Le DOOH programmatique, levier de complémentarité dans un mix média structuré par les walled gardens

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Travailler avec les walled gardens est devenu essentiel. L'enjeu aujourd'hui : comment les intégrer sans déséquilibrer son mix média et maximiser l'impact global ?

Dans un écosystème publicitaire largement structuré autour des grandes plateformes digitales, la question n’est plus de savoir s’il faut travailler avec les walled gardens, mais comment mieux les intégrer dans une stratégie média globale.

Le social, le display ou le retail media jouent aujourd’hui un rôle central dans les stratégies des annonceurs. Leur puissance d’audience, leurs capacités de ciblage et leurs outils d’optimisation en font des leviers incontournables. Mais cette concentration des investissements sur quelques environnements pose aussi une autre question : comment continuer à se différencier, à émerger et à maximiser l’impact global des campagnes dans des écosystèmes très sollicités ?

C’est dans cette logique que le Digital Out-of-Home programmatique (pDOOH) s’impose progressivement comme un levier de complémentarité et de diversification stratégique.

De l’opposition à l’orchestration des leviers

Opposer DOOH et grandes plateformes digitales n’a plus de sens aujourd’hui. Les stratégies les plus efficaces reposent au contraire sur leur capacité à fonctionner ensemble. Le DOOH intervient là où les environnements digitaux ne peuvent pas aller : dans le monde physique, au cœur des flux de mobilité, dans des contextes réels de consommation. Il permet de prolonger et d’amplifier des campagnes digitales existantes en apportant une dimension supplémentaire : la présence dans l’espace public, au plus proche des audiences.

Cette complémentarité s’illustre à travers des activations combinant Social et DOOH, notamment avec l’offre Out-of-Phone développée par TikTok, qui vise à étendre les campagnes de la plateforme au Digital Out-of-Home et à en amplifier la portée au-delà du mobile.

Une récente campagne menée aux Pays-Bas pour une marque de produits d’hygiène et de beauté en est une illustration. Elle reposait sur une forte présence dans le centre-ville de Rotterdam, avec des écrans premium diffusant des créations mêlant produit et contenus issus de TikTok. Un même message peut ainsi être découvert sur mobile, puis retrouvé dans la rue. Du scroll à la ville, cette continuité renforce l’impact, la mémorisation et ouvre de nouvelles possibilités créatives.

Le DOOH, un point de contact clé dans le monde réel

Une part importante des décisions d’achat se joue encore dans le monde physique : 84 % des Français déclarent préférer effectuer leurs achats en magasin (Havas Commerce & CSA Consulting). Dans ce contexte, le DOOH occupe une place stratégique : il est souvent le dernier point de contact physique avant l’acte d’achat.

Présent dans les centres commerciaux, les transports ou à proximité des points de vente, le DOOH complète efficacement les campagnes digitales classiques en ancrant la communication là où l’intention d’achat se concrétise. Dans un parcours de conversion, les campagnes digitales peuvent intervenir à différentes étapes : certaines créent de la notoriété et suscitent la considération en amont, tandis que le DOOH cible des zones de chalandise spécifiques pour toucher l’audience au moment clé de son parcours physique, renforçant ainsi l’impact global de la campagne et favorisant le passage à l’action.

L’essor du retail media renforce encore cette logique. Les marques investissent massivement dans les environnements digitaux des distributeurs, mais l’enjeu reste le même : générer du trafic et convertir en points de vente. Et ces points de vente sont aujourd’hui eux-mêmes équipés d’écrans DOOH.

Le DOOH permet ainsi de créer une continuité entre activations digitales et communication en magasin. Cette présence est déjà bien ancrée dans le parcours client : 71 % des consommateurs déclarent avoir été exposés à un média en magasin, et 82 % des 25-34 ans estiment que les écrans DOOH influencent leurs décisions d’achat (étude Shopper Trends, 2025). Le DOOH s’inscrit ainsi naturellement comme un point de contact clé au moment où se joue l’acte d’achat.

