Comment MonGuideSante développe son e-parapharmacie


La vente en ligne de parapharmacie commence à peine à décoller. Les acteurs se multiplient cependant et commencent à dépasser les 5 millions d'euros de chiffre d'affaires.

La parapharmacie est encore peu développée sur Internet. D'abord parce que les pharmaciens n'ont pas le droit de faire de la publicité, sous quelque forme que ce soit. D'autre part parce que les laboratoires refusent encore, pour la plupart, de signer des contrats avec des distributeurs qui n'offrent pas aux clients finaux les conseils de pharmaciens. A cela s'ajoute que les laboratoires imposant souvent le prix facial de leurs produits, les prix sur Internet ne sont pas suffisamment réduits pour amorcer un vrai réflexe d'achat en ligne.

Malgré ces difficultés, les sites de vente de parapharmacie comment à fleurir. L'un d'eux, MonGuideSanté.com, créé en novembre 2005, a ainsi enregistré un chiffre d'affaires 2008 proche de 5 millions d'euros, en croissance de 69 % par rapport à 2007, première année de sa rentabilité. Son audience, de 500 000 visiteurs uniques en décembre, lui rapporte entre 400 et 600 commandes par jour. Un volume d'affaires comparable à ses principaux concurrents, parmi lesquels Pharmadiscount et CocoonCenter.

"Pour convaincre Vichy de nous vendre leurs produits, nous avons développé un univers à leur image sur notre site, vichy.monguidesante.fr, et nous prenons grand soin du packaging, explique Cédric Morelle, gérant de MonGuideSanté. Il a fallu plus de six mois de négociations pour les convaincre. Nous travaillons de la même façon avec Neutrogena, Avène, Sanoflore…"

L'une des difficultés de la vente en ligne de parapharmacie réside dans les fortes variations saisonnières de la demande. Produits minceur au printemps, solaires en été, anti-moustiques en pleine période Chikungunya, etc. "Nous ne pouvons pas non plus anticiper les plans de communication des laboratoires et donc la demande sur certains produits. On ne s'en sort qu'avec beaucoup d'approvisionnement", ajoute Cédric Morelle.

Pour ne pas s'en tenir à un marché encore compliqué, MonGuideSanté a déjà étendu son activité aux produits de beauté. "Dans ce domaine, pour lutter contre Sephora, Nocibé et le Club des Créateurs de Beauté, nous avons dû faire beaucoup d'efforts de packaging. Un investissement payant, puisque nous avons immédiatement constaté une hausse du taux de renouvellement des commandes", précise son gérant. Aujourd'hui, le site désire élargir sa présence aux produits bio, aux produits seniors et aux cosmétiques de luxe. Sauf que là encore, le circuit de distribution spécialisé des grandes maisons ne facilite pas la tâche aux pure players du Web.

"Pour que Dior ou Givenchy vous acceptent comme distributeur, vous devez détenir une parfumerie physique et y employer des conseillers luxe." En attendant de trouver comment se glisser dans cette description, MonGuideSanté prévoit de créer des sites de e-commerce dédiés pour ces marques, ainsi qu'une nouvelle structure commerciale pour gérer ces nouveaux contrats de distribution.

Evidemment, la crise entraîne un ralentissement de la vente des produits cosmétiques. Et l'augmentation du nombre de concurrents risque de finir par peser sur la visibilité de MonGuideSanté, qui pour l'instant mise uniquement sur le référencement naturel. "Nous continuerons comme cela en 2009, mais nous avons budgété du référencement payant pour 2010", admet Cédric Morelle.

En attendant de trouver des partenaires financiers qui viennent soutenir son développement, MonGuideSanté devrait poursuivre son expansion à l'étranger. "Nous réalisons aujourd'hui 20 % de notre audience à l'international, principalement au Royaume-Uni où nous proposons 3 000 références sur les 4 000 disponibles en France. Et nous avons beaucoup d'attentes vis-à-vis du marché américain", affirme Cédric Morelle.

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