Digital, Big Data, transformation obligée pour l’entreprise.

S’il n’y a plus de doutes que nous sommes dans l’ère du digital et du Big Data, les entreprises n’ont pas tout à fait encore emboîté le pas de la transformation, et recherchent la piste de l’innovation.

Autres Data Lab et direction Data apparaissent, dans l’objectif de se préparer aux nouvelles orientations du monde de demain. Considéré comme la révolution du 21e siècle, le Big Data a déjà permis des réalisations concrètes, mais suscite aussi les fantasmes les plus fous. Devant cette inconnue, il est difficile de savoir pour les entreprises quelles routes emprunter. C’est dans cette incertitude que les business de demain vont se faire ou se défaire.

Quelles sont les explications de ce bouleversement en cours ?

L’évolution de la performance des ordinateurs, de la capacité de stockage, la digitalisation de l’information grâce à internet ont permis d’avoir accès à une importante masse de données. Depuis la création d’internet les volumes de données disponibles se sont accumulées, les services et habitudes de consommation se sont digitalisés, si bien que nous laissons tous les jours une multitude de données comportementales au travers nos habitudes de consommations et d’interaction en ligne. Le mobile a transformé les usages, l’accessibilité. La multitude de supports : de la tablette, la montre, au Smartphone ; tous ces terminaux qui donnent accès à Internet ont développé ce principe d’ubiquité qui fait que nous, utilisateurs, avons accès à l’information n’importe où et n’importe quand. Plusieurs mathématiciens et statisticiens s’accordent à dire que le Big Data est un pendant de la révolution digitale, notamment de par l’accumulation de données qu’a permis l’internet, mais aussi grâce à l’internet des objets.

De ce principe, de nouveaux modes de consommation se sont installés, depuis l’internet web 3.0, le social est né, les réseaux de personnes se sont créés : blog, forum, réseaux sociaux... l’économie s’est développée sous une forme collaboratif ; du P2P, à l’économie de partage ou ubérisation, ces tendances ont bouleversées nos modes de consommation, mais aussi des secteurs d’activité entiers : transport de personnes (avec Uber), tourisme (avec AirBn’B), location de voiture (avec la location entre particulier), finance (avec les cagnottes collaboratives)…

Selon une étude IDC, les entreprises françaises pourraient bénéficier grâce au Big Data d’un « potentiel de valeur additionnelle » de 54 milliards d’euros en 4 ans. Les enjeux du Big Data sont nombreux : développement des ventes, amélioration de la connaissance clients, économies d’échelles, détection des fraudes… Avec la transformation digitale, l’exigence des consommateurs c’est accrue, la possibilité de comparer les offres et services en quelques minutes permet au client de trouver l’offre qui lui correspond le mieux auprès du fournisseur ou de l’entreprise qui répondra le mieux à un ensemble de critères. De cette orientation client nouvelle, où le consommateur est le véritable décideur ou manager de l’offre qui lui convient le mieux, provient l’idée du VRM ou Vendor Relationship Management. A contre-pied du CRM, le VRM est le principe selon lequel le client est à même de savoir et de trouver l’offre qui lui correspond le mieux. En mettant à disposition à l’entreprise ses données ou critères de recherche celui-ci mettrait alors en concurrence par le biais d’une plateforme, des réseaux d’entreprises. L’exemple appliqué à l’administration française avec le projet d’état plateforme.

Quelles solutions pour les entreprises et organisations ?

La transformation digitale ou Big Data est complexe, d’une part parce qu’elle s’appuie sur des données statistiques qui évoluent, s’améliorent à l’usage et l’apprentissage et nécessitent de mettre en œuvre des stratégies de tests and learn permanentes. D’autre part parce que les entreprises ne sont bien souvent pas préparées à accueillir ce modèle de fonctionnement par l’expérience ; que les infrastructures informatiques ne permettent pas de mailler ces informations et que l’expertise n’a pas encore été ou très peu internalisée. Sur ce dernier point, les entreprises devront être en mesure de recruter de nouveaux profils et de repenser leur organisation. Comme beaucoup l’ont déjà entrepris, en distillant dans les organisations des services dédiés pour apporter cette connaissance et insuffler le changement. Un autre défi pour les entreprises mais surtout le défi du dirigeant de demain, sera de prendre des décisions sur la base du probable, de modèles statistiques.

Qui dit transformation digitale dit aussi transformation des infrastructures que sont les back office et front office de l’activité de l’entreprise. Les technologies ont évolués cloud, SAAS, API, la tendance est à la simplification des solutions, qui peuvent désormais s’interconnecter facilement. Les DSI doivent s’orienter vers des solutions « digital ready », BPM (Business Process Modeling)…, soit des applications légères, mais à forte valeurs ajoutées en gardant en tête l’idée de Time to Market.

Un axe de travail est aussi de favoriser l’émergence d’idées et la productivité via les outils collaboratifs, en facilitant les échanges et l’interaction en interne. Si les entreprises travaillent de manière silotée, la mise en place d’outils collaboratifs est un moyen de casser ces silos. En adaptant les usages du quotidien aux usages dans l’entreprise, par exemple le chat, les applications, les wikis, flux RSS, réseaux sociaux… Il s’agit de tout un écosystème dans lequel nous évoluons, mais dont souvent la frontière est de l’ordre du personnel alors que ces technologies facilitent bien souvent notre quotidien, il pourrait tout aussi bien faciliter notre travail. Le décloisonnement des responsabilités et de la prise de risque doit également s’opérer, les solutions SI mises en place devraient sans cesse être co-validées par la technique qui développe et le business qui exploite ces outils. Chacun s’appuyant ainsi du meilleur de l’autre : connaissance, retour d’expérience et usages.

Ensuite, l’humain est un facteur important à cette transformation, non seulement les compétences sont primordiales, car la transformation digitale apporte son lot de nouveaux métiers et nouveaux langages tant bien technique que métier. Mais aussi parce que nombreuses sont les barrières psychologiques au changement, et à la prise de décision. Cependant, le véritable enjeu reste avant tout l’innovation.  Sur l’ensemble des entreprises du CAC 40 en mars 2015 : 95% des entreprises observées ont un service de R&D, 79% participent à des incubateurs, 40% ont une communication autour d’une stratégie digitale. Seulement, 20% une fondation pour l’innovation, et 20% des dispositifs d’appels à idées & projets. 

Le changement de modèle économique passe par l’innovation.  Selon Forester, le changement de modèle économique constitue la clé de succès de toute transformation numérique. Or, seulement 25% des entreprises le mettent au cœur de leur stratégie digitale. Les autres ne le font pas au risque de mettre en danger leur pérennité à long terme. Proposer une extension numérique de son activité ne suffit plus. Il faut transformer son modèle économique pour proposer une nouvelle expérience client dans les 10 prochaines années, les transformations digitales seront sans précédent, si bien que beaucoup d’entreprises qui n’auront pas réussie à s’adapter périront.

Enfin, s’adapter c’est aussi s’adapter aux changements de comportements et d’attentes du consommateur digitalDans un monde hyper connecté, il ne suffit plus de délivrer un produit de qualité, il faut aussi fournir une expérience de qualité. Vitesse, facilité, instantanéité, ubiquité sont les nouveaux critères qu’imposent le digital. 

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