Google Penguin : l'avis de six référenceurs Alexandre Villeneuve : "Les référenceurs ne doivent pas se faire intoxiquer par la communication de Google !"

consultant en seo depuis 2006, alexandre villeneuve est aussi l'ex-président de
Consultant en SEO depuis 2006, Alexandre Villeneuve est aussi l'ex-président de l'association SEO Camp. © A.Villeneuve

Alexandre Villeneuve : "Pingouin est le doux nom d'une mise à jour de Google, qui, alliée au fameux Panda,  vise à lutter contre les techniques "webspam" utilisés par les SEO dits black hat. Cette façon de cibler une partie des référenceurs est une bonne occasion de proposer une typologie personnelle du métier.

Le white hat (ou référenceur bisounours), s'il ne respecte pas au pied de la lettre les guidelines Google, il les utilise pour justifier une approche très prudente. Il parle depuis longtemps de qualité, de linkbait (attirer le lien avec du contenu original), de buzz... Mais sa vision long terme paraît souvent seulement adaptée aux grandes marques ayant des gros budgets éditoriaux et de communication.

Du côté obscur de la force, on retrouve le black hat. Sa particularité est d'utiliser un maximum l'automatisation (avec des logiciels ou des développements spécifiques), que ce soit en terme de contenu ou de liens entrants.

Et le grey hat ?


Continuellement dans le viseur de Google, la prise de risque du black-hat est maximum. Avec les mises à jour Panda et Pingouin certaines batailles contre lui sont en passe d'être gagnées par le moteur.

Panda, luttant contre le contenu "mixé" pour générer des pages en masse (landing pages), a pénalisé de nombreux comparateurs ou sites de flux d'actualités (Wikio a même subi un coup de bambou mortel).

Pingouin, s'attaquant quant à lui au netlinking de masse (communiqués de presse, échanges/achats de liens, annuaires, commentaires de blogs...), semble aussi avoir touché ses cibles. L'agitation actuelle du milieu black hat le confirme.

Mais au-delà de cette vision manichéenne, se cache le type majoritaire : le grey hat. Il n'a pas les moyens d'être white hat, mais n'a pas le goût du risque d'un black hat.

Entre deux, il touche parfois à des techniques qui frisent avec le black hat (parfois sans le savoir). Et lorsqu'il est pénalisé par Panda ou Pingouin, il crie à l'injustice. En effet, malgré sa bonne foi, il voit subitement la fin de son activité, alors qu'il a l'impression que Google laisse tranquille les grandes marques concurrentes et même des blacks hats plus rusés.

Écœurés, certains ont lancé une pétition "Google : tue ta mise à jour Pingouin !" D'autres, comme Twenga, intentent même des procès contre Google. 

"Pas de révolution. Référenceurs : continuez à optimiser !"

Google injuste ?

Nous sommes loin de l'époque des pionniers du web, où des pans entiers étaient à explorer, il suffisait de lancer un site pour s'y positionner. Aujourd'hui, hormis quelques niches, tous les sujets sont traités par de nombreux sites. La concurrence est globalement extrêmement forte et, pour une requête, des dizaines voire des centaines de sites pourraient se positionner dans les premiers résultats sans que les internautes crient au scandale.

Google peut donc se permettre de pénaliser certains sites sans remettre en cause la qualité de sa recherche : les sites les plus white hat remplaceront les autres. D'une certaine manière, avec ce type de mise à jour, il cherche autant à améliorer ses résultats, qu'à faire rentrer les référenceurs dans ses Guidelines.

Le référencement doit être bio selon Google

Ses nouveaux mots d'ordres donnés aux référenceurs et webmasters : Désoptimiser ! Faites de la qualité ! Soyez naturel ! Plutôt que "désoptimiser", il faudrait utiliser le terme "évoluer".

Pendant plusieurs années, les évolutions de Google étaient plus subtiles et pouvaient permettre aux référenceurs d'évoluer plus en douceur. Mais il est loin le temps des pages satellites, des mots-clés cachés ou du cloaking (proposer un contenu différent à Google et aux internautes). En réalité, pas de révolution, continuons à optimiser !

 

"Lorsqu'on regarde les guidelines de Google, on se demande parfois si un référenceur peut réellement les respecter."

La qualité selon Google : un concept mythologique

La qualité est le Graal pour Google. Mais il reste un robot et lorsqu'il "lit" un contenu, il est incapable de le comprendre et donc de définir si le contenu est de qualité. Il lui reste alors à passer ses algorithmes pour vérifier si ce contenu n'est pas repris d'un contenu ailleurs (contenu dupliqué), si des liens pointent vers ce contenu (PageRank), si le site est de confiance (autorité), si les internautes en parlent sur les réseaux sociaux...

La qualité est un concept mythologique, un contenu n'est pas de même qualité pour tous les internautes. A la requête "fusion nucléaire" un article scientifique sur la fusion nucléaire sera vu comme pertinent pour un chercheur, mais complètement inutile pour un internaute lambda. En réalité, la qualité n'existe pas, continuons à optimiser !

 

En réalité, celui qui comptera sur le "naturel" restera sur place

Lorsqu'on regarde les guidelines de Google, on se demande parfois si un référenceur peut réellement les respecter. Google avec sa vision très "peace and love" du Web imagine la toile comme un Eden, où chacun serait à sa juste place sans chercher à s'imposer, ce qui entraîne leur mantra : créer du contenu de qualité à destination des internautes, ceux-ci créeront naturellement des liens vers votre sites...

Doux rêve, valable seulement pour quelques grandes marques fortes d'une communauté (l'exemple typique : Apple), mais absurde dans la plupart des autres cas, certains n'ayant même pas réellement de contenus à fournir (quoi dire d'intéressant sur un plombier ?). En réalité, celui qui comptera sur le "naturel" restera sur place, continuons à optimiser !

Les référenceurs ne doivent pas se faire intoxiquer par la communication de Google. Ils doivent continuer à benchmarker les pratiques des concurrents, tester de nouvelles pratiques... pour développer leurs propres stratégies. Ils doivent évidemment avoir conscience qu'il y a des risques et prévoir les ressources suffisantes pour prendre des mesures correctives lorsque le vent tourne. Et, surtout, ils doivent continuer à optimiser !

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