Dans les coulisses du lancement du cloud d'OVH

Le Français a amorcé le lancement de son offre de cloud en version finale. Le chef de projet de cette offre, Maxime Hurtrel, nous a accordé un entretien exclusif.

OVH a amorcé le lancement de son cloud d'infrastructure (IaaS) en version finale. Comme nous l'avons récemment révélé (lire l’article : OVH lance son cloud en version finale), le IaaS de l'hébergeur roubaisien a commencé à basculer du site RunAbove, conçu pour porter les services du groupe en bêta, vers OVH.com. Depuis mai 2015, les instances RAM et CPU de cette offre sont disponibles en version définitive (voir le tableau ci-dessous). Concernant la deuxième phase de déploiement, annoncée pour cet été, "nous prévoyons des améliorations et la sortie de nouvelles fonctionnalités toutes les semaines", nous confie Maxime Hurtrel, chef de projet cloud chez OVH. "Notre cloud d’infrastructure est notre première offre à s’inscrire dans un mode de développement 100% agile orienté déploiement continu."
Des instances Linux, Windows... et bientôt une console de gestion graphique

Maxime Hurtel est chef de projet sur l'Offre Cloud chez OVH. © OVH

Parmi les premières évolutions livrées au fil de l’eau, le cloud d’OVH propose depuis une dizaine de jours la possibilité de créer des instances Windows Server (version 2012 R2), en plus d'instances Linux. De nouvelles VM un peu plus chères dans l’optique d’intégrer la licence Microsoft. Le IaaS est aussi commercialisé dans un premier pays étranger depuis quelques jours, l'Italie, avec à la clé une offre de support dédiée. A terme, l'acteur compte bien déployer son cloud dans les 17 pays où il est présent.

La prochaine étape ? OVH devrait dévoiler dans les toutes prochaines semaines une console de gestion (Manager Cloud) nettement améliorée. Déjà pleinement intégrée à la console Manager (V6) d'OVH.com, l'interface de gestion actuellement proposée va être dotée pour l'occasion d'une couche graphique pour créer les IP, les machines virtuelles, et paramétrer leur association... Le stockage en bloc sera implémenté dans la foulée. 


La valeur ajoutée mise en avant : des ressources garanties et des prix bas

Quels sont les facteurs différenciants d’OVH avec cette nouvelle offre cloud ? "Nous offrons un SLA de 100%, mais surtout les ressources de nos instances sont 100% garanties. Ce qui n'est pas forcément le cas de certains de nos concurrents", pointe Maxime Hurtrel. En clair, si un client loue une VM à 8 cœurs de CPU, cette capacité machine lui sera dédiée. Il pourra ainsi la consommer en permanence. A cela s’ajoute une politique de prix qualifiée de "très concurrentielle", avec des tarifs qui se veulent inférieurs à ceux de DigitalOcean et d’Amazon Web Services (AWS)... sans compter un trafic sortant sans surcoût.
 

Un positionnement qui se veut être entre DigitalOcean et AWS

La R&D, désormais à 100% dirigée par le fondateur du groupe Octave Klaba, s'est comme à son habitude attelée à optimiser les coûts du matériel et des logiciels sur lesquels s'adosse le cloud d'OVH. Sans grande surprise, l'environnement est motorisé par l'infrastructure open source OpenStack. "Nous nous positionnons pour le moment entre DigitalOcean et AWS, avec une offre plus riche que celle du premier et pas encore au même niveau que le second. Mais nous comptons bien proposer rapidement un environnement plus proche d'AWS", confie Maxime Hurtrel.

Pour l’heure, le cloud d’OVH n’est proposé que sur une zone de disponibilité unique, depuis le data center du groupe situé à Strasbourg. D’ici la fin de l’année, les équipes de Maxime Hurtrel prévoient néanmoins son extension à une deuxième zone de disponibilité en France, mais aussi au centre de données canadien d’OVH - qui est situé à Beauharnois, à proximité de Montréal.

Les containers Docker en vue

Reste à savoir comment OVH compte intégrer la technologie Docker. Le groupe propose depuis l'année dernière un service d'hébergement de containers Docker. Baptisé SailAbove, il permet de générer des containers, de les associer... Le tout depuis un logiciel client Docker installé chez soi. La perspective d'intégrer ce service à OVH.com est évoquée par Maxime Hurtrel. Le chef de projet qualifie également d'envisageable la signature d'un partenariat officiel avec Docker. "Cette technologie génère beaucoup d'engouement parmi nos clients. Lors de nos événements OVH World Tour qui ont lieu tout au long de l'année, nous sommes systématiquement interpelés sur le sujet", constate Maxime Hurtrel. "Sur ce point, nous sommes d'ailleurs pleinement en phase avec le projet OpenStack qui considère le IaaS comme un orchestrateur de ressources informatiques, qu'elles prennent la forme de VM ou de containers."

Feuille de route du passage du cloud d'OVH en version finale
Feuille de route Déploiement sur OVH.com
Mai 2015 Instances RAM, Instances CPU, Snapshots, Distributions (Debian, Ubuntu, Fedora, CentOS), API OVH / API OpenStack, Manager /Cloud OVH intégré au manager V6 d’OVH (version 1), Hardware haut de gamme,  SLA 100%, Haute disponibilité disque (sauf Sandbox), Ressources garanties, Anti DDoS généralisé, Hébergement des données en France, Support en France
Eté 2015 Object Storage, Block Storage (Removable Disk), Réseau privé, IP flottante, IP Load Balancing, Firewall as a Service, Regroupement des ressources par projets (multi-projets), 1 Click Private Cloud, Délégation de droits, Création d’images, Manager Cloud optimisé (toujours intégré dans le V6 OVH), Disponibilité en Datacentre au Canada

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