L'externalisation informatique mise à mal par la crise Des contrats d'externalisation avec des ROI en moins d'une année

Un marché qui ne s'est pas effondré

Mais plus globalement, la crise a-t-elle des conséquences sur les politiques d'externalisation informatique ? Les entreprises seraient-elles tentées de réduire le nombre de leurs prestataires, ou de faire appel à eux pour de nouveaux besoins ?  "Il est encore trop tôt pour se prononcer sur une modification des besoins, du moins au niveau des grands groupes", estime Jean-Benoît Chauveau, associé-gérant de la société Tiefree Partner.

jean-benoît chauveau est associé-gérant de la société tiefree partner.
Jean-Benoît Chauveau est associé-gérant de la société Tiefree Partner. © Tiefree Partner

Certes, quelques gros contrats (de l'ordre de 25 millions de d'euros) sont en phase de renouvellement entre des SSII et de grands groupes français, et certains prestataires internationaux affirment en coulisse bénéficier actuellement d'opportunités commerciales sur des périmètres équivalents. "Le marché reste actif, mais sans enregistrer une explosion des demandes", confirme Jean-Benoît Chauveau.

Le consultant constate en outre un développement des projets d'infogérance au sein des entreprises de taille moyenne. Un profil de sociétés qui jusque-là avait assez peu recours à ce type de prestation. "Il s'agit en général d'acteurs réalisant entre 300 millions et 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, tout secteur confondu", note Jean-Benoît Chauveau. "Là encore, les demandes ne sont pas nombreuses, mais ce mouvement est tout de même révélateur."

Des contrats d'externalisation verticaux plus exigeants

Sur le terrain des contrats de maintenance, la tendance globale du marché tendrait toujours vers des contrats d'externalisation sélective dans une logique verticale. La crise n'aurait pour l'instant pas freiné le mouvement. 

"Avec la crise, nos clients nous demandent désormais un ROI de moins de 12 mois", (Benoît Leboucher - Logica)

"Auparavant, les entreprises étaient plutôt dans une logique d'externalisation horizontale, et confiaient chaque étape du cycle de vie du système d'information à un acteur différent : conception, développement, maintenance...", rappelle Benoît Leboucher, directeur chez Logica Management Consulting. "Aujourd'hui, elles préfèrent décliner les contrats d'externalisation par système métier :  CRM, gestion de la chaine logistique..."

Un changement de logique qui implique une modification du pilotage des contrats, ainsi qu'un management nouveau pour les prestataires, avec à la clé une nouvelle grille d'indicateurs. "Mais avec la crise, la pression sur le retour d'investissement est plus forte", note Benoît Leboucher. "Alors que les objectifs en termes de ROI étaient de 3 ans jusqu'à maintenant, nos clients nous demandent désormais un retour sur moins de 12 mois", souligne-t-il. C'est la logique du Quick win, démarche visant à mettre en oeuvre une solution avec un résultat rapide.

Retour sur investissement