Info JDN : Carrefour lance sa riposte à Amazon Prime Now (et nous l'avons testée)

Le groupe français ouvre son service de livraison de courses alimentaires en ship-from-store. Il s'appelle Livraison Express et couvre au moins dix arrondissements de Paris.

Carrefour Now est live… et il s'appelle Livraison Express. Le nom de domaine Livraisonexpress.fr, que Carrefour a acheté en 2009 et dont nous avons repéré la mise à jour en août dernier, est actif depuis ce mercredi 19 octobre et pointe vers le sous-domaine du portail de l'enseigne livraisonexpress.carrefour.fr. Le nouveau service n'est pas encore mis en avant sur Carrefour.fr aux côtés d'Ooshop et de Carrefour Drive, sans doute parce qu'il est encore en beta. Mais il fonctionne. Et le JDN vient de passer commande.

La page d'accueil indique que le service est disponible de 9 heures à 22 heures, couvre les 1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 10e, 18e et 20e arrondissements de Paris et desservira bientôt toute la capitale. Carrefour précise se laisser 30 minutes pour préparer la commande, après quoi la livraison est garantie sous 30 minutes (ou sur rendez-vous) : exactement les créneaux de livraison habituels de la start-up de coursiers Stuart, spécialisée dans le ship-from-store. L'acheteur indique son adresse de livraison puis accède à l'offre du magasin dont il dépend. Le JDN, installé dans le 9e arrondissement, est quand même couvert et se voit proposer 1 670 références.

Page d'accueil de Livraisonexpress.fr. © Carrefour

Après avoir effectué notre sélection, nous affichons le panier et choisissons de refuser les produits de substitution en cas de rupture de stock.

Sur Livraisonexpress.fr, les catégories de produits et le panier. © Carrefour

Vient ensuite le choix du créneau de livraison. A 14h36, le premier créneau proposé est celui allant de 15h30 à 16 heures. Tous les créneaux d'une demie heure jusqu'à 22 heures sont libres mais ils ne le sont vraisemblablement plus lorsque Carrefour anticipe une arrivée à saturation. Reste à remplir les informations de livraison et de paiement, puis à valider. A noter que pour notre commande, les frais de port étaient de 4,90 euros HT.

Choix du créneau de livraison © Carrefour

Le code 3DSecure est accepté à 14h41 et un mail de confirmation de commande arrive à la même heure. A 15h15, un second mail récapitule la commande et indique qu'elle est en route. Un lien permet de suivre l'avancée du coursier en direct sur une carte "powered by Stuart".

Le coursier Stuart passe prendre la commande dans le C Market du boulevard Rochechouart, puis redescend vers le JDN. © JDN

Alexandre F., coursier chez Stuart, arrive du Faubourg St Denis, passe par le C Market du 63 boulevard Rochechouart (18ème) et arrive au JDN à 15h38. Dans le sac en papier craft estampillé de la hallebarde maison, la mangue est prometteuse et les yaourts sont parfaitement frais.

Le coursier arrive à l'accueil du JDN et dépose le sac Carrefour contenant la commande. © JDN

Parmi les autres magasins participants, le JDN a repéré ceux du 79 rue de Seine (6ème) et du 274 rue des Pyrénées (20ème). Ce sont donc des C Market, le format de supermarché de l'enseigne, qui ont été mis à contribution pour ce pilote. En revanche Carrefour, joint par téléphone, n'a pas souhaité indiquer le nombre de magasins concernés par cette première phase.

Course à la montre des retailers français

Avec son service de ship-from-store, Carrefour rejoint la course à la montre des retailers français qui essaient de se positionner sur la livraison à domicile super-express de courses alimentaires avant qu'Amazon ne s'adjuge une trop grosse part de marché.

Franprix et Cdiscount avaient d'ailleurs coupé l'herbe sous le pied de l'Américain en étant les premiers, en décembre 2015, à proposer un tel service. Après quelques mois de rodage, il est désormais possible de se faire livrer 4 500 références en 1h30 à Paris et dans dix villes de la petite couronne, à partir d'une quinzaine de magasins Franprix.

Amazon Prime Now s'est pour sa part lancé le 16 juin 2016 à Paris. Son offre alimentaire, comprenant très peu de frais, est encore loin de couvrir tous les besoins, mais l'Américain ne cesse de se renforcer. Et surtout, son service est très compétitif puisqu'il est aligné sur les prix des hypermarchés. A l'inverse, le ship-from-store des retailers français est bâti sur les prix, plus élevés, de leurs supermarchés.

Quant à Auchan, il réfléchit également à un tel dispositif de ship-from-store pour 2017, sans exclure de recourir plutôt à des plateformes d'éclatement en centre-ville pour proposer une offre plus étendue, expliquait cette semaine au JDN Alexandre Mulliez, directeur marketing d'AuchanDirect. En attendant, le cybermarché vient de mettre en service un nouvel entrepôt au sud de Paris qui lui permet de livrer la capitale en 6 heures seulement sur 7 000 références actuellement et 18 000 d'ici juin 2017.

La meilleure façon de se réapproprier la livraison alimentaire à domicile face à un Amazon sur-motivé n'est pas encore arrêtée. Mais les distributeurs français sont désormais dans la course.

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Amazon / CDISCOUNT