Keolis Lille digitalise ses transports à toute vapeur

Keolis Lille digitalise ses transports à toute vapeur Rechargement du pass via smartphone, bracelet connecté, NFC, navettes autonomes… La filiale lilloise du transporteur français innove à tout va pour moderniser son réseau.

Les heures des bons vieux distributeurs automatiques de billets sont comptées. En tout cas à Lille, où le transporteur de la métropole, Transpole, sous l'égide de sa maison-mère Keolis, vient de dévoiler une technologie dont Gilles Fargier, directeur général de Keolis Lille, se félicite : "C'est une première en France et sûrement en Europe." Sa fierté ? L'appli Pass Pass Easy Card, qui permet depuis mi-janvier dernier de recharger son titre de transport directement depuis son smartphone en présentant simplement la carte au dos de l'appareil.

"C'est une première en France et sûrement en Europe"

Lancé le 17 janvier dernier, ce service développé avec le spécialiste français du sans-contact Spirtech et le développeur lillois de solutions e-commerce Insitaction compte déjà 4 000 achats pour une valeur moyenne d'un peu plus de 9 euros chacun. Et ce alors qu'il n'est disponible que sur Google Play. "Cela améliore considérablement le confort des voyageurs qui n'ont plus à subir les files d'attente aux bornes d'achat, notamment les familles qui peuvent ainsi recharger le pass de leurs enfants depuis chez elles ou les touristes qui arrivent à Lille en train", s'enthousiasme-t-il. Autre avantage soulevé par le patron de Keolis Lille : moins sollicités, les distributeurs sont moins sujets aux pannes.

Après avoir intégré en 2016 la possibilité de lire les informations de son pass via son smartphone avec un système d'alerte à l'approche de la fin de son abonnement ainsi que le paiement via PayPal, cette innovation n'est qu'une étape selon Gilles Fargier : "Nous travaillons sur la dématérialisation totale du titre de transport dans le mobile et sa lecture en NFC. Cela pourrait se faire d'ici 12 à 18 mois."

"Nous travaillons sur la dématérialisation totale du titre de transport dans le mobile et sa lecture en NFC d'ici 12 à 18 mois"

Transpole voit dans la généralisation du smartphone une alternative à la multiplication des distributeurs automatiques de tickets dans toutes les stations du réseau. "Nous voulons séduire une nouvelle clientèle qui n'utilisait pas les transports en commun car elle ne pouvait ou ne souhaitait pas acheter des titres de transport via les méthodes traditionnelles", explique le directeur général de Keolis Lille.

C'est aussi pour lui une nouvelle arme dans la lutte contre la fraude : "Nous avons préféré cette solution à d'autres comme le paiement par SMS, par exemple, car nous voulons qu'il y ait un geste de validation obligatoire et systématique, même en correspondance. Nous installerons d'ailleurs bientôt des portiques de contrôle d'accès dans nos stations de métro, comme à Paris." Pour l'instant, la validation est obligatoire mais aucune barrière ne bloque l'accès aux fraudeurs.

Côté investissement, il affirme, sans entrer dans le détail, qu'il sera rapidement amorti : "Le coût du projet est financièrement peu significatif par rapport au nombre de clients que cela va satisfaire."

"Nous relancerons un nouvel appel à projets de start-up en 2018 avec un focus sur la sécurité"

Keolis Lille ne compte pas s'arrêter là et mise aussi sur l'IoT pour améliorer l'expérience utilisateur sur son réseau. Après le succès des bracelets NFC aux couleurs de l'Euro 2016 en juin dernier, avec 5 000 unités vendues au prix de 12,90 euros, Gilles Fargier entend transformer l'essai : "Le support privilégié pour le titre de transport dématérialisé restera le smartphone mais ce test nous a donné l'envie d'aller plus loin. Cela pourrait être un gobelet connecté, par exemple. On ne s'interdit rien pourvu que cela soit le plus simple d'utilisation possible."

Pour booster l'attractivité du réseau Transpole, l'entreprise se lance également dans un vaste chantier de digitalisation de l'information voyageurs. Pour cela, elle compte sur les jeunes pousses du secteur. Keolis Lille a notamment lancé fin 2016 l'appel à projets Mobilidées. Les trois start-up lauréates pourront proposer leurs services respectifs dès cette année aux voyageurs du réseau Transpole. L'app Moodi, qui permet notamment aux usagers d'exprimer leur ressenti dans les transports ou de signaler une agression, le calculateur d'itinéraires adaptés au vélo Pédalille et le moteur de recherche des lieux et moyens de transport accessibles aux personnes à mobilité réduite Picto Travel seront testés cet été.

"Nous allons très certainement mener des expérimentations avec des navettes autonomes Navya dans un futur proche"

"Nous relancerons un nouvel appel de ce type en 2018 avec un focus sur la sécurité. D'ici-là, la 3G ou la 4G seront disponibles dans tout le métro pour assurer une continuité de service pour les applications mobile grâce à un partenariat entre la Métropole européenne de Lille et Orange", avance le directeur général de Keolis Lille.

Gilles Fargier veut disrupter jusqu'au mode de transport en lui-même. Il compte sur la prise de participation de sa maison-mère dans la start-up française Navya pour proposer rapidement une nouvelle manière de se déplacer : "Nous allons très certainement mener des expérimentations avec ses navettes autonomes dans un futur proche."

 

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