Emmanuel Arendarczyk (Netbooster) "La télévision numérique va donner un nouveau souffle au référencement naturel"

Bing, Flashcode, App Store et autres places de marché d'applications mobiles... Le spécialiste du SEO fait le point sur les nouveaux canaux de référencement naturel.

JDN Solutions. De plus en plus, stratégie marketing et référencement s'imbriquent. Quel est le degré de maturité de vos clients sur cette question ? 

Emmanuel Arendarczyk. Nous recommandons à nos clients d'intégrer le volet du référencement dès la création d'un site, et plus globalement dès le lancement d'une campagne de communication. Tout contenu créé par l'entreprise à destination de l'extérieur doit d'ailleurs être pensé pour le référencement, en vue de rapporter du trafic. Il peut s'agir de descriptifs produits, de communiqués de presse, mais également de vidéo. Nos clients commencent à intégrer cette dimension.

L'idée est d'exploiter les trois grands canaux que sont les moteurs de recherche Web, les réseaux sociaux, et les services de recherche mobile. Il est important aussi d'analyser ce que les nouveaux canaux de référencement qui pourraient émerger de demain. La télévision numérique sera vraisemblablement l'un deux, avec la montée en puissance annoncée des ventes de nouveaux terminaux dans ce domaine dès 2011. C'est également le cas de ce que nous appelons le référencement offline, avec l'utilisation de Flash code permettant de faire le lien entre un produit en magasin et un site d'e-commerce par exemple. 

Conseillez-vous à vos clients d'être présents sur les places de marché d'applications mobiles ?  

Nous poussons les annonceurs à se positionner en premier sur les places de marché de l'Iphone d'Apple, des smartphones sous Andoid et du Blackberry. Comme pour le référencement naturel traditionnel, le premier entrant a en effet un avantage. C'est aussi pour cette raison que nous incitons nos clients à s'interroger sur l'opportunité d'une application pour tablette tactile, mais aussi d'anticiper l'arrivée de la télévision numérique. Pour être bien positionner dans l'App Store d'Apple, la notoriété compte, le nombre de téléchargements, mais aussi le nombre d'avis. Il est aussi important de prendre contact avec le constructeur qui fait des arbitrages sur la partie "Sélection".  

A la différence d'un site Web mobile qui sera conçu pour le long terme, autour d'une marque par exemple, une application mobile, elle, a généralement plus pour vocation de générer du trafic et des contacts à court terme, autour d'un événement ou d'un lancement de produit. L'idée est de faire du buzz sur les réseaux sociaux.  

 

"Il suffit d'une quinzaine d'actions dans Facebook ou Twitter pour qu'un résultat apparaisse dans Google"

Comment les moteurs de recherche vont-il s'intégrer à la télévision numérique ?

Avec Youtube, Google est très intéressé par la télévision numérique. Son objectif est de proposer ses contenus vidéo par le biais de ce nouveau canal. Au-delà de Youtube, Google travaille à l'intégration de son moteur de recherche aux nouvelles interfaces de télévision numérique. C'est également le cas des grands réseaux sociaux. Pour les annonceurs, c'est un nouveau levier pour travailler sur la longue traine, c'est-à-dire le référencement de contenus plus anciens. Imaginez qu'un téléspectateur puisse lancer une requête sur Google, qui est liée à l'émission qu'il est en train de regarder. Ou encore twitter une information liée à ce programme.  

Certains clients qui investissement du temps en référencement étudient déjà ce nouveau canal. L'autre profil d'acteurs très avancés sur ces questions sont des jeunes pousses qui se lancent sur des niches et souhaitent profiter de ce levier innovant.    

 

Qu'en est-il du référencement sur Google Maps ?  

Comme pour les applications sur l'App Store, le référencement sur Google Maps dépend beaucoup du nombre d'avis et de commentaires publiés sur une enseigne. Sur la requête "Hotel Paris" par exemple, les premières réponses correspondent à celles qui ont recueillies le plus d'avis, mais aussi le plus de photos et de vidéos déposées par des internautes.  

 

Les sites doivent-ils anticiper l'arrivée de Bing en France en version finale ? 

Bing est en version finale aux Etats-Unis où il est également présent comme moteur de recherche sur le portail de Yahoo. Ce rapprochement entre Bing et Yahoo permet au moteur de Microsoft de totaliser une part de marché de 25% outre-Atlantique. Reste à savoir si Microsoft parviendra au même résultat en France et en Europe. Il est difficile de se prononcer sur ce qui peut se passer.

Les deux moteurs fonctionnent de manière un peu différente. Bing vient d'annoncer que son algorithme intégrait un millier de paramètres. Nous observons en tous cas que Bing s'appuie sur l'historique et les contenus des gros sites, et moins sur les liens entrants à la différence de Google.  

Mais, Bing peut tirer son épingle du jeu grâce à son partenariat étroit avec Facebook. On peut en effet imaginer une imbrication intelligente des deux univers. Correctement intégrés, les réseaux sociaux et leurs contacts peuvent apporter des réponses pertinentes aux requêtes posées dans le moteur. Microsoft présente donc un certain potentiel, et a les moyens de devenir un bon challenger de Google.

 


La personnalisation des résultats Google change-t-elle fondamentalement le travail de référencement ? 
 

La personnalisation des résultats Google est réalisée grâce au compte de connexion Google de l'internaute. S'il ne dispose pas de compte, elle est gérée par le biais d'un cookie, et par défaut via l'adresse IP de connexion qui permet à Google de localiser le visiteur. La personnalisation ne porte pas seulement sur les résultats, mais également sur la publicité et les liens sponsorisés. Dès lors, Google ne vend plus seulement du CPM en fonction de requêtes, mais croise la requête de l'internaute avec son profil [ndlr historique de recherche, de consultation...

 

Cette mutation nous conduit d'une part à renforcer le travail de ciblage des sites que nous référençons. Les sites et les contenus doivent être conçus différemment en fonction du public que l'on souhaite viser. D'autre part, ce changement pousse à actionner tous les leviers qui se situent en dehors du site, pour renforcer sa notoriété, sa e-réputation. Les réseaux sociaux qui concentrent une grosse partie du trafic Internet représentent ici des espaces clés. Les contributions publiées sur une marque doivent être analysées. Il est important de repérer les contributeurs positifs pour les mettre en valeur. Et à l'inverse, convaincre les internautes ayant publié des avis négatifs, car tout ce qui est dit sur une marque est important. 

Parfois, il suffit d'une quinzaine d'actions négatives dans Facebook ou Twitter pour qu'un résultat apparaisse dans les parties Actualité, Blog ou temps réel de Google. Et une baisse de notoriété d'une marque engendre mécaniquement une baisse du taux de clic dans les moteurs de recherche.    

 

Emmanuel Arendarczyk est responsable SEO et R&D chez Netbooster.

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