L'externalisation informatique mise à mal par la crise Une tendance à la réinternalisation dans certains secteurs

Dans les secteurs les plus touchés par la crise, comme c'est le cas dans l'automobile ou l'immobilier, les réductions de coûts sont de mise à tous les étages. Et les directions des systèmes d'information n'échappent pas à cet impératif. Pour ces DSI, il a fallu réagir souvent très rapidement. Les dépenses liées à l'externalisation figuraient naturellement parmi la cible des économies à réaliser.  

pierre verger, dsi de pichet
Pierre Verger, DSI de Pichet © Pichet

"Nous avons dû mettre un terme à plusieurs contrats d'externalisation d'abord pour préserver les emplois internes", nous confiait en novembre 2008 un DSI d'un des principaux équipementiers automobiles français.

La réinternalisation, pour rendre la DSI plus réactive

Même démarche chez le français Pichet : une société couvrant l'ensemble du cycle de vie d'un bien immobilier, de la conception à la commercialisation en passant par la gestion de parc immobilier. Le groupe avait confié en TMA à des prestataires certaines de ses applications métiers, notamment pour en gérer la maintenance et les principales évolutions.

"Au vu des perspectives de réduction du budget SI pour l'année 2009, j'ai pris la décision de mettre un terme à ces contrats de maintenance", confie Pierre Verger, directeur des systèmes d'information de Pichet. Pour le DSI, cette stratégie représente également le moyen d'améliorer la réactivité de l'équipe informatique.

"L'externalisation constitue une bonne solution lorsque la société est en régime de croisière", (Pierre Verger - Groupe Pichet)

"L'externalisation constitue une bonne solution lorsque la société est en régime de croisière. C'est-à-dire dans un contexte propice aux projets de plus longue haleine, à travers lesquels les métiers peuvent s'impliquer dans une réflexion, et qui donnent à la DSI le temps pour planifier et piloter les prestataires", explique Pierre Verger. "Dans l'environnement qui est le notre aujourd'hui dans l'immobilier, les stratégies commerciales et réglementaires évoluent beaucoup trop rapidement, parfois d'une semaine sur l'autre."

D'où la nécessité pour le DSI d'être capable de répondre en une semaine, voire en quelques jours, aux demandes d'évolutions ou de déploiements - tel le lancement de mini sites Web par exemple. Un nouveau rythme de travail qui a également amené la DSI de Groupe Pichet à revoir sa démarche de gouvernance. Des réunions sont ainsi organisées toutes les semaines avec les directeurs métiers pour faire le point sur les projets en cours.

 La réinternalisation n'est pas considérée comme axe principal d'économie

"Je souhaite néanmoins garder contact avec les prestataires. J'attends d'eux qu'ils m'alimentent en références et en idées, en vue pourquoi pas de faire de nouveau appel à eux dans le futur en fonction de l'évolution des besoins", ajoute Pierre Verger.

Pour autant la réinternalisation informatique ne serait pas une tendance généralisée. Les entreprises positionnées sur des secteurs moins directement touchés par la crise y échapperaient pour l'heure pour la plupart. Comme le montrent d'ailleurs les premiers résultats d'un sondage JDN Solutions, l'optimisation de l'organisation des DSI constitue pour l'heure l'axe privilégié pour réduire les coûts IT, devant la réduction du nombre de prestataires (lire les premiers résultats).

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