Un média interopérable, au service de la performance globale

Contrairement à l’idée d’un média en bout de chaîne, le DOOH programmatique s’intègre pleinement dans le mix media digital. Les annonceurs peuvent orchestrer leurs campagnes en cohérence avec leurs autres leviers, en croisant différentes sources de données, qu’il s’agisse de données CRM, de signaux de mobilité ou de données contextuelles.

Si les walled gardens sont principalement orientés vers la performance et le bas de funnel, le DOOH apporte une réponse complémentaire en réintroduisant des leviers de visibilité, de mémorisation et de considération. Il permet de nourrir le haut et le milieu du funnel, tout en s’inscrivant dans une logique globale de performance.

Cette capacité d’intégration permet de sortir d’une logique de silos entre les canaux. Le DOOH ne vient pas remplacer les autres médias digitaux, mais enrichir leur activation en apportant une dimension physique, contextualisée et visible dans l’espace public. Intégré dans une stratégie omnicanale, il joue un rôle d’amplification en renforçant la présence de la marque dans le quotidien des consommateurs. Il génère ainsi un effet de halo sur les autres leviers, avec des impacts mesurés notamment sur le Search (+54%) et le Social (+20%) (IPA Databank).

Cette contribution s’inscrit également dans une logique de performance mesurable et pilotable. Les campagnes peuvent être analysées à travers des indicateurs tels que le trafic en point de vente, les ventes incrémentales, l’attribution, la mémorisation ou la considération. Le DOOH ne se mesure pas uniquement pour lui-même, mais pour sa capacité à contribuer à la performance globale du mix média et à éclairer les arbitrages.

Enfin, cette approche s’accompagne d’un enjeu d’efficacité économique. Contrairement à certaines idées reçues, le DOOH propose aujourd’hui des niveaux de CPM comparables, voire compétitifs, par rapport à d’autres leviers digitaux comme la vidéo ou le social ads, tout en offrant une visibilité forte et un ancrage dans le monde réel.

Le mythe d’un achat omnicanal du DOOH

Cette capacité d’intégration pose toutefois une question opérationnelle clé : celle des outils utilisés pour activer le DOOH. Si certaines plateformes omnicanales revendiquent aujourd’hui la capacité d’intégrer le DOOH dans un achat global, la réalité du marché est souvent différente. Dans les faits, le DOOH y est encore largement opéré comme un canal à part, avec des logiques d’activation, de pilotage et de reporting distinctes des autres leviers.  

À l’inverse, les plateformes spécialistes du DOOH permettent d’exploiter pleinement les spécificités du média. Elles offrent un accès unifié à un inventaire multi-régies, la possibilité d’activer des données contextuelles fines, ainsi que des capacités avancées d’optimisation en temps réel et de reporting. Cette spécialisation permet un pilotage plus précis des campagnes, de la planification à la mesure. De plus, ces plateformes s’accompagnent souvent d’un accompagnement opérationnel qui permet de lever les freins liés à l’adoption et à la montée en compétence sur ce levier.

Elles facilitent également la lecture de la performance à l’échelle du mix média. Grâce à des capacités de reporting via API, les données DOOH peuvent être intégrées dans les outils de pilotage des annonceurs, aux côtés des autres canaux. Associées à des solutions de mesure comme les dispositifs de Brand Lift, elles permettent d’évaluer concrètement la contribution du DOOH à la performance globale des campagnes.

Rééquilibrer le mix média dans un environnement saturé

Dans un contexte où la place des walled gardens fait l’objet de nombreux débats, l’enjeu n’est pas de s’en détourner, mais de mieux comprendre comment travailler avec ces plateformes tout en se différenciant.

En réintroduisant des points de contact physiques, contextualisés et mesurables, le DOOH permet de compléter les dispositifs digitaux et de reconnecter les campagnes aux moments réels de consommation. Il apporte une forme de diversification dans des stratégies souvent concentrées sur quelques environnements, et s’impose comme un levier complémentaire, capable de renforcer l’efficacité globale des campagnes.