Entretien de départ : six raisons de ne pas être (parfaitement) honnête

Ne pas être honnête lors de l'entretien de départ Vous êtes sur le départ et vous pensez que c'est le bon moment pour évacuer votre rancœur ? Réfléchissez bien car cela peut avoir des conséquences sur votre future carrière.

A moment donné, entre le début de votre préavis de départ et votre dernier jour de travail, il est possible que votre employeur vous demande d'aller voir le service de ressources humaines pour un entretien de départ.

Le but de cet entretien consiste, pour l'entreprise, à recueillir des informations sur les raisons de votre départ. Une quantité énorme de temps, d'efforts et d'argent sont dépensés dans l'embauche et la formation des employés. Il est donc important pour les entreprises de déterminer la cause du turnover, affirme Teri Hockett, directrice générale de What's For Work?, un site de carrières pour femmes.

Toutefois, Dale Kurow, une coach basée à New York, assure que souvent les services de ressources humaines ne font pas grand-chose des retours d'informations qu'ils reçoivent. Ils ne les transmettent pas et ils ne sont suivis d'aucun changement organisationnel.

C'est pourquoi, des experts estiment qu'il est inutile d'être tout à fait sincère lors de votre entretien de départ. Selon Stever Robbins, coach, "vous n'avez rien à y gagner et, potentiellement, beaucoup à perdre selon ce que vous allez dire."

Voici 6 raisons pour lesquelles vous ne devriez pas être totalement honnête lors de votre entretien de départ.

De toute façon, ça n'aura pas d'importance. Si les problèmes ou les difficultés que vous souhaitez soulever lors d'un entretien de départ sont déjà connus de l'entreprise, qu'ils semblent systémiques ou anciens et que vous pensez qu'aucun changement positif ne ressortira de votre attitude honnête, tout cela représente de bonnes raisons de ne pas être complètement sincère, indique Sarah Sutton Fell, PDG et cofondatrice de FlexJobs. "Tenez-vous en seulement à ce qui vous semble utile pour l'entreprise et ce que vous pensez qui pourrait être changé."

Vous pourriez franchir un point de non retour. Le but n'est pas de passer un savon parce que vous vous êtes emporté lors de votre entretien de départ, note Sarah Sutton Fell. "Restez positif et abordez les problèmes de manière à aider l'entreprise à s'améliorer dans l'avenir".

Ayez particulièrement conscience que ce que vous dites sur votre responsable et vos collègues peut parvenir à leurs oreilles. Si vous espérez une recommandation, pensez-y à deux fois avant de les dénigrer lors de votre entretien de départ.

"Vous devez également réaliser que si vous avez eu un sérieux problème avec quelqu'un lorsque vous étiez dans l'entreprise et que vous ne l'aviez pas fait remonter à votre responsable ou au service des ressources humaines, cela peut également donner une mauvaise impression de vous et pas uniquement de la personne que vous désignez. A la place, restez professionnel et productif", avance-t-elle.

Cela pourrait compromettre des problèmes juridiques en attente. S'il existe des poursuites judiciaires en attente, moins on en dit, mieux c'est, argue Teri Hockett. "Si les réponses aux questions posées pourraient, de quelque manière que ce soit, compromettre la procédure, soit vous pouvez totalement refuser de participer à l'entretien de départ, soit vous pouvez dire "sans commentaire" lorsque vous vous trouvez sur la sellette."

De plus, si vous avez l'intention d'enclencher une action contre l'entreprise, Stever Robbins suggère que vous vérifiez avec votre avocat afin de voir ce que vous pouvez dire et ce que vous ne pouvez pas dire. "Il est possible que ce que vous dites lors d'un entretien de départ puisse influencer les poursuites que vous envisagez contre l'entreprise."

Vous pourriez ruiner votre réputation. C'est très bien de parler des aspects plus que négatifs de l'entreprise, mais un entretien de départ n'est pas une invitation à faire une liste de chaque réclamation que vous avez, constate Sarah Sutton Fell. "Devenir un pleurnichard ne vous fera pas aller de l'avant, ni vous, ni votre réputation". Même si vous n'allez plus travailler dans cette entreprise, votre réputation vous poursuivra sournoisement, surtout si vous voulez rester dans le même secteur.

Stever Robbins propose cette hypothèse : "Imaginons que vous révéliez un dysfonctionnement interne de votre équipe qui était auparavant inconnu. Le résultat, c'est qu'il y a un réaménagement de votre équipe. Si l'on découvre que cela est dû à votre entretien de départ (ou même si simplement ils en font la déduction), votre réputation vis-à-vis de ces personnes pourrait être démolie. Dans votre future carrière, cela pourrait se retourner contre vous", proclame-t-il.

Vous pouvez passer pour un menteur. "Si votre réponse à la question "Pourquoi partez-vous" est différente de ce que vous avez toujours affirmé, on pourra vous taxer de menteur", explique Dale Kurow. L'entreprise va commencer par se demander s'il y a d'autres choses que vous ne leur avez pas dites. Il s'agit d'une pente savonneuse sur laquelle il ne vaut mieux pas s'aventurer.

Vous passez pour quelqu'un d'amer. Si vous partez à cause d'un chef toxique, tout ce que vous pourrez dire de négatif ressemblera à de la rancœur", remarque Dale Kurow. "Ne laissez pas l'amertume que vous pouvez avoir à l'encontre d'un chef au mode de fonctionnement négatif vous donner le droit de vous venger pendant l'entretien de départ. A moins qu'il y ait des anciens employés qui ont affirmé en chœur la même chose lors de leur départ, il est plus que probable que rien ne changera. Et il se peut que de toute manière, si votre chef a du pouvoir dans l'entreprise, on ne vous croit pas", conclut-elle.


Article de Jacquelyn Smith. Traduction par Sylvie Ségui, JDN

Voir l'article original : 6 Reasons You Shouldn't Be Honest In Your Exit Interview

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