Les fonds d'investissement lorgnent les incubateurs... Et inversement

Partech co-working Partech va ouvrir un espace de co-working à Paris pour les start-up de son portefeuille. De plus en plus, des tentatives hybrides, entre accélérateur et investisseur, voient le jour.

Le fonds d'investissement Partech Ventures va ouvrir un lieu à Paris dédié aux start-up dans lesquelles il a investi, révèle Le Figaro. La Fourchette, Alltricks, Evergig, Sketchfab, Teads ou encore Ventealapropriete pourront se rassembler dans cet espace, situé rue du Louvre. Selon Philippe Collombel, Managing Partner, interviewé par le quotidien, il ne s'agira pas d'un incubateur qui aide des jeunes pousses à se constituer, mais un "catalyseur de succès" destiné à des start-up déjà opérationnelles et en pleine croissance. Objectif : créer une émulation entre les start-up et leur permettre de partager leurs ressources et compétences.

Des partenaires industriels, médias ou technologiques pourraient être associés à l'expérience pour développer des synergies avec les sociétés financées par Partech. Des locaux, des partenaires... L'initiative de Partech ressemble fort à un post-incubateur, en quelques sortes, destiné à prendre la suite de ceux qui existent déjà et accompagnent des sociétés n'ayant pas encore levé de fonds. Une manière de booster la croissance des start-up après leur premier tour de table en les mettant en relation, et un signe que le fonds d'investissement se montre décidé à mettre de plus en plus de ressources à disposition de ses start-up. D'ailleurs, plusieurs initiatives récentes tendent à montrer que la frontière entre investisseur et accélérateur pourrait d'ailleurs être en train de s'atténuer.

50 Partners finance les start-up

50 Partners, pépinière et espace de co-working, a fait le chemin inverse de Partech Ventures. L'incubateur fondé en 2012 par Jérôme Masurel et Charles Fourault, qui accompagne des start-up pendant 18 mois en échange de 7% de leur capital en leur donnant accès à ses locaux et à son réseau de partenaires, a annoncé en mars qu'il se lançait dans le capital-risque. Il prêtera entre 50 000 et 150 000 euros aux start-up sous forme de Bons de Souscription d'Action Autonome (BSA). Les BSA sont convertis en actions au moment de la première levée de fonds.

Ni accélérateur ni vraiment investisseur, le studio eFounders offre aussi une alternative originale. Fondé par Thibaud Elzière, Quentin Nickmans, Matthieu Vaxelaire et Didier Forest en 2010, eFounders se définit comme un "start-up studio fondé par des entrepreneurs pour des entrepreneurs" (voir le reportage : "eFounders, un petit Rocket Internet au cœur de Paris", du 06/03/14). Mailjet et Mention, par exemple, ont vu le jour entre les murs du studio. Le principe : mettre en œuvre les idées de start-up (principalement des logiciels Saas) qui ont germé dans l'esprit des co-fondateurs en recrutant des talents extérieurs. Les logiciels sont développés en interne grâce aux ressources d'eFounders, jusqu'à la première levée de fonds. Une manière de remplacer l'accélérateur mais aussi d'apporter les fonds nécessaires à la création avant que n'interviennent les investisseurs.