Mashboards, pertinence contextuelle et amélioration de la prise de décision

Outils de prise de décision, les mashboards sont amenés à devenir un composant majeur de la Business Intelligence. Ils occupent une position centrale sur l'éventail d'analyse des données.

Il est important, pour prendre les meilleures décisions commerciales possibles, de comprendre ce qu'il se passe aujourd'hui et d'appliquer comme il se doit cette connaissance pour améliorer ce qu'il en sera très probablement demain. Dans la mesure où les chefs d'entreprise souhaitent améliorer leur prise de décision, nous avons récemment constaté un regain d'intérêt pour les analyses prévisionnelles. Cet intérêt est en partie motivé par l'acquisition par IBM de SPSS, mais également par la croissance du langage R, outil d'analyse statistique Open Source très populaire (commercialisé avec succès par Revolution Computing). Les utilisations potentielles de modèle statistique à des fins prévisionnelles sont probablement en pleine croissance, et cela correspond à la croissance des données de manière générale. Par ailleurs, la croissance enregistrée au niveau de la communauté R et l'augmentation de son utilité est considérable. Mais si l'objectif principal reste de prendre les meilleures décisions possibles, la plupart des entreprises (petites et grandes) pourraient bénéficier d'un outil de business intelligence moderne, plus simple et plus courant : le tableau de bord ou "mashboard".
 
Le terme  "mashboard" correspond à la combinaison du mot "Dashboard" ("tableau de bord" en français) et "mashup" ("composite" en français). Intuitivement cela fait sens. Trompeusement, le "mashboard" peut s'avérer être l'intersection la plus importante entre technologies Web et BI, fournissant au client final ce qu'il a toujours voulu : la bonne information dans le bon format et au bon moment pour une meilleure prise de décision.

Pour définir ce qu'était un "mashboard", j'ai recherché certains des meilleurs sites de Business Intelligence. J'ai trouvé une note de Wayne Eckerson (TDWI) et une discussion sur ce sujet : http://bit.ly/cbU8Gh (en anglais). W. Eckerson propose une définition du terme "mashboard » que je trouve remarquable:
 
"Les mashboards permettent aux utilisateurs de sélectionner des 'sections' prédéfinies de leur rapport (par exemple, des graphiques, tableaux, compteurss) et de les glisser-déposer dans un canevas WYSIWYG ('what you see is what you get'). Pour que vous puissiez créer un mashboard, les développeurs IT doivent avoir préalablement créé des rapports via l'environnement de création de rapport standard du fournisseur. Les 'sections d'un rapport' sont souvent des parties indépendantes de codes XML -ou gadgets- qui sont reliées pour afficher des groupes de données prédéfinies ou qui peuvent être facilement associées avec des données d'une couche sémantique. Les utilisateurs peuvent appliquer des filtres aux gadgets sans le moindre code".
 
Toutefois, je pense que cette définition peut encore être complétée en ce qui concerne l'utilisation de données externes au sein d'un mashboard. D'après Wikipedia, les "tableaux de bord numériques" peuvent être disposés pour suivre les flux inhérents au processus qu'ils contrôlent. Graphiquement parlant, les utilisateurs peuvent visualiser les processus de haut niveau puis explorer les données de bas niveau. Wikipedia définit les mashboards comme étant des "contenus média numériques intégrant une partie ou l'ensemble des textes, graphiques, sons, vidéos et animations provenant de sources préexistantes, utilisés pour créer des projets dérivés."


La définition est peu à peu complétée. Mais pour qu'elle soit la plus précise possible et la rendre pertinente pour  l'ensemble des processus, il convient d'y inclure certains des concepts spécifiques importants pour la business intelligence et le web 2.0. Je propose donc ici une description plus complète.

Un mashboard :
  1. présente les informations pertinentes pour un processus métiers ou un ensemble de processus métiers gérés et mesurés de manière quantitative, généralement sous la forme de mesures ou d'indicateurs de performance ;
  2. permet d'explorer plus en profondeur les informations axées sur le processus afin de révéler des détails plus analytiques selon les instructions, communément sous la forme d'hyperliens ou de pivotement des données (appelé "cascade") ;
  3. comprend une variété de techniques de visualisation de l'information, parmi lesquelles des graphiques, tableaux, cartes, widgets, tableaux à double entrée, qui deviennent chacune le point de départ de l'exploration nécessaire ;
  4. combine des informations venant du Web, pertinentes d'un point de vue contextuel à partir de sources préexistantes pour permettre une meilleure visibilité générale et un meilleur aperçu des processus ;
  5. associe de manière logique les informations quantitatives axées sur les processus aux informations pertinentes d'un point de vue contextuel et basées sur le Net (au niveau de la couche de présentation, pas de connaissances autres que celles d'un super utilisateur ) afin de garantir leur alignement et leur qualité pour un décisionnaire -en écourtant le chemin des données > tableau de bord > décision.

La combinaison de ces cinq éléments fait du mashboard un composant majeur de la BI, conçu et déployé pour permettre une prise de décision plus rapide et adaptée.  Ceci est dû au fait que sur l'éventail d'utilisation des données, de "réceptives" à "préventives", les mashboards occupent la position centrale. Autrement dit, ces derniers sont plus efficaces et opportuns que de simples  tableaux de bord et rapports (lesquels affichent des informations historiques et permettent de prendre des décisions "réceptives") mais incapables de projeter les données d'un point de vue qualitatif (via un modèle statistique pour aider à la prédiction et à la décision). En ce sens, un mashboard est un outil permettant de tirer profit de l'environnement immédiat, via un ensemble complet d'informations pertinentes d'un point de vue contextuel. Pour cette raison, le mashboard peut contribuer à l'amélioration des décisions au travers d'un ensemble de processus plus importants que tout autre outil de BI.


Le mashboard ci-dessous, combine les données relationnelles affichées dans un diagramme à barre en 3D (affichant les résultats de ventes par trimestre), un compteur (affichant le résultat des  ventes), un tableau à double entrée (pour comparer et pivoter différentes régions avec le mois et le trimestre). Ce mashboard inclut également des données gérées de manière externe depuis une multitude de sources : l'histogramme a été importé, avec des données et des tableaux fournis par un outil d'analyse statistique et la carte, les newsfeeds et les flux de médias sociaux ont été intégré via des adresses URL  (qui peut être insérée ici, au niveau présentation). Chacun de ces éléments de données conserve le lien vers sa source de données originale, de sorte que les rafraichissements ont lieu à des intervalles définis.
 
Au total, la combinaison de données quantitatives, interactives (exploitables) gérées associées à des informations externes crée une pertinence contextuelle qui n'aurait pas lieu autrement. Le fait de rassembler les données pertinentes au sein d'un mashboard axé sur les meilleures pratiques des entreprises permet de fournir des informations plus complètes et un aperçu de ce qu'il se passe dans l'immédiat de sorte à prendre de meilleures décisions. En ce qui me concerne, je suis impatient de pouvoir visualiser le mashboard sur mon écran d'ordinateur.

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