Dossier "Chez Uber, vous pouvez perdre votre job d'une minute à l'autre"

Travailler pour Uber n'est pas une sinécure. Pour et non pas chez Uber, puisque les chauffeurs ne sont pas salariés mais freelance et peuvent donc voir leur contrat révoqué à tout moment. Ici, pas de tarif de nuit, du dimanche ou de jour férié... Il est remplacé par la loi de l'offre et de la demande : les courses sont surtaxées par zones lorsqu'il n'y a pas assez de chauffeurs. Dans un cas comme dans l'autre, Uber prend une commission de 20% sur les courses avant d'en verser le solde aux chauffeurs, une fois par semaine.

"Ce n'est pas de l'emploi, confirme Thibaud Simphal, DG Paris d'Uber. Nous voulons être une plateforme où les passagers peuvent trouver une voiture à toute heure en moins de 5 minutes et où les chauffeurs peuvent trouver suffisamment de clients pour pouvoir en vivre. Nous avons avec eux un contrat de partenariat, pas un contrat de travail. Ils ont donc une totale autonomie vis-à-vis de leur emploi du temps et contrairement à beaucoup de plateformes concurrentes, il n'y a pas de frais fixes qui nécessitent de travailler beaucoup pour les rembourser. Notre préoccupation permanente est que les chauffeurs soient contents."

Cette souplesse peut bien sûr être un atout. "On fait les horaires qu'on veut, se réjouit Aline (un pseudo), chauffeur Uber depuis le printemps. En ce moment, une occasion de travailler plus pour gagner plus, ce n'est pas déplaisant." Ce qu'Aline applique au pied de la lettre : comptable pendant la journée, elle roule pour Uber le soir et le weekend pour se constituer un complément d'activité. Entre revenu complémentaire pour certains et travail précaire à temps plein pour d'autres, la flotte de chauffeurs d'Uber ne cesse en tous cas de progresser.

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