PureTech : la réparation automobile remboursée à 80%, une association révèle comment payer moins cher au garage
Sa Citroën C3 tombe en panne. La facture est lourde. Pourtant, Hubert obtiendra finalement la prise en charge de 80 % de sa réparation par Citroën. Comment ? Que Choisir Ensemble Lyon nous explique.
C'est une histoire tristement banale. En début d'année, la Citroën C3 de Hubert tombe en panne : la courroie de distribution vient de lâcher, un point faible bien connu des voitures munies d'un moteur PureTech. Coût des réparations : 1 236,26 euros. La facture est salée, Hubert paye mais il bronche. Il bronche parce qu'il l'assure, sa voiture est régulièrement entretenue, conformément aux recommandations du constructeur. Hubert n'est pas à l'origine de la panne, il contacte Citroën pour demander une prise en charge financière.
Réponse nette du constructeur français : non il n'y aura pas de remboursement, Citroën estime qu'ici sa responsabilité n'est pas engagée. Hubert décide de frapper à la porte de Que Choisir Ensemble, une aide qui s'avérera déterminante à l'issue du dossier.
Car obtenir gain de cause face à un constructeur automobile ne s'improvise pas. Jacques Reynaud, vice-président de Que Choisir Ensemble Lyon Métropole & Rhône, le sait mieux que quiconque. "Les constructeurs essayent de faire un maximum de profits et donc de payer le minimum de réparations. C'est comme ça, c'est le jeu du commerce, lâche-t-il. Seuls, les consommateurs sont isolés et peinent à se faire entendre". C'est pourquoi l'aide d'une association de consommateurs est précieuse. De plus, Que Choisir Ensemble arrive face à Citroën avec un argument de poids.

C'est la durée de vie de la courroie de distribution qui sera déterminante dans ce dossier. Celle de la C3 de Hubert a lâché après seulement 66 500 km de route. Le constructeur préconise un changement tous les 150 000 km ou tous les dix ans. Or, la Citroën C3 a à peine trois ans. Une usure prématurée qui, aux yeux de Que Choisir Ensemble, ne doit rien au hasard.
"Les moteurs PureTech, comme celui d'une C3, ont un problème de courroie de distribution largement documenté. C'est un défaut de conception, que Citroën connaît bien, on peut donc considérer que c'est un vice caché", détaille Jacques Reynaud. Pour obtenir gain de cause, Que Choisir Ensemble Lyon fait donc jouer la garantie légale des vices cachés. Il ne faut pas longtemps pour que Citroën cède et accepte de prendre en charge 80% de la réparation, soit 989 euros.
Pourquoi 80% et pas 100% ou 50% ? Tout est une question d'âge et de kilométrage. "Sur une voiture très ancienne avec beaucoup de kilomètres, on ne peut pas demander au constructeur de payer la totalité de la réparation. On ne peut pas repartir avec un moteur neuf sans rien payer", explique-t-il.
Lorsqu'une voiture prend de l'âge, le constructeur ne peut être tenu responsable à 100% de l'usure d'une pièce. Mais dans le cas d'Hubert, la balance penche nettement en sa faveur. Trois ans d'âge, 66 500 km au compteur : la voiture est jeune, peu kilométrée, et la panne survient bien trop tôt. "Plus la voiture est jeune et peu kilométrée au moment de la panne, plus la prise en charge sera élevée", résume Jacques Reynaud.
Les problèmes de courroie de distribution sur les moteurs PureTech, Que Choisir Ensemble Lyon en traite régulièrement. Et si la prise en charge varie d'un dossier à l'autre, le vice-président livre un conseil immuable : "Il ne faut pas qu'un client fasse réparer sa voiture en dehors du réseau. S'il fait réparer sa voiture en dehors du réseau, il n'y a quasiment aucune chance d'avoir une indemnisation", prévient-il.
Pour obtenir une bonne prise en charge, Jacques Reynaud va plus loin : avant d'entamer les réparations, "il faut négocier la prise en charge du constructeur", insiste Jacques Reynaud. Obtenir un remboursement après réparation reste une bataille difficile, même pour une association comme Que Choisir Ensemble.