Oracle en proie au démon des extensions payantes pour MySQL

En annonçant trois nouvelles extensions payantes pour sa base de données issue du rachat de Sun Microsystems, Oracle prend le risque de s'attirer une nouvelle fois les foudres de la communauté Open Source.

Vécu comme un traumatisme par plusieurs ex-dirigeants de Sun, le rachat de leur société par Oracle a notamment été motivé par la reprise d'un joyau de l'Open Source : MySQL.

Si depuis 2009, Oracle tente de calmer le jeu vis-à-vis de la communauté du Libre, en s'engageant notamment à maintenir MySQL dans la sphère Open Source, cela ne l'a pas empêché à prendre des chemins de traverse pour doper la version commerciale de la base de données.


Dernière politique produit en date : doper le nombre d'extensions commerciales supplémentaires, offertes avec la version Entreprise de MySQL pour les configurations système sous Windows.

Officiellement, il s'agit pour Oracle d'apporter aux entreprises un net gain en termes de performance et de évolutif en termes de montée en charge, en particulier pour les applications supportant un nombre élevé de connexions - notamment pour les configurations de systèmes à 16 cœurs et plus. Mais, impossible de ne pas y voir une volonté d'accroître la rentabilité des activités MySQL du groupe de Larry Ellison.


Trois nouvelles fonctionnalités disponibles à l'essai gratuit pour 30 jours

Car seul l'abonnement à la version Entreprise (5 000 dollars par an et par serveur disposant au maximum de quatre sockets) inclut désormais un template Oracle VM permettant d'accélérer le temps de déploiement des bases de données, le support de Windows Server Failover Clustering - utile pour répondre à des besoins de haute disponibilité - et des routines de programmations (API) natives pour Pluggable Authentication Module (PAM) et les systèmes d'authentification Windows.

Les nouvelles fonctionnalités, qui viennent compléter l'éventail des extensions commerciales existantes tel qu'Enterprise Monitor (disponible en standard jusqu'à fin 2010), sont disponibles et à l'essai gratuit pendant une période de 30 jours. Après cette période, il est nécessaire de souscrire à un abonnement de support, compris entre 2 000 et 5 000 dollars par an suivant les versions.


Alors qu'Oracle a assuré la Commission Européenne de sa volonté de conserver le caractère Open Source de MySQL, il n'en reste pas moins libre d'empiler des briques additionnelles payantes lui permettant de monétiser le serveur, et in fine rentabiliser pour partie le rachat de Sun en 2009.

Le fait de réserver les extensions commerciales à une certaine catégorie d'utilisateurs et de ne pas les fournir par défaut dans l'offre de base n'a, en soi, rien d'exceptionnel dans le monde de la licence Open Source commerciale.

Mais, cette politique produit aura à coup sûr le don de s'attirer une nouvelle fois les foudres des ardents défenseurs du Libre en général, et de MySQL en tant que solution faite par et pour la communauté Open Source en particulier.

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