20% des pannes de l'internet mobile causées par la météo

Les pannes majeures des réseaux, téléphoniques ou internet, sont principalement dues à des problèmes matériels ou logiciels, mais aussi aux phénomènes naturels. C'est là le principal enseignement d'une étude de l'Enisa.

Agence européenne chargée de la cybersécurité, l'Enisa vient de publier un rapport inédit sur les différentes pannes que l'Internet ou les réseaux de communication mobile ont pu connaître en 2011 en Europe. L'Enisa a ainsi pu compter 51 incidents majeurs. Un chiffre qui devrait être multiplié par dix l'année prochaine "car les pays ont désormais mis en place des systèmes plus mûrs pour mieux repérer ces incidents", prévient le rapport.

Cependant, concernant les incidents répertoriés en 2011, plusieurs tendances intéressantes se dégagent assez nettement. D'abord, une majorité d'entre eux ont affecté l'internet mobile (59%) et la téléphonie mobile (61%). Et ce sont précisément les incidents dans la téléphonie mobile qui touchent le plus de personnes : ils ont affecté en effet 400 000 utilisateurs en 2011, soit deux fois plus que ceux concernant l'internet mobile.

Des incidents avant tout causés par des défaillances logicielles ou matérielles

La plupart des incidents analysés par l'Enisa ont pour cause une défaillance d'un logiciel ou d'un matériel (47%) ou d'un tiers (33%). C'est d'ailleurs finalement pour toutes ces raisons qu'Orange a connu début juillet une gigantesque panne sur son réseau, qui a affecté près de 30 millions de personnes et qui a duré plus de 12 heures. Pour rappel, la panne provenait d'une mise à jour logicielle au sein de matériel d'Alcatel-Lucent, réalisée avec l'aide de ce dernier...

"Les communications mobiles sont proportionnellement plus victimes de ces défaillances logicielles ou matérielles que celles transitant par la téléphonie fixe ou l'internet fixe. Cela peut être dû à la complexité croissante d'un réseau comme celui de la 3G, dont nous sommes aussi de plus en plus dépendants, mais aussi au manque de redondance, ou tout simplement au fait que les réseaux les plus modernes utilisent des matériels ou des logiciels moins fiables et moins matures", analyse le rapport.

Peu d'incidents d'origine criminelle

Autre facteur favorisant les incidents sur les services mobiles : la trop faible autonomie (de 4 à 8 heures) des batteries de secours dont disposent les antennes du réseau. "Ce qui est suffisant pour la plupart des pannes d'électricité fréquentes, mais pas pour des pannes plus sérieuses", fait remarquer l'Enisa. D'autant que sur la totalité des incidents observés (téléphonie, internet), 12% sont dus à des phénomènes naturels (tempêtes, inondations, neige abondante, etc.). La proportion monte à 20% pour la téléphonie mobile ou l'internet mobile. Et ces incidents sont en général les plus longs. Ils durent en moyenne 45 heures, contre 17 heures pour ceux causés par les défaillances matérielles ou logicielles.

A noter, enfin, que seuls 6% des incidents de réseau sont dus à une attaque. C'est donc beaucoup moins que les pannes de réseau causées par un câble sectionné (14%).

Réseaux / 3G