
La maquette numérique ne se contente pas de modéliser le bâtiment en 3D. Elle permet à ceux qui l’utilisent de préciser la teneur de leur intervention, la nature du support à analyser et mettre le doigt sur certains problèmes avant de commencer la réalisation.

  • La technologie BIM permet de regrouper l’information sur une seule maquette numérique. Les participants au projet se basent sur une unique source d’information. Le BIM permet de construire la maquette au fur et à mesure que de nouvelles données ou informations surviennent. 
  • Le BIM permet une meilleure compréhension des acteurs du projet : il est plus simple d’échanger avec les clients et de minimiser le nombre d’erreurs. Le BIM permet donc un gain de temps considérable et donc de réaliser des gains de productivité.
  • Le BIM permet de respecter le budget et les délais. La technologie permet de contrôler les coûts, limiter le retard et le gaspillage grâce à une meilleure coordination entre les parties prenantes et s’assurer que le projet respectera le budget et les délais de construction.
  • Le BIM permet d’optimiser les commandes. Il est ainsi plus simple de planifier les livraisons de matériaux et d’équipements
  • Le BIM permet de faciliter la maintenance et le SAV.

Le numérique au service de la transition énergétique
Le numérique doit permettre de construire mieux, en poursuivant les ambitions énergétiques et écologiques définies par la législation. Les gains attendus de la technologie BIM ne sont pas uniquement économiques. Les acteurs vont devoir revoir leur façon de concevoir, réaliser et entretenir les bâtiments. Le BIM permet aussi de calculer l’impact environnemental du projet et améliorer ses performances énergétiques tout au long de son cycle de vie.

De nouveaux métiers et formations
Les bénéfices de ce dispositif ont déjà été constatés sur des projets d’envergure (hôpital de Surrey au Canada ou Philharmonie de Paris). Toutefois, malgré les avantages que présente la maquette numérique, 60 % des professionnels du BTP sont encore réfractaires à son utilisation. 
La solution tient sans doute à la formation des équipes. L’adoption de cette technologie nécessite d’y éduquer les différents acteurs du secteur. D’après le Syntec ingénierie, il faudra former près de 80 000 professionnels d’ici 2020. Bon nombre de bureaux d’études ont anticipé le mouvement en faisant l’acquisition de logiciels adaptés tels que « Revit » et en préparant leurs collaborateurs. L’ESTP (Ecole spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie) propose depuis peu un programme dédié aux professionnels et intitulé « Le projet BIM ». L’objectif est d’appréhender les apports du processus BIM durant l’ensemble du cycle de vie du bâtiment (conception, travaux et exploitation). 

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