L'envers du décor : mon secret pour écrire autant

Les gens me demandent souvent comment je fais pour écrire tellement. En quittant l'univers de la justice, j'ai rédigé sept ouvrages (plus un roman conservé précieusement dans un tiroir de mon bureau) en l'espace de 15 ans et j'ai démarré un blog il y a huit ans, sur lequel j'écris six jours par semaine. J'écris donc énormément.

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Mais écrire n'est pas une contrainte pour moi. J'ai déterminé quelles étaient les habitudes qui me permettaient d'écrire facilement et régulièrement, tout en étant, je l'espère, créative.
Par exemple : 
J'écris tous les jours y compris pendant les vacances et les jours fériés. De cette façon, je reste impliquée dans mon sujet. J'ai plus d'idées, je travaille davantage et mon ordinateur portable n'est jamais loin. Étrangement, en ce qui me concerne, accomplir une tâche tous les jours la rend moins pénible que si je l'effectuais certains jours uniquement.
Je pioche la plupart de mes idées au fil de mes lectures, et en ce moment je lis tout ce qui attire mon attention. Par le passé, j'ai tenté de ne pas "perdre mon temps", mais aujourd'hui je me rends compte que je devrais suivre mes inclinations littéraires, parce que je ne peux jamais savoir où elles vont me mener. Mes idées proviennent fréquemment de sources improbables. Une remarque de Samuel Johnson m'a fait comprendre quelle différence il y avait entre les gens qui se privent et ceux qui se modèrent.
Je ne me force pas à lire ce qui m'ennuie. Pendant longtemps, je me suis astreinte à terminer les livres que j'ouvrais, mais plus maintenant. J'ai donc davantage de temps pour lire ce qui me plaît.
Je dors suffisamment. Lire et écrire nécessitent beaucoup d'énergie, et en tant qu'écrivain, mon cerveau représente mon unique atout (j'avale également une quantité impressionnante de caféine).
Pendant mes lectures, je souligne ce qui me paraît le plus pertinent et lorsque j'ai terminé, je passe ces éléments en revue et recopie dans mes notes tout ce qui me semble important. Ainsi, j'entre en contact avec les propos à mesure que je les lis ; je révise ceux qui sont primordiaux lorsque je les inscris dans mes notes et je les ajoute à ma précieuse documentation. Tous mes livres se développent à partir des montagnes de notes rassemblées avant que j'en commence la rédaction.
Ce point-ci constitue une manie étrange. Pendant que j'écris, je mâchonne une touillette en plastique. Cette action m'aide à me concentrer.
J'écris à propos de thèmes qui m'intéressent. Je ne devrais sans doute pas le reconnaître, mais si certains aspects de mes sujets m'ennuient, je les laisse de côté. Si je suis lassée de lire un passage que j'ai écrit, je le supprime. Ennui de l'auteur, ennui du lecteur. Je m'efforce de rendre chaque page intéressante ou divertissante. J'espère que cette démarche est plus amusante pour le lecteur, parce qu'elle l'est définitivement pour ma part. Cela facilite le fait d'écrire tous les jours. 
Un point fondamental : je m'assure d'avoir quelque chose à dire. Ceci a l'air évident, bien sûr.
Mais chaque fois que je me suis retrouvée en difficulté, c'était parce que je ne savais pas réellement de quoi je parlais. Lorsque je sais ce que je veux exprimer, la rédaction coule de source.
Ces pratiques fonctionnent pour moi, mais si j'ai appris une chose en écrivant Better than Before, mon livre qui traite des habitudes, c'est que nous devons tous déterminer celles qui fonctionnent le mieux pour nous. Je me lève tôt pour travailler et j'en suis ravie, mais cela ne conviendrait pas à une personne qui apprécie de dormir. En tant que marathonienne, j'aime travailler avant le délai qui m'est imposé, mais j'ai une amie sprinteuse qui a préféré rédiger son mémoire au cours des quatre mois dont elle disposait pour le faire.
C'est ce qui constitue tout le secret de l'habitude : il faut trouver celle qui nous convient le mieux. Lorsque vous tentez d'établir une routine telle que celle d'écrire régulièrement, demandez-vous quand vous avez été le plus productif par le passé et ce que vous faites avec le plus de facilité. Est-ce que j'invoque mes lacunes pour justifier de briser mes habitudes d'écriture alors que je souhaite vraiment m'y conformer ? 
Si vous rencontrez des difficultés à établir quelles habitudes fonctionnent pour vous, faites ce quiz pour découvrir si vous êtes un Défenseur, un Interrogateur, Un Obligé ou un Rebelle. Je suis un Défenseur, je prends facilement des habitudes. Si vous êtes un Questionneur, concentrez-vous sur la raison pour laquelle vous souhaitez acquérir ces habitudes – faites-les graviter autour de votre personne. Si vous êtes un Obligé, il faut développer certaines formes de responsabilité extérieure. Rejoignez un groupe, prenez un coach personnel, inscrivez-vous à un cours, occupez-vous d'une tâche avec un délai strict et trouver un partenaire responsable. Si vous êtes un Rebelle et que les habitudes ne sont pas faites pour vous, demandez-vous pourquoi vous désirez écrire, pourquoi cela vous amuse-t-il, pourquoi vous voulez écrire aujourd'hui et pourquoi cela fait partie de votre personnalité. 
Mes habitudes de travail fonctionnent pour ma part, c'est pourquoi je suis capable d'écrire autant et sans effort. Les habitudes des gens dans les Quatre Tendances semblent parfois très similaires, mais ils les établissent après un processus de réflexion très différent.
Quelles sont les habitudes qui marchent pour vous ? 

Traduction par Floriane Wittner, JDN.
Cette chronique traduite par le JDN a été publiée via le programme Influencers de LinkedIn, où s'expriment près de 500 leaders d'opinion. Retrouvez la version originale en anglais ici.

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