Power Platform : l'un des plus gros paris de Microsoft pour 2019

Power Platform :  l'un des plus gros paris de Microsoft pour 2019 L'offre regroupe trois briques préexistantes : Power BI, PowerApps et Flow. L'enjeu ? Proposer une plateforme intégrée pour créer des applications d'entreprise sans recourir à l'IT.

Power Platform : Le terme a été lâché pour la première fois lors d'une conférence organisée par Microsoft mi-janvier sur son campus de Redmond. Et pas par n'importe qui. Il a été directement prononcé par son PDG Satya Nadella. "Microsoft 365, Dynamics 365 et Power Platform représentent, avec leur socle Azure, le cœur de ce que nous réalisons […] pour tous nos clients commerciaux quelle que soit leur taille, des petites organisations aux plus grandes" a-t-il indiqué. Dans la foulée, notre consœur de Zdnet.com Mary Jo Foley, experte de Microsoft, évoquait l'initiative comme "l'un des plus gros paris de Microsoft pour 2019 et au-delà". Le ton était donné.

L'ambition de Power Platform ? Proposer une suite intégrée d'outils permettant aux entreprises de développer des applications de A à Z sans avoir à passer par l'informatique. L'approche est comparable à celle de Salesforce qui avec son interface Lightning vise à donner aux profils non-IT l'opportunité de créer leur propre expérience numérique de travail. "Il s'agit d'une plateforme de transformation business et digitale", résume James Phillips, corporate vice president de Microsoft, en charge de la R&D des applications métiers.

Et Alysa Taylor, corporate vice president de Microsoft en charge des applications métiers par secteur d'activité, de préciser : "A la différence de Lightning, Power Platform peut tirer profit des services cloud d'Azure sur lequel elle s'adosse, ce qui pourra permettre d'enrichir les applications via un environnement de développement professionnel."

Permettre aux employés de se digitaliser tout seul

A travers Power Platform, Microsoft fédère trois offres préexistantes : Power BI, PowerApps et Flow. Comptant des millions d'utilisateurs actifs à travers des dizaines de milliers d'organisations dans le monde, la première est classée par le Magic Quadrant de Gartner en pole position des leaders de la business intelligence et de l'analytics. Elle peut puiser des données dans Azure Data Lake Storage (lire le post de Microsoft), mais également dans Office 365 ou des systèmes tiers tels que la base Oracle, le CRM de Salesforce ou le progiciel SAP.

Quant à PowerApps, elle s'apparente à un environnement de développement dit sans code (ou low code en anglais). Dessiné pour concevoir des applications Web ou mobile sans connaissances en programmation, "PowerApps permet de créer visuellement une application complète via une interface 100% graphique tout en l'intégrant à des logiciels et sources de données tierces", détaille James Phillips. Enfin, Microsoft Flow s'apparente à un outil de robotic process automation taillé pour dessiner, déployer et orchestrer des processus métier.

"Nous continuons d'investir sur l'intelligence artificielle"

"PowerApps, comme Microsoft Flow, peuvent tirer profit de l'analyse et du suivi d'activité réalisés dans Power BI : le premier pour orienter des actions dans ses applications, le second pour automatiser les processus métier. Sachant qu'ensuite, les tâches effectués par l'un ou l'autre pourront venir enrichir en retour les connaissances recueillies dans Power BI", explique James Phillips. Il en va de même avec d'autres applications via un bouquet de quelque 250 connecteurs couvrant aussi bien des logiciels Microsoft (Office 365, Dynamics 365) que non-Microsoft (Adobe, GitHub, Salesforce, ServiceNow, Slack, Zendesk...).

Mais Power Platform ne se résume pas à une simple juxtaposition de produits. Certes, Power BI, PowerApps et Flow resteront commercialisés indépendamment et Power Platform ne donnera pas lieu à un bundle commercial unique. Mais la suite est dotée d'une première couche d'intégration qui prend corps au travers d'une base de données transverse, appelée Common Data Service, dotée d'un data model pivot. A l'instar de Power BI, PowerApps et Flow, elle bénéficie d'ailleurs également à Dynamics 365 et Office 365 sur lesquels elle permettra de bâtir des extensions en se connectant à leurs données et API.

Un centre d'excellence déployé par la SNCF

Quelle feuille de route pour les mois à venir ? Microsoft planche sur une mise à jour de la solution prévue pour avril prochain. Elle devrait accorder une large place à l'intelligence artificielle. Dans ce domaine, Power BI rime déjà avec AI. "C'est un sujet sur lequel nous continuons d'investir", confirme Alysa Taylor. "Power BI intègre déjà toute une série de fonctions d'IA basées sur les Cognitive Services d'Azure pour améliorer l'analyse de data sets : de la reconnaissance de texte manuscrit à la reconnaissance vocale en passant par l'analyse de sentiments. Là-encore, l'objectif est de démocratiser l'IA auprès de profils non-techniques, jusqu'aux salariés sur le terrain." Avec pour vocation de cibler tous les secteurs d'activité sans exception, Power Platform se positionne d'abord comme un produit à usage interne visant à adresser des problématiques métier spécifiques auxquelles les logiciels du marché, par définition standard, ne peuvent répondre.

"En France, le projet mené au sein de la SNCF illustre cette vision", pointe-t-on chez Microsoft. La compagnie ferroviaire a ainsi développé une application PowerApps pour gérer le matching des châssis de ses trains avec les rames. Une opération de précision réglée au millimètre. "Dans 80% des cas, l'opération ne marchait pas du premier coup. Grâce à PowerApps, le taux d'erreur est désormais proche de zéro", se félicite James Phillips. Convaincu par le produit, la SNCF s'est doté d'un centre d'excellence dédié à Power Platform, combinant formation, support et partage de bonnes pratiques. 

Le positionnement de Power Platform pourrait toutefois être amené à évoluer. "La fonctionnalité la plus demandée par la communauté Power Platform est de pouvoir mettre les applications PowerApps à disposition des clients finaux", confie James Phillips.

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