Les attentes de la loi de transition énergétique

Alors que le ministère de l'écologie et de l'énergie s'active pour peaufiner son texte de loi sur la transition énergétique, certaines associations de consommateurs et représentants de la profession dressent un premier bilan sur les premières mesures en faveur de l'amélioration énergétique de l'habitat.

Alors que le ministère de l'écologie et de l'énergie s'active pour peaufiner son texte de loi sur la transition énergétique, certaines associations de consommateurs et représentants de la profession dressent un premier bilan sur les premières mesures en faveur de l'amélioration énergétique de l'habitat, l'un des piliers de la politique sur la transition énergétique du gouvernement. Le bilan semble loin du compte, très loin même, les spécialistes mettant en exergue des problèmes organisationnels des premières mesures gouvernementales prises après le Grenelle de l'environnement. Mais l'ensemble de la profession attend avec beaucoup d'espoirs, la promulgation de la nouvelle loi sur la transition énergétique qui devrait passer avant la fin de l'année civile.

Premier bilan sur la politique rénovation énergétique en demi-teinte

A l'issue des rencontres de Grenelle de 2007, l'Etat et l'ADEME ont créé le label qualité RGE «Reconnu Garant de l'Environnement» permettant à un particulier de choisir parmi les entreprises certifiées, un maître d'œuvre de ses travaux intérieurs de rénovation énergétique, sûr, fiable, compétent et de qualité. La mise en place de ce label a été basée exclusivement sur la certification de l'entreprise par une organisation habilitée comme garant de ses aptitudes et de ses compétences en matière de travaux touchant à l'amélioration énergétique de l'habitat dont le remplacement des énergies fossiles traditionnelles par les énergies renouvelables ou l'optimisation du rendement énergétique dans une habitation.
Dans les faits, les résultats semblent très loin des objectifs escomptés à en croire l'association de consommateurs «Que choisir». Le premier couac porte sur l'obligation par une entreprise estampillée RGE de conduire un audit complet de l'habitation à rénover. Si l'ensemble des entreprises se déplace bien, très peu conduisent un audit énergétique en bonne et due forme. Mais ce n'est pas tout, seules les entreprises sous l'égide d'EDF-GDF, qui font d'ailleurs payer leurs audits, fournissent généralement un rapport détaillé dont le contenu et les solutions techniques préconisées sont très souvent contestables.
Les petits artisans qui obtiennent leur label RGE en un temps record de 2 jours de formation semblent trop justes techniquement et n'envoient la plupart du temps aucun rapport écrit à leurs clients. Au final, le nombre de 500 000 rénovations par an projetées par le gouvernement est très loin d'être atteint puisque seulement 134 000 rénovations ont été reconnues performantes par l'ADEME en 2011 pour des aides de l'État sous forme de crédits d'impôt 10 fois supérieures à celles pratiquées en Allemagne où le nombre de rénovations énergétiques est pourtant plus de 2,5 fois supérieur à celui de la France.

La nouvelle loi sur la transition énergétique

La nouvelle loi sur la transition énergétique est porteuse d'énormément d'espoirs chez les professionnels de la rénovation énergétique, les défenseurs de l'environnement, les chômeurs et les consommateurs. En effet, si la politique de rénovation énergétique des logements connait encore quelques couacs, les objectifs ambitieux fixés par les gouvernements successifs depuis 2007 laissent augurer d'un développement d'activités conséquent dans le domaine; aussi les mesures annoncées par le nouveau texte de loi seront-elles scrutées de très près par les professionnels du secteur.
Côté opposants à l'énergie nucléaire, là aussi de nombreuses interrogations subsistent. A en croire les spécialistes d'EDF, la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité en France devrait se faire «naturellement» par une augmentation probable de la consommation d'électricité qui sera prise en charge par le développement des énergies renouvelables.
Mais, le ministère de l'écologie n'est pas du tout d'accord et table plutôt sur une stagnation de la consommation d'électricité et donc sur la fermeture consécutive d'une vingtaine de réacteurs nucléaires en activité compte tenu de l'objectif de réduction de la part de l'électricité due au nucléaire fixé à 50 % à l'horizon 2025 annoncé par le Président Hollande lors de son investiture en 2012.
Côté emplois, Ségolène Royal a annoncé la création probable de 100 000 emplois en 3 ans du fait du développement des énergies renouvelables et de la croissance verte. Enfin, les consommateurs auraient beaucoup à gagner au niveau de leur pouvoir d'achat par une réduction de la consommation d'énergie domestique. Une loi de fait très attendue par tout le monde.

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