Algorithmes et big data au service des candidatures spontanées

Algorithmes et big data au service des candidatures spontanées Comment identifier les entreprises qui embauchent afin de postuler ? Pour aider les candidats dans cette tâche, différents outils existent.

Nombreux sont ceux qui utilisent les candidatures spontanées pour trouver un emploi ou en changer. Ils contactent pour cela directement les entreprises de leur choix sans attendre la parution d'une annonce. Selon l'Insee, en 2016, 62,5% des personnes cherchant un emploi (chômeurs ou salariés cherchant un nouveau poste) ont eu recours à cette méthode. Mais la candidature spontanée est-elle efficace ? Oui, répond la Dares. 21% des personnes recrutées entre septembre et novembre 2015 l'ont été après une candidature spontanée, c'est le deuxième canal de recrutement le plus courant après le réseau professionnel ou personnel, ce dernier ayant permis 27% des recrutements durant cette période. Reste malgré tout à savoir à qui envoyer son CV.

Identifier les entreprises pouvant prochainement recruter, c'est justement le but de certains services numériques, comme La Bonne Boîte lancé en décembre 2015 par Pôle Emploi. Un site web créé par Eric Barthélémy, auparavant conseiller en agence à Hayange (Moselle), qui a remporté un challenge interne à Pôle Emploi. Le portail se présente sous la forme d'un moteur de recherche comme de nombreux jobboards et "facilite les démarches de candidatures spontanées", selon son créateur. Il suffit de taper la profession recherchée, sa localisation et le site donne une liste d'entreprises pouvant recruter sur ce métier à proximité du lieu désiré. Le demandeur d'emploi n'a alors plus qu'à contacter les entreprises de son choix.

Pôle emploi identifie les bonnes boîtes

Le service se base sur le big data et plus exactement sur les déclarations préalables à l'embauche (ou DPAE) remplies par les entreprises à chaque recrutement. L'Urssaf collecte ces DPAE et les transmet chaque mois à Pôle Emploi. Grâce à ces données, l'algorithme de La Bonne Boîte bénéficie de "l'exhaustivité du marché du travail" et peut identifier les entreprises en phase d'embauche. Eric Barthélémy détaille la méthode : "On regarde département par département, secteur par secteur et nous constatons, par exemple, que l'entreprise A est susceptible d'embaucher un boucher dans les prochains mois", explique Eric Barthélémy. "Il y a environ 11 millions d'entreprises en France, nous faisons un focus sur les 600 ou 700 000 DPAE qui sont effectuées tous les mois pour évaluer le potentiel d'embauche des entreprises", ajoute-t-il.

"Tous les demandeurs d'emploi, tous les métiers" sont concernés par cette plateforme, note Eric Barthélémy. En termes d'impact, "depuis décembre 2015, ce sont 5 500 000 visiteurs uniques sur la Bonne Boîte", note Eric Barthélémy. Les emplois concernées peuvent être des CDI, CDD ou de l'intérim. Une déclinaison appelée La Bonne Alternance existe depuis avril dernier et est destinée, comme son nom l'indique, aux personnes cherchant un contrat en alternance. Le service est gratuit et ouvert à tous même non inscrit à Pôle emploi.

L'application My Rocket © My Rocket

Mais La Bonne Boîte n'est pas le seul service de ce type. Il existe aussi l'application mobile (iOS et Android) My Rocket créée en mars dernier par la startup amiénoise Yes We Code. My Rocket se base sur le modèle des applis de rencontre et se propose de faire "matcher" entreprises et candidats. "My Rocket est une appli permettant de déceler les entreprises à fort potentiel de recrutement selon son profil", détaille Gauthier Bailleul, CEO de Yes We Code. L'appli permet de trouver tout type de contrat (CDI, CDD, intérim, alternance) et des stages.

My Rocket fait "matcher" entreprises et candidats

Le fonctionnement est simple. Le candidat qui s'inscrit sur My Rocket remplit son profil avec le type d'emploi désiré et sa localisation. L'appli lui propose alors différentes entreprises qui pourraient recruter son profil. Le candidat peut alors "swiper" sur son écran pour sélectionner les entreprises qui lui conviennent un peu comme sur l'appli de rencontres Tinder. S'il "swipe" à droite, son CV est automatiquement envoyé à l'entreprise, s'il "swipe" à gauche, il rejette l'offre. My Rocket propose 8 entreprises par jour aux utilisateurs. Une option payante permet d'envoyer son CV en format papier à l'entreprise.

Pour sélectionner les entreprises à fort potentiel de recrutement, My Rocket se base aussi sur un algorithme et le big data. Tandis que Pôle Emploi se base sur les embauches effectives via les DPAE, My Rocket se base sur les offres d'emploi publiées sur plus de 20 000 sites d'offres d'emplois en France et à l'étranger ainsi que sur les données en open data concernant les effectifs et les chiffres d'affaires des entreprises. Ces données concernant les entreprises proviennent de l'INPI qui met à disposition les données issues du registre national du commerce et des sociétés. "Nous nous sommes dit que c'était dommage d'avoir toutes ces données et de ne rien n'en faire", relève Gauthier Bailleul. Actuellement, My Rocket revendique 35 000 utilisateurs inscrits. Depuis sa création, 300 000 "matches" entre candidats et entreprises ont eu lieu.

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