2019 ou l’avènement du MaaS ? La possession est morte, vive la mobilité servicielle !

Cela n’aura échappé à personne, depuis quelques années le véhicule se détache de ce qui faisait, avant les années 2000, sa définition même à savoir le hardware. La possession est morte, vive la mobilité servicielle !

Hardware, motorisation, équipements… ces caractéristiques des voitures, jusque-là majeures, disparaissent en effet progressivement, le véhicule tendant à se distinguer davantage par l’expérience qu’il est en mesure de procurer via notamment le digital qu’il embarque. Écrans digitaux de plus en plus grands et nombreux, et OS mis à jour en continu "over-the-air" (comme le fait Tesla) pour des fonctionnalités sans cesse renouvelées, la voiture intègre de plus en plus d’intelligence accélérant sur la voie d’une autonomisation chaque jour plus fiable.

Et pour cause, un mauvais amorçage du virage du software représente un risque colossal pour les acteurs industriels, dans un monde où le produit séduit davantage par son expérience d’usage que ses qualités matérielles propres. Souvenons-nous de la situation délicate des constructeurs mobiles comme Nokia qui, restant concentrés sur les capacités techniques de leurs produits, ont perdu progressivement du terrain face aux nouvelles approches initiées par Apple ou Google qui misaient tout sur l’expérience utilisateur offerte par leurs logiciels... La mobilité entend donc bientôt enterrer sa possession de l’objet qui nous déplace, au bénéfice de son expérience, et 2019 semble véritablement sonner l’avènement du MaaS ("Mobiliy as a Service") tant attendu. C’est du moins ce que la dernière édition du CES nous a donné à voir. L’occasion de faire le point sur les innovations en marche et les conditions de la réussite du transport de demain.

L’expérience au cœur des enjeux marketing

Ayant relégué les performances mécaniques au second rang, les constructeurs placent désormais l’expérience au premier rang des arguments marketing. Une expérience qui commence d’abord dans la voiture. Loin donc de soulever le capot avec fierté, ce sont les outils digitaux et toutes les fonctionnalités qu’ils embarquent, en mesure d’assurer confort et expérience de transport sans cesse améliorée, qui prédominent.

Byton, constructeur chinois le prouve particulièrement bien, ayant présenté un SUV doté d’un tableau de bord sous forme d’écran de pas moins de 1,22m de long, de 3 antennes 4/5G, et capable de conduite en autonomie jusqu’au niveau 3. Car l’un des principaux enjeux est bien là : la fin d’une conduite maitrisée par les conducteurs telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais bel et bien une autonomisation de plus en plus grande des véhicules au bénéfice d’une expérience passager, d’un temps de transport libéré et donc autrement exploitable (lieux de vie, de travail, de consommation...). Les constructeurs ont d’ailleurs pleinement conscience du changement de paradigme qui s’opère, se préparant à ne plus vendre de véhicule, mais bel et bien de la mobilité. De fait, loin de toute notion de possession individuelle, les véhicules seront la propriété d’un industriel ou d’un service de transport, auquel chacun achètera désormais un trajet, et cela marquera l’avènement du MaaS.

Et l’intermodalité est au cœur même de son modèle. Certaines des innovations observées au CES le confirment encore une fois. Au-delà de l'autopartage que nous connaissons bien avec des services comme Drivy notamment, c’est au tour des vélos individuels de se partager avec les antivols connectés de Bisecu, contrôlables à distance pour permettre son partage ; sans oublier ce qui va bientôt se jouer dans les airs, où le taxi volant, électrique et autonome de Bell rivalise avec la voiture volante récemment présentée par Boeing.

V2X et 5G, clés de voûte

Tous les éléments indispensables à l’essor du MaaS semblent donc réunis, de l’intermodalité à l’intelligence embarquée, sans oublier l’autonomie. Une autonomie toutefois fortement conditionnée à deux développements essentiels : d’abord celui de la 5G, ensuite celui du V2X, c’est-à-dire la capacité des véhicules à communiquer entre eux, mais également avec les infrastructures et les piétons. Alors en mesure de comprendre son environnement de manière intelligente et sans intervention humaine, le V2X est donc aujourd’hui également un élément clé du déploiement de l’autonomie et donc du MaaS. "There will be no autonomous world without having a working V2X solution" affirmait le vice-président de Bosch sur le CES 2019. La messe est dite.

Plus rien ne justifiera, une fois ces étapes pleinement amorcées, l’achat de véhicule synonyme d’une mobilité limitée à un seul et unique mode de transport, à l’heure où la Terre, l’air et demain peut-être même l’espace font l’objet de toutes les innovations pour réinventer les déplacements humains.   

